La douche munichoise
9 avril 2010 par Erwan Delcourt
Classé dans quart de finale
Manchester United est sorti de la ligue des champions par la grande porte, victime du Bayern Munich de Louis Van Gaal.
On peut identifier deux moments clefs du match, le premier but du Bayern juste avant la pause et juste après le 3ème mancunien, et l’expulsion de Rafael dans les 5 minutes de la seconde période.
Mais cela ne serait pas faire justice à ce match et pour tout dire, on craint d’être long tant la pédagogie est plus que jamais impérieuse quand une équipe meilleure en tout (ce qui est autorisée) se fait éliminer.
Manchester United, dans un 433 figurant Gibson, Rafael et Rooney, attaqua ce match avec l’intention d’exploiter les cotés et la lenteur de la défense adverse composé dans l’axe de De Michelis et Van Buyten sur les cotés de Lahm à droite et Badstuber à gauche.
Ainsi on vit du pressing (2 ;9 ;10 ;11 ;13 ;17 ;20 ;23 ;34 ;40), du jeu en appui avec un Rooney décrochant (2 ;3 ;6 ;7 ;10 ;13 ;17 ;33 ;36), et du jeu sur les cotés et particulièrement le droit avec Valencia vs Badstuber. Manchester décida donc de jouer avec deux flèches à son arc et non 3, la troisième flèche aurait pu être un travail en possession de balle. Le Bayern fut complètement dépassé, ne pouvant principalement se relancer à terre, ils optèrent à plusieurs reprises pour du jeu long (2 ;10 ;12 ;14 ;16 ;18 ;24 ;32 ;34), cherchèrent à presser la défense adverse mais la leur était trop loin derrière pour que Manchester ne balaie l’écueil, parfois avec des sorties de ballon de classe (24).
Le Bayern fut ainsi balayé par le début de match des joueurs locaux. En 7 minutes il concédait deux buts.
Gibson pressait, le Bayern jouait long. Vidic s’imposait puis Ferdinand jouait vers Rafael qui laissait passer le ballon et prenait ce faisant le meilleur sur Ribery. Il jouait ensuite pour Rooney suivi mais de trop loin pour avoir une utilité par Van Buyten. Rooney à une touche trouvait Gibson là pour le soutien. L’irlandais contrôlait et frappait puissamment de l’extérieur de la surface : Butt (masqué par De Michelis ?) était battu à son premier poteau : 0-1 (2).
Moins de 5 minutes plus tard, Manchester doublait la marque. Le Bayern cherchait à presser mais la défense était tellement loin derrière que ce pressing ne fut pas aussi efficace qu’il aurait pu l’être. Manchester éliminait donc la première ligne et Gibson pouvait ensuite trouver Rooney qui avait décroché. L’anglais dont on ne sait s’il démarra la rencontre avec tout ses moyens, s’avérait toujours trop fort pour l’opposition qui lui était faite. Ainsi, comme sur l’action précédente, on sortit sur lui mais sans le serrer suffisamment. L’anglais réalisait une transversale pour Valencia coté droit. Lequel n’eut pas à prendre le meilleur dans un duel sur Badstuber pour éliminer ce dernier avec un centre fort en retrait. Nani (venu de la gauche faire un appel au premier poteau) réalisa alors une Majder en demi-volée du gauche coté opposé : 0-2 (6).
Le Bayern était à terre, mais le résultat de l’aller (2-1 en leur faveur) signifiait qu’un but leur suffisait pour remettre l’affrontement à parité sur les 2 rencontres.
Les difficultés se poursuivaient : Carrick pressait De Michelis qui donnait en retrait pour Butt lequel sous la pression de Rooney se montrait imprécis dans sa relance : Carrick récupérait dribblait intérieur et tirait du gauche : à coté (11).
Manchester jouait long vers Valencia, le second ballon était pour Gibson qui s’écartait et centrait vers la surface et Rooney : Van Buyten le devançait mais concédait le corner ce faisant (15). Ferdinand le déviait au premier poteau, Rooney effectuait une tête après le rebond : au dessus (16).
Le Bayern pour reprendre de l’air décida de jouer son va-tout. Il consista en un contrat sur Rooney. Évidemment pas le genre de contrat qu’on voyait encore dans le début des années 90 où par exemple Desailly se chargea par des tacles indignes de la fragile cheville de Van Basten lors de la finale de la coupe d’Europe des clubs champions 93. Non il s’agit là de choses moins flagrantes mais tout autant réelles. Avec un ballon dans les parages, il consista en des coups répétés vers la cheville du mancunien. Schweinsteiger s’y était essayé (7), Van Buyten fit lui le travail en deux temps :20 ;36 (voir ci dessous).

La première des deux exactions du belge ne fut même pas sanctionnée par l’arbitre. Un détail lors d’une partie affligeante de l’arbitre suisse.
Le résultat fut le suivant, Rooney sur une jambe disparut de la circulation comparé à son investissement initial et Manchester « perdit » (dans ce sens) une flèche à son arc. Le Bayern s’il put alors faire quelques sorties n’en fut pas moins indigent offensivement. Ses seuls moments d’expression réels dans cette première période furent sur contres ou quand les mancuniens perdirent le ballon dans la phase de construction.
Ainsi le Bayern conservait le ballon dans le camp mancunien mais Ribery puis Olic se voyait interdire l’accés à la surface. Schweinsteiger tentait alors sa chance de loin : contré par la défense aux 18 mètres (25).
Schweinsteiger récupérait au pressing sur Gibson et donnait à Ribery mais le français (humilié par Rafael1ce qui expliquera peut-être et plus avant son comportement) optait pour l’individualisme (une solution existait sur sa gauche) et les actions combinées de Rafael et Ferdinand mettaient fin à cette initiative (26).
Fletcher d’une passe éliminait le milieu adverse et Valencia était lancé dans l’espace coté droit, l’équatorien était finalement contré dans la surface par De Michelis et l’équipe locale disposait d’un corner (28).
On retrouvait l’ailier mancunien deux minutes plus tard. Au pressing il mettait son défenseur en difficulté et Carrick pouvait récupérer. Il donnait à Gibson qui à une touche donnait pour Valencia dans l’espace. Nouveau corner obtenu, cette fois Vidic reprenait en demi-volé mais longtemps masqué il ne pouvait suffisamment rabattre sa reprise (30).
Fletcher pressait, Gibson héritait du ballon et tirait de 25 mètres environ : au-dessus (32).
Le Bayern bénéficiait d’une période de possession du ballon (un temps, mesure à la 13ème minute : 61-39, en retard à la possession ils finirent la mi-temps à 51-49 dans ce domaine) mais ne parvenait pas à avancer face au repli adverse. Ribery perdait son duel avec Rafael. Rooney était trouvé en appui dans son camp (insuffisamment suivi, il allait payer 3 minutes plus tard, voir plus haut), pendant ce temps Rafael effectuait une course vers l’avant. Gibson à une touche sur une passe de Rooney lançait le brésilien dans l’espace. Van Buyten ratant son interception, le latéral de Manchester hérita du ballon une dizaine de mètres dans le camp adverse. Malgré une conduite de balle loin d’être parfaite il parvint dans la surface. Sans solutions évidentes (malgré la présence de Rooney en retrait et d’un autre mancunien au second poteau), il tirait croisé face à Butt qui était sorti pour réduire les angles : à coté (33).
Le Bayern suite à un coup franc en faveur de Manchester contrait. Robben éliminait Evra qui glissait dans le rond central. Puis Olic était finalement servi dans la surface. Van der Sar sortait à sa rencontre et était le premier sur le ballon qui tacla. Olic concourut cependant pour ce dernier mais battu à l’attaque du ballon, il marchait en voulant mettre le pied sur le portier adverse. L’arbitre, prenant en compte l’intention de jouer le ballon ?, ne bronchait pas.
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- duels perdus: 2;13;13;26;26; faute commise ainsi cette semelle: 15 ↩




