Federer l’emporte Ă Cincinnati (2009)
23 août 2009 par Erwan Delcourt
Classé dans 2009, Cincinnati
Roger Federer a remporté pour la troisième fois le tournoi de Cincinnati. Pour ce faire il a battu en 1h30 et sur le score de 6-1 7-5 le serbe Novak Djokovic. Roger Federer c’est le SSCD : service, slice, contre et défense.
Et hier ce fut une démonstration de SSCD. Point culminant la première manche. En début de second set il s’est un peu enflammé, puis est vite revenu à la raison pour revenir d’un break de retard et passer devant en fin de set non sans avoir au préalable sauvé une balle de 1 set partout à 5-4. Djokovic a bien tenté mais sa balle n’avait pas le contenu à même de gêner le suisse : pire il sembla se jouer de cette balle sur laquelle il pouvait s’appuyer sans les risques que cela comporte quand c’est de lift qu’il s’agit.
C’est pourquoi si on se projette vers l’us Open où il tentera la passe de 6 on ne voit qu’un seul type de joueur capable de lui poser problème sur la durée des 5 sets.
Mais revenons à cette finale et passons au développement des sets :
Set 1 : On a évoqué le SSCD, il est temps de le développer :
D’abord le service : Federer n’y perdit que 3 points dans ce premier set : si sa première ou seconde lui offrit des points directement gratuits (2 dans le jeu 1, 3 et 5) il le mit aussi sur orbite pour des coups faciles pour un joueur professionnel : par coup facile en entend des coups non slicés volontairement par le relançeur et qui rebondissent dans la zone du carré de service :
Ainsi, à 0-15 dans le jeu 1, le premier et deuxième point du jeu 3.
Notons pour conclure cette partie sur le service que s’il fut percutant il ne se comporta jamais en attaquant derrière celui-ci, ne le suivant jamais à la volée : en effet il n’y eut aucun service suivi d’une intention de volée pour le suisse en 19 engagements.
Ensuite le slice : il consiste Ă laisser l initiative Ă l adversaire en le faisant entrer dans le court pour le contrer ensuite si son adversaire n a pas avant commis une faute directe en relevant ce slice.
Il faut noter d’ailleurs que cette arme de défense et/ou de contre, Djokovic sembla la craindre car sur 36 services dans ce set 1 il n’opta pour le coté revers du suisse qu’à 16 reprises. Sur ces 16 services, Federer sliça à 13 reprises. Dont 9 dans le seul jeu 2, qui fut le moment du premier break du suisse. Dans un jeu qui compta 22 points, il conclut d’ailleurs dans cette « filière » :
Djokovic fit une faute en revers sur un slice puis sortit un coup droit alors que Federer avait enchaîné un slice avec un coup lifté. 2-0 Federer.
Quand il servait, comme à 4-0 en sa faveur, il lui arriva aussi d’utiliser le slice et Djokovic fit la faute pour être mené 15-0 avant de se faire contré suite à 2 slices et être mené 30-0.
À 5-1 (1er point) il n’arriva pas à faire la différence avec des coups droits pris tôt alors il slica puis contra long de ligne sur une attaque croisé de Djokovic. Cela nous amène logiquement au
au Contre : il y a plusieurs types de contreur : celui qui attend que la balle perde de la vitesse derrière sa ligne et renvoie des balles sans consistances. Celui qui prend la balle très tôt pour en avoir le moins possible à remettre dans la balle. Ce faisant il faut de la qualité et une préparation qui ne nécessite pas trop de temps pour pouvoir prendre tôt. C’est le coté négatif mais d’un autre coté il faudrait être stupide pour faire un choix de jeu qui ne correspond pas à ses qualités techniques et physiques. Qui pense que Karlovic aurait un intérêt avec ses armes à vouloir faire durer les échanges par exemple ? Le positif c’est que le fait qu’on n’ait pas trop à en remettre compense le risque du à la prise précoce de la balle et d’autre part cela prive de temps l’adversaire. Cet arme du contre sert Federer, après le slice par exemple, à l’échange (avec des coups jouer quasiment en demi volée du fond, comme à 30-15 dans le jeu 7) pour les raisons évoqués plus haut (slice puis contre long de ligne au premier point du jeu 7) mais aussi au retour : on pense ici au retour bloqué :
ainsi il suivit un retour de revers au filet pour conclure d’une volée gagnante et mener 15-30 dans le jeu 2.
Ainsi à 30-40 pour le second break où Federer retourna bloqué en coup droit, Djokovic voulut en mettre plus pour éliminer définitivement Federer et fit la faute. 4-0.
Enfin il y a la Défense qui se caractérise par cet enchaînement de balles différentes (slices plus coup relevé par exemple) proposée à l’adversaire qui le fait rater à l’usure, la faute à la répétition nécessaires des attaques à faire pour finir un point (comme pour se procurer la 6ème balle de break du jeu 2 où il démarra par un retour en slice avant de voir sur ce qui était devenu un rally Djokovic faire la faute en coup droit), ou les qualités de passing. Le défenseur n’hésite pas à passer en 2 temps (cf à 0-15 dans le jeu 4), le premier coup servant à faire jouer et le second à passer plus en sécurité parce qu’on a fait jouer l’attaquant.
Sachant que les points évoqués plus haut (slice contre défense) peuvent être cumulés : par exemple du slice au retour suivi d’un coup relevé qui donne une balle courte, car l’adversaire a manqué sa frappe ou ne l’a pas fait aussi longue qu’il l’aurait souhaité, prise tôt dans le terrain, et suivi au filet sous peine d’être à son tour contré.
Finalement ce set fut remporté 6-1 par Federer.
Set 2Â :
Djokovic s’arracha en début de second set : il remporta d’abord son service blanc, puis bénéficia de quelques fautes de Federer (4 dans le jeu 2) et sut aller au delà du premier contre de Federer : ainsi à 30-30, Federer slica à l’échange puis contra mais Djokovic fit face pour plus tard à l’échange frappait un coup droit gagnant. D’un coup droit joué en demi volée du fond de court Federer écartait cette balle de break. Il s’enflammait quelque peu dans la foulée avec 2 coup droit dans le filet : mais un enchaînement slice coup relevé long pris en ½ volée du fond mettait à mal Djokovic. Ce dernier s’illustrait alors en défense pour breaker le suisse à sa deuxième occasion :
Le service de Federer revenait dans le carré de service, Federer délivrait un coup droit puis un smash mais ne collait pas le filet et il était passé croisé. Sur le point suivant, Djokovic défendit son terrain et ce fut à son tour de prendre tôt et d’inverser le cours de l’échange à la première balle courte : il suivit son coup droit au filet et effectua une volée en extension : Federer y était mais son passing de revers était trop long : 2-0.
Ce break, Djokovic qui n’avait aucune marge le confirma une fois pour mener 3-0. Mais à 3-1 Djokovic manqua de première, fut finalement contrait de servir le revers en seconde et le slice de Federer l’y attendait : Sur le premier point Federer sliça court, Djokovic avança via une approche en slice longue : Federer tira un premier passing en ½ volée de revers puis un second en coup droit cette fois long de ligne : 0-15.
À 0-15 il servait extérieur puis tournait son revers sur un retour slicé. Il était contré coté opposé en coup droit : 0-30 Idem à 15-30 mais le contre ne finit pas le point, Federer prit alors tôt vers le long de ligne avec son revers sur la remise courte de Djokovic : 15-40.
Federer revenait Ă 3-2 avec un retour en slice sur lequel Djokovic fit une faute directe. 3-2.
On entend souvent que Federer ne craque pas dans les moments importants, isolant comme moments importants la fin des jeux. Mais il y a une avant fin de jeu et si cette période est galvaudée le « rattrapage » qui survint alors perd de son caractère remarquable. Et que dire de ce qui passa à 5-4 : Aucune première jusque 30-40 (balle de set Djokovic) et 3 fautes directes dont 2 en coup droit pour en arriver à ce stade.
Alors oui la « première » revint à partir de 30-40 et il écarta d’un service extérieur gagnant cette balle de set. Mais sa première pour passer à avantage fut chronométré à 172km/h. Et il conclut ce jeu via une faute directe en revers de son adversaire. Alors de deux choses l’une : ou être un grand joueur c’est mettre la balle dans le court et alors il faut reconsidérer l’expression petit bras, ou être un grand joueur c’est chercher le coup gagnant et alors il faut autant questionner ce service gagnant à 30-40 que ces 3 fautes qui permirent à Djokovic de disposer de cette balle de set mais on ne peut pas dire tout et son contraire.
Nous pensons que bien jouer dans les moments importants, c’est ne pas déroger de ce qui a fait sa force jusque là et Federer n’avait pas construit son match sur ses fautes directes à lui. Dit autrement Federer n’a selon nous fait que compenser en fin de jeu son médiocre début.
Dans le jeu suivant 2 slices à partir du retour et Djokovic faillit en coup droit pour la première balle de 6-5. Elle était sauvée via une montée sur slice. Plus avant Djokovic mettait un amorti sur slice dans le filet et Federer sur une seconde retournait gagnant en coup droit pour mener 6-5.
Il faisait jouer un smash difficile à son adversaire puis le passait dans un second temps : 15-0. Il jouait un second coup dans le terrain en ½ volée de coup droit : 30-0. Deux services gagnants scellaient l’affaire : 7-5.

