Arsenal vs Barcelone Analyse
31 mars 2010 par Erwan Delcourt
Classé dans quart de finale
Arsenal et Barcelone se sont séparés sur le score de 2 buts partout hier à l’Emirates Stadium à l’occasion des ¼ de finale aller de la ligue des champions 2009-2010.
Les joueurs locaux auront concédé 2 buts sur des phases identiques dans le premier quart d’heure de la seconde période avant de revenir à la fin d’une rencontre que Barcelone termina à 10, Puyol se faisant expulsé pour une faute dans la surface sur Fabregas. Ce dernier tout comme Pique (avertis tous d’eux d’un jaune, voir développent de l’article pour des détails sur ce sujet) manqueront aussi le match retour.
Le Barca se disposa dans un 4411 avec Messi en joueur libre
de faire ce qu’il veut. S’il fut majoritairement dans l’axe il alla aussi tantôt à gauche tantôt à droite. En pointe Ibrahimovic. Sur les cotés du milieux de terrain Keita à gauche et Pedro à droite. Ces derniers s’entendirent comme suit offensivement avec leur latéral respectif : un des deux qui resserrait l’axe pour que l’autre prenne le couloir (exemple sur la seconde période : 47 ;48 ;63 ;88 ;91).
Messi chercha à se placer entre les lignes (1 ;4 ;5 ;32) et fit particulièrement mal en début de match. Quand ils perdaient le ballon haut dans le camp adverse, ils mirent en place un pressing haut (2 ;3 ;3 ;7 ;10 ;13 ;19 ;25 ;42 en première période, 56 ;65 ;73 ;88 en seconde) pour empêcher Arsenal de ressortir.
Cela nous permet d’aborder la tactique de l’équipe locale.
Ils débutèrent le match en donnant l’impression de vouloir répondre à la publicité faite de ce match : ainsi une pression minimale sur l’adversaire, un replacement douteux (surtout des joueurs de couloirs, Nasri et Arshavin, et c’était particulièrement fâcheux eu égard à l’organisation développée sur ce point par les catalans) et quand il récupérait le ballon en phase défensive, il semblait vouloir mettre un point d’honneur à relancer sans recourir au jeu long. Problème, le pressing adverse et sur qui cette responsabilité (de relancer à terre et court) tomba : les défenseurs qui ne sont pas des joueurs d’Arsenal les plus à même de remplir cette difficile tâche.
Quand Arsenal se décida à mettre un peu plus d’intention dans le harcèlement (même si cela se caractérisa d’abord par une intervention irrégulière d’Arshavin sur Sergio, il y eut ensuite Nasri : 21 ;30 et Clichy par exemple : 26), défendit en nombre dans ses 40 mètres (défense à 10 : 32) et s’autorisa à jouer long vers Bendtner avec un peu de régularité (7 ;10 ;17 puis 27 ;29 ;34 ;36 ;39 ;42 ;44), ils purent investir d’avantage le camp adverse et s’exprimer via des centres notamment (19 ;21 ;34 ;37 ;43 ;46). Offensivement Barcelone eut alors plus de difficultés à s’exprimer, Ibrahimovic sera par exemple pris à plusieurs reprises au piège du hors jeu (23 ;28 ;39).
Mais entre temps les hommes à Wenger avaient essuyé un grain terrible :
Dés la première minute du match, Diaby perdait le ballon et Messi était trouvé entre la défense et le milieu. Il portait le ballon puis écartait sur le coté, le centre était bien orienté et il fallait une intervention en tacle de glissé de Vermalen pour écarter en corner le danger (1). Le corner était tiré de la droite, l’homme positionné au coin des 6 mètres (Bendtner) n’était pas attentif sur l’exécution de ce dernier et la passe en retrait et à ras de terre parvenait dans la surface pour Sergio qui reprenait du droit, croisé : Almunia détournait pour un autre corner.
Pedro était recentré et jouait à une touche entre les lignes évoquées plus tôt pour Messi. Qui revenait vers son pied gauche et tirait du gauche : insuffisamment croisé cela filait droit sur Almunia qui détournait (5).
Diaby perdait le ballon dans le camp adverse, et dans la foulée Ibrahimovic était alerté dans la profondeur ; il allait au bout de son action et dans un angle fermé visait avec son tir le premier poteau : petit filet extérieur (8).
Alves coté droit centrait : pour Keita aux environs des 18 mètres. L’ancien lensois remisait de la tête pour Xavi lequel donnait tout en se retournant à Messi aux 18 mètres. L’argentin envoyait sa frappe « dans les nuages » (13).
La domination était alors totale avec Almunia ou des défenseurs près de lui repoussant 3 tentatives à eux d’eux. Gallas manqua son intervention dans l’axe, la faute à la protection du ballon de Messi qui finalement laissait passer. Derrière eux, Ibrahimovic héritait du ballon et tirait du gauche : Almunia réagissait promptement pour opposer une main gauche ferme. Peu après Xavi se voyait contré de près par le portier espagnol avant que sur ce renvoi, un défenseur ne supplée son gardien tout près de lui (13-14).
Alves centrait : Pique reprenait de la tĂŞte sur Almunia (17).
La partie s’équilibra après cet orage. Arsenal faisait passer le ballon de droite à gauche. Et Nasri était servi. Le français se remettait sur son pied droit et enroulait coté opposé. Cela retombait bien mais manqua d’angle : à coté (23).
Xavi et Keita procédait par 1-2 puis Messi était trouvé entre des lignes ressérées ; il donnait à Ibrahimovic qui devait se dépêcher (vu l’opposition) pour enchaîner contrôle et frappe du droit ; à coté (32).
Arsenal jouait long, Bendtner déviait pour Eboué avant de nouveau d’être en possession du ballon. Il éliminait coté droit pour centrer ; Diaby parvenait à reprendre de la tête, à la lutte avec Pique, mais c’était trop décroisé (34).
Bendtner ne parvenait pas à ouvrir la marque, même en s’y reprenant en 2 fois mais il était hors jeu sur ce centre venu de la gauche (36).
Arsenal sortait le ballon puis ce dernier allait de droite à gauche et Nasri s’emmenait cette fois le ballon vers son pied gauche pour centrer devant le but : Puyol devait s’employer pour dégager son camp devant Bendtler qui était à l’affût derrière lui pour capitaliser sur une intervention manquée du capitaine de Barcelone (43).
Les défenseurs barcelonais étaient de nouveau sollicité sur l’action suivante. Au départ un 1-2 Nasri-Fabregas pour un centre de Nasri ; Puyol d’un tacle glissé dégageait de nouveau (46).
C’est sur ce score de parité que fut sifflée la mi-temps.
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Bien de ton avis, Barcelone n’a pas cĂ©dĂ© Ă la facilitĂ© ou relâchĂ© son effort; ils Ă©taient Ă plat (ou presque). A ce titre, crois tu que le 4411 soit plus exigeant que le 433?(sauf pour messi!).
Match agréable à suivre.
difficile Ă dire pour l’instant, on est au dĂ©but d’un 4411 particulier en ce qui les concerne. c’est toujours l’observation…
Physiquement la vĂ©ritĂ© est quand mĂŞme (ce qui pose questions sur ce système encore plus avec Messi derrière l’attaquant) que ces systèmes (Ă 4 milieux) sont plus exigeants physiquement et particulièrement quand tu es amenĂ© Ă dĂ©fendre (jouer tout court) contre des 433. L’effort est terrible pour les milieux de couloirs en particulier. Quant aux milieux centraux, ils n’ont pas la sĂ©curitĂ© d’une sentinelle derrière eux, il ne s’agit donc pas de mĂ©goter avec le replis (cf aussi l’importance du rĂ´le d’un ou des attaquants)
On ne peut que penser Ă la finale de la ligue des champions 2008 entre Chelsea 433 et Manchester 442. Dans ces matchs, ces oppositions de style il y a un contre la montre, un peu comme le cas d’une Ă©quipe qui fait un pressing tout terrain. Soit tu fais la diffĂ©rence et tu peux espĂ©rer construire sur celle-ci (en levant le pied, en s’impliquant moins que prĂ©cĂ©demment), soit tu ne la fais pas et tu risques le retour de bâton. Manchester dans cette rencontre avait fini difficilement (disons avant l’expulsion de Drogba) malgrĂ© pourtant un changement de système qu’avait permis la prĂ©sence dans le 11 d’un joueur comme Hargreaves (au dĂ©part Ă droite puis recentrĂ© dans un 433).
Ce qui pose questions pour le Barca c’est que dans un 442 les deux attaquants ont un rĂ´le dĂ©fensif, notamment pour l’un d’eux de gĂŞner la relance du milieu dĂ©fensif (pour permettre le replacement des milieux) du 433 (Rooney vs Makelele par exemple; finalement l’attaquant de plus du 442 par rapport au 433 est chargĂ© de gĂŞner le joueur de plus du 433 par rapport au 442).
Si on admet que le Barca n’est pas en 442 mais en 4411 alors c’est logiquement Ă Messi que revient ce rĂ´le, Ibrahimovic Ă©tant vite Ă©liminĂ© par sa position plus avancĂ©e. Et s’il ne le fait pas alors tu te retrouves Ă dĂ©fendre Ă 9. Avec ce que cela implique pour les autres en terme de replacement et de dĂ©pense physique par exemple.