Milan vs OM analyse
26 novembre 2009 par Erwan Delcourt
Classé dans 5ème journĂ©e
L’OM a du se contenter du nul sur le terrain de l’Ac Milan. Un résultat plus que défavorable (voir fin d’article) pour une équipe olympienne qui fit bonne figure face au Milan mais pécha dans le réalisme défensif et offensif.
Réalisme devant le but, réalisme aussi dans la stratégie, et les erreurs qu’on avait noté au Real par exemple, on les retrouva aussi et ce fut un des axes de jeu des milanais. C’est à dire d’une part une première ligne qui joue haute (ou pas d’ailleurs) mais ne presse pas (constamment) le porteur de balle et d’autre part une défense qui ne joue pas assez bas pour éviter la solution dans la profondeur.
Ainsi Milan chercha à jouer derrière la défense et la plupart du temps vers son joueur le plus rapide, Pato (1 ;4 ;33 par exemple). Il se trouve que ce dernier est ailier droit et se retrouva donc en face de Taiwo. Cela ne saurait suffire à faire du nigérian le coupable des maux olympiens.
Car c’est une chose de regarder les conséquences d’une tactique qui expose, c’est autre chose de plus profond que d’analyser les causes de cette exposition et les causes ici qui exposèrent les marseillais c’est cette liberté laissé aux joueurs milanais dans la relance et cette défense qui ne colle pas au milieu (de par sa lenteur) mais ne joue pas bas non plus ce qui les expose à triple titres :
D’une part la latitude laissée permet la précision adverse dans la relance. On ne peut pas laisser à ce niveau 5 mètres aux joueurs adverses sans le payer.
D’autre part le fait de ne pas, dans ce contexte, fermer la profondeur offre cette solution à l’adversaire.
Enfin cette solution est d’autant plus pertinente que les défenseurs marseillais ne sont pas, on pense particulièrement à Heinze, Bonnart et Diawara, des foudres de guerre quand il s’agit de rivaliser en vitesse en devant en plus se retourner.
Et finalement Taiwo sauva par sa vitesse à plusieurs reprises son équipe par ses duels gagnés (1 ;6 ;11 ;40 ;60) ou ses interceptions (4 ;21 ;60 ;86).
Le Milan exprima comme d’habitude (même si le 433 vient limiter les problèmes) des difficultés dans la gestion des espaces et leur temps fort, on pense au début de seconde période coïncida avec la période où ils jouèrent en équipe et non avec une partie défensive d’un coté et une offensive de l’autre et pas grand chose (si ce n’est personne) entre les deux. Il y eut peut-être de la prudence dans ce choix de la part des défenseurs centraux Nesta et T.Silva.
Il y a surtout un déficit physique (qu’il soit volontaire, = pas de volonté de défendre par exemple, ou « involontaire », = une incapacité) chez des joueurs comme Ronaldinho, Seedorf, Pirlo Ambrosini, Pato, Oddo, Zambrotta qui fait que ces derniers ne peuvent durablement joindre les deux bouts.
C’est cette différence physique qui permit à l’OM de dominer. Des joueurs comme Cissé (23 ;64), Cheyrou (30 ;32 ;39) se montrant capable de faire le piston entre la défense et l’attaque.
Marseille qui s’aligna dans un 4411 dans ce match avec un Lucho libre de naviguer entre le milieu (il fut parfois un troisième milieu axial) et l’attaque pour soutenir Brandao (visé par un jeu long qui ne fut pas l’arme unique des olympiens: 7 ;29 ;31 ;33 ;40 ;43 ;44) et gênait la relance adverse. C’est ainsi qu’on le retrouva à plusieurs reprises en position de relais. Ce dispositif n’était pas neutre défensivement et dans le contexte de ce schéma du soutien de Niang pour Taiwo était exigé et à l’image de cette action de Pato(30), il fut manquant. Evidemment regarder l’arrivée du problème fait pointer du doigt Taiwo. Regarder le départ de l’action fait voir que le brésilien arriva lancé et en était donc d’autant plus difficile à arrêter.
Milan se disposa pour sa part en 4-21-3 avec des espaces conséquents entre ce qui devint clairement sa partie défensive et celle offensive.
Les actions de jeu avec une absence de pressing et de l’espace dans le dos de la défense marseillaise furent légions : c’est sur une action de ce type que Milan fut la première à se montrer dangereuse. Pirlo laissé libre de dicter le jeu par Lucho adressait une balle piquée derrière la défense marseillaise en son coté droit : Bonnart était battu par Zambrotta qui arriva lancé dans la surface mais n’enroula pas suffisamment sa frappe coté opposé : Mandanda repoussait la frappe du latéral italien (5).
Marseille commettait ensuite une erreur d’un autre type, celle de la perte de balle en période de construction. Erreur d’importance en ce que elle intervint alors que l’idée est dans cette phase de se projette vers l’avant et qu’elle prend donc à revers la plupart de ses joueurs. Ainsi Niang perdit le ballon et Taiwo n’était plus là pour suppléer Heinze qui se trouva seul face à Borriello servi par Pato. L’attaquant italien n’est pas le plus rapide des avant-centre mais cela allait suffire il revint donc vers l’intérieur avant de dribbler extérieur et d’enchaîner face à Mandanda d’une frappe à ras de terre en ouvrant son pied gauche : Le ballon passait entre les jambes du N°2 de l’équipe de France : Milan 1 OM 0 (9).
Le joueur sénégalais se rattrapait et il était à l’origine de l’égalisation. Trouvé dans l’espace coté gauche grâce à une ouverture de Lucho, il gagnait son duel avec Oddo puis centrait en retrait. Un centre difficile pour Dida car à une hauteur basse et qui lui échappe. Il détourna mais cela orienta le ballon dans l’axe de la surface et Lucho à l’affut trompait le joueur positionné sur la ligne, Zambrotta : Milan 1 OM 1 (15).
Abriel effectuait un 1-2 avec un Lucho en appui mais la frappe du gauche de l’ancien lorientais terminait à droite des buts de Dida (18).
Nesta sortait au duel sur Brandao. Le ballon échoyait à T.Silva qui laissé libre de manœuvrer à sa guise nous faisait apprécier la qualité de son jeu long.
D’une balle piquée il trouva derrière la défense Borriello qui vint buter sur Mandanda (23) mais sans ballon car c’est bien Diawara qui revint de l’arrière tacler le ballon de façon décisive dans les pieds de l’attaquant milanais.
Abate qui avait remplacé Oddo ne disposait pas de solution devant lui. Il donnait latéralement vers Nesta mais Lucho interceptait. Il dribblait latéralement Nesta mais suite à cela il appuya trop sa passe pour Niang qui parvint quand même à la récupérer mais la qualité du mouvement marseillais et de son centre s’en ressentit et Pirlo, devant Dida, pouvait intervenir (36).
Milan répondait avec un autre ballon long derrière la défense de Silva pour Pato (auteur d’un appel croisé). Diawara n’attaqua pas le ballon et se trouva lobé par le rebond. Taiwo gêna le brésilien dans sa reprise qui passa in fine au dessus des buts (37).
Niang éliminait Abate coté droit puis résistait à Nesta. Mais sa passe en retrait le fut trop pour Brandao qui ne put infléchir sa course (46).
Mandanda sortait sur un corner mais relâchait le ballon : Silva en héritait mais choisit alors l’option la plus difficile, la frappe dans un angle fermé, alors qu’une passe devant le but aurait au moins exposé la défense marseillais en ce que Mandanda ne gardait plus celui-ci (48).
La mi-temps fut sifflée sur ce score de 1-1.
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