Chelsea pour Manchester United
30 avril 2008 par Erwan Delcourt
Classé dans Demi-finale
Chelsea s’est qualifié pour la finale de la ligue des champions en venant à bout de Liverpool après prolongation (3-2). Ils rencontreront Manchester United en finale.
Le club londonien aura mérité sa qualification pour la raison suivante. La stratégie mise en place par Rafa Benitez était à l’opposé de celle de Avram Grant. Elle reposait sur une implication physique très importante. Et pour ne pas avoir marqué plus d’un but pendant cette période, ils ont logiquement payé quand Chelsea, en prolongation a sorti la tête de la fenêtre.
La première période démarra nerveusement pour les deux équipes. Chelsea ne prenait aucun risque dans la construction et le jeu long vers Drobga ou vers des espaces libres ne donna que peu de fruits. Coté Liverpool on peinait beaucoup à dépasser le premier rideau de Chelsea et nous actâmes pour leur compte d’un grand nombre d’imprécisions dans le jeu de passe.
Chelsea se montrait les premier dangereux:
Une balle perdue par Torres échoyait à Ballack qui servait directement Drogba dos au but. L’ivoirien parvenait à se retourner et à ensuite déclencher une frappe de 30 mètres. Reina couvrait bien son premier poteau et repoussait le danger en corner.(5ème)
Liverpool répondait 4 minutes plus tard (9ème):
Une combinaison entre Benayoun, Gerrard et Torres permettait à ce dernier de se retrouver dans une situation favorable dans la surface de réparation. Las, son contrôle trop long ne le mit pas dans la meilleur des positions. Il se retrouva excentré sur la gauche de la surface et son tir fort au premier poteau ne fut pas aussi dangereux qu’il aurait pu l’être. Il forçait néanmoins Cech à repousser ce ballon en corner.
3 minutes plus tard (12ème), Reina se montrait attentif à intervenant sur une balle en profondeur à destination de Drogba.
A la 18ème, Makelele trouvait Lampard qui lançait dans la profondeur et l’axe gauche Drogba. Ce dernier se présentait face à Reina mais croisa trop sa frappe.
Chelsea s’il n’avait ouvert le score avait tout de même l’emprise. D’abord parce que Liverpool perdait rapidement le ballon, ensuite parce qu’il s’était créer le plus d’occasion, enfin car ils furent capable de varier le jeu. Ainsi, deux longs moment de possession se conclurent par une action positive.
A la 21ème minute un centre était renvoyé par la défense de Liverpool sur Essien qui frappa croisée. Reina capta cette tentative.
A la 25ème, c’est Ballack qui était à la fin d’un mouvement collectif. Sa frappe, puissante, était repoussée des poings par le gardien espagnol.
C’est en toute logique au vue de ce début de match que Chelsea ouvrait le score. Torres choisissait l’option individuelle alors qu’il était cerné. Il perdait ainsi la balle à 35 mètres des buts de Chelsea. Carvahlo s’interposait et Terry lançait Lampard. L’anglais alertait immédiatement Kalou. Arbeloa, pris dans son dos par le joueur qu’il avait en charge, se jeta sans succès pour récupérer le ballon, se privant de toute chance de retour possible. Kalou était donc servi. Il effectuait à hauteur de la surface de réparation un dribble intérieur qui lui permit de se mettre sur son pied droit. La frappe enroulée de l’ivoirien était repoussée sur le coté par Reina. Bien joué pour le gardien espagnol. Seulement, les erreurs successives de Torres puis Arbeloa déséquilibrèrent l’équipe de Liverpool. Le premier sur le renvoi fut donc Drogba qui ne laissa aucune chance au portier espagnol avec une frappe très puissante au premier poteau. 1-0.
La dernière occasion dans cette première mi temps allait revenir aux joueurs locaux. Il s’agit d’un coup franc de Lampard qui passa juste à coté des buts de Liverpool.
La mi-temps était sifflé sur ce score de 1-0 pour Chelsea.
En seconde période, Liverpool, changea d’approche. Chelsea fit de même. Les joueurs de Grant décidèrent en effet de se replier pour jouer des coups en contre. Un timoré pressing était initié par les joueurs de couloirs, Kalou et Cole, le reste des joueurs du club londonien occupant un espace dans leur partie de terrain.
L’avantage d’une telle stratégie est claire, pour qui n’est pas borné. Liverpool en phase d’attaque laissant toujours un minimum de 3 joueurs (4 avec le gardien) en défense quant ils étaient en phase offensive, Chelsea en défendant à 10 dans sa partie de terrain avait un avantage numérique dans cet espace réduit qui était destiné à lui permettre :
D’une part de défendre plus facilement son terrain et d’autre part de profiter de joueur en mouvement sur les contres, ceci s’opposant à des défenseurs de Liverpool plus statiques de par le fait que leur équipe attaque.
L’inconvénient est qu’en jouant dans sa partie de terrain, on s’expose à ce qu’une action passe, qu’il s’agisse d’un coup franc ou autres. Remarquons que une attitude différente(souhaitée par M.Jacquet et ses compères) ne met pas l’abri d’un contre ou autres. Il s’agit juste d’une stratégie avec ses avantages et ses inconvénients. Rappelons que cette stratégie est aussi décidée via les acteurs en place et leur forme du moment. L’intérêt de jouer un football total avec des joueurs qui avaient joué un match important 3 jours plus tôt nous échappant.
Liverpool de son cotĂ©, prit possession du terrain, notamment de la partie de Chelsea, et de l’initiative. Ce travail de possession, plus des joueurs de couloirs Ă©voluant haut requit de leur part beaucoup d’énergie. En effet Ă la perte de balle il fallait se replacer et ces efforts si insuffisamment rĂ©compensĂ©s portent en eux le risque de l’Ă©chec.
Voilà le plan tactique de cette seconde période exposé. On regrette que par ethnocentrisme, Aimé Jacquet et consort ne purent l’apprécier ce qui est d’autant plus surprenant que par exemple ils reconnurent qu’il y avait une question posée sur le plan physique dans ce match.
On est en face ici d’un problème de valeur : avec d’un coté, ceux qui pensent qu’il n’existe qu’une seule façon de jouer, de montrer sa détermination et d’autre qui pensent que plusieurs modèles d’expression existent et sont possibles et que l’intérêt réside pour une bonne partie dans le fait de les voir s’affronter. On regrette que M.Jacquet et ses compères soient du premier cercle :
Ceux qui pensent qu’il n’y a qu’une seule façon de défendre, haut ; qu’il n’y a qu’une chose à faire quand on mène 2-1 à l’addition des deux matchs, c’est à dire mener le jeu ; ceux qui pensent que toutes autres façons de jouer et nulle et non avenue et que le fait précisément que le résultat leur donne raison est la preuve de ce qu’ils avancent.
Le second cercle, celui de ceux qui considèrent que plusieurs façons de jouer et de gérer des situations existent, a un avantage. Il reconnaît l’existence de l’orientation qu’ils( Jacquet et autres) défendent, tout en en promouvant d’autres, c’est que Levi Strauss appelle la tolérance.
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