Liverpool vs Lyon Analyse
21 octobre 2009 par Erwan Delcourt
Classé dans 3ème journée
Lyon est allé chercher la victoire 2 buts à 1 dans le temps additionnel de la seconde période hier à Anfield. Ce résultat place les joueurs de Rafael Benitez en situation délicate dans ce groupe, 3ème qu’ils sont à 3 points de la Fiorentina, vainqueur sans surprise de Debrecen et 6 de Lyon. L’équipe locale aura su dépasser ses difficultés du départ, même si les occasions lyonnaises ne furent pas légions pendant cette période pour prendre l’avantage puis dominé. Mais faute d’efficacité ils ne se mirent pas à l’abri, continuèrent une stratégie qui les exposaient tant leur défense ne suivaient et ne les protégeaient donc plus. Le grand mérite des hommes de Claude Puel aura donc été de tenir et d’appuyer certaines actions. Car Lyon n’est pas parti à l’abordage quand même et avant ce but victorieux il y avait eu plusieurs comportements qui traduisaient l’envie de repartir d’Angleterre avec le point du nul (6 mètres et touches effecutés sans urgence par exemple).
Liverpool aborda le match en 4411 avec Gerrard en soutien de Ngog, le franco camerounais se voyant préféré à Voronin et Babel 2 joueurs pourtant plus expérimentés que lui à ce niveau. À gauche et à droite du milieu de terrain Benayoun et Kuyt qui n’hésitèrent pas à se recentrer (2 ;4 ;7 ;16 pour le néerlandais par exemple, 6 ;31 pour l’israélien). Le jeu long qu’il soit dans l’axe ou vers un coté (et alors plus le droit : vers Kuyt dans la première minute, plus avant vers Kelly :17) fut utilisé mais pas dans une proportion importante (15 ;18 ;23 ;25 ;29 ;39). Ce qui fut important c’est le déchet et Lyon n‘avait rien à y voir ici. Ainsi ce centre de Kuyt, cette percussion approximative de Benayoun, ce contrôle de Kuyt ou Benayoun (16 ;26), cette passe de Mascherano (34), Benayoun (36), Aurélio (39), de Kuyt (27), ce tir du même joueur (30) ou encore celui d’Aurélio de volée (47).
En défense, Kelly remplaçait Johnson pour ce qui nous sembla être sa première apparition à ce niveau. À gauche Insua était préféré à Aurélio. Il allait passer un « sale ¼ d’heure » face à Govou. À tel point que quand on y vit Aurélio s’échauffer on pensait que c’était pour lui. En fait c’est Gerrard qui sortait (25ème) et l’inquiétude des supporters renvoyaient plus alors au match de Dimanche contre Manchester United qu’au conséquence de l’absence de Gerrard sur ce match là .
Lyon de son coté évolua en 433 dans ce match. Ederson et Govou participèrent au travail défensif ce qui put faire penser à un 4141 en phase défensive mais leur positionnement en phase offensive par rapport à des joueurs comme Pjanic et Kallstrom nous semble écarter cette hypothèse.
Les joueurs visiteurs jouèrent assez haut en début de match ce qui peut sembler de prime abord surprenant quand on pense à la vitesse de pointe de Toulalan et Cris. Mais d’une part le peu de crainte qu’inspirait Ngog peut être vu comme un facteur explicatif et d’autre part cela ne dura pas. Le but des Reds en première période s’inscrit d’ailleurs dans cette explication c’est à dire avec une attaque haute et des espaces béants entre cette attaque et les joueurs qui la composaient et l’arrière garde défensive.
La première occasion du match fut pour Liverpool. Ngog avait été trouvé dans l’espace et Cris n’avait pas été saignant pour intercepter avant l’attaquant des Reds. Par contre il l’avait contré et Liverpool disposait d’une touche. Suite à celle-ci on assista à un petit jeu devant la surface lyonnaise. In fine une frappe du gauche de Gerrard était contré par Reveillère en corner (3).
La réponse de Lyon vint d’un joli jeu en triangle sur le coté gauche avec Ederson en appui légèrement recentré. Ce qui permit à Cissokho de prendre son couloir. Ce dernière réussit alors son seul centre du match (pour les ratés avoir avant : 5 ;9 et après 65 ;79), un centre tendu en retrait pour la tête de Lisandro qui devança Insua mais n’orienta pas suffisamment sa tête ce qui fit que malgré sa puissance et sa proximité du but il ne mit pas celle-ci à l’abri d’un réflexe du portier espagnol. Reina détournait la reprise de l’argentin. (9).
8 minutes plus tard, Govou rentrait dans l’axe en percutant mais était stoppé par le coulissage de Kelly. Le ballon échut ensuite à Kallstrom mais la volée du suédois manqua assez largement sa cible d’autant plus si l’on considère que la force mise dans cette frappe semblait insuffisante pour tromper Reina. (17).
Liverpool terminait mieux la première période :
Kuyt en appui donnait à Kelly qui centrait. Cela terminait au 3ème poteau mais Aurélio parvenait à centrer à son tour. Kuyt était alors contré en pleine surface par Cissokho puis Toulalan dans ses 6 mètres gagnaient son duel de la tête mais ne pouvait donner beaucoup de puissance à sa tête. De telle façon que le ballon parvint dans un angle fermé à Ngog qui tira mais fut contré de près par Lloris (35).
Lyon travaillait sur toute la largeur du terrain et via un relais dans l’axe de Lisandro le ballon passait de droite à gauche. Il était ensuite donné en retrait pour un centre lointain de Kallstrom. Orienté entre la défense et le gardien mais sortant car exécuté de l’axe gauche il trouvait Govou derrière Insua mais le français s’il toucha le ballon en se jetant ne put être précis ce faisant (38).
2 minutes plus tard Liverpool ouvrait le score : Kuyt, passé dans l’axe (en soutien de Ngog donc) depuis la sortie de Gerrard, pressa Makoun (alors que Cissokho avait dédoublé Ederson tout près de là ). Ce dernier opta alors pour une talonnade vers l’avant en direction de Kallstrom mais Carragher le devança. Saisissant de constater le peu d’espace entre Kuyt qui pressa et Carragher qui intercepta.
Le ballon parvint alors à Benayoun qui donna à Lucas lequel écarta rapidement pour Aurélio coté opposé. Les, au moins, 5 joueurs lyonnais présents en phase offensive étaient d’autant plus battu que Toulalan, Cris et Reveillère était loin derrière ne pouvant alors ralentir une action qui allait aller à son terme. Ainsi Aurélio porta le ballon puis centra fort croisé. Ce fut dévié par Cris mais Kelly (car quand on joue resserré c’est plus facile d’apporter son soutien, on n’évoque même pas ici l’abnégation des joueurs) s’il devança Makoun (auteur juste après sa perte de balle d’une faute sans ballon sur Kuyt) ne put que reprendre dans le vide. Le ballon échut cependant à Benayoun qui trompait Lloris, en partie masqué par les joueurs devant lui :1-0 (41).
Dans la foulée de ce but, Cris blessé pour avoir tenté de freiner Kuyt, alors qu’il était à terre suite à une glissade, avait reçu un coup de genou du néerlandais (31). Pris en charge par l’équipe médicale lyonnaise il n’en revint pas moins sur le terrain et sans surveillance particulière à partir de là puisque Toulalan vint nous expliquer après la rencontre qu’ils avaient tenté de faire comprendre qu’il fallait changer le brésilien mais que le banc n’avait pas entendu leur demande. C’est dire l’inquiétude de ceux qui venaient de le prendre en charge … Toujours est il Gonalons entra pour former avec Toulalan une charnière centrale inédite.
La fin de mi-temps fut pénible pour les lyonnais :
Il y eut avant cette passe en retrait d’Insua pour … Lisandro qui fut l’auteur d’une frappe « écrasée » du gauche, Reina s’emparant sans soucis du ballon.
Il y eut ensuite cette élimination de Ederson par Kelly suivi d’un centre Aurélio reprit alors de près mais comme Lisandro plus tôt dans ce match sa tête, de près et puissante n’était pas suffisamment orientée ce qui permit le réflexe, à saluer, de Lloris.
Evidemment dans la même mesure que plus tôt pour le duo de commentateur Canal, ce qui était une intervention logique de Reina (sur la tête de Lisandro) était un exploit pour Lloris. De la même façon, pour avoir réussi un centre Cissokho était l’auteur d’une prestation de classe. Peu importe qu’il en ai manqué 2 auparavant puisque c’est la dernière action qui fait foi.
Sur le corner Aurélio trouva Ngog qui effectua une tête en reculant : cela terminait juste au dessus et Liverpool regagnait les vestiaires sur ce score de 1 à 0 en leur faveur.
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Comme de coutume ton propos est excellent!
Au niveau de l’organisation, j’admets qu’il puisse y avoir interprétation. D’un 433 à un 4141 il y a des traits plus que communs. A commencer par le milieu axial de l’équipe qui se présente sous le même aspect (un 6 et deux 8 que les fans de PES appelleront MC!). La différence principale vient pour moi au niveau du placement sans ballon. Et comme tu le dis, les ailiers ont joué très bas. Par ailleurs le profil de l’homme du couloir gauche lyonnais(bien qu’il y ait des forfaits) me conforte dans l’idée du 4141. D’autant que cela pouvait avoir une raison d’être eu égard au 4411 de Liverpool (le 6 qui était sur le dos de Gerrard, une ligne de 4 vs les 4 de livep pour ne pas subir d’infériorité numérique…).
Sur l’arrêt de Lloris (tête ressemblant à celle arrêtée par Reina plus tôt), j’ai aussi noté le deux poids deux mesures des commentateurs, même s’il me semble que Denoueix a corrigé un peu en disant que c’était pareil que pour Reina.
Ensuite tu as bien raison de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain à propos de Livep, tant le travail que tu qualifies fort à propos de « gagne-terrain » fut intéressant en seconde période. C’est d’ailleurs plus souvent, à mes yeux, une approche effectuée en 4141 (le 6 faisant verrou) qu’en 4411, mais les circonstances ont aussi amené livep à faire ça.
pour le premier point tenant à l’organisation je dirais que avec le ballon les ailiers ont eu des comportements (revenir dans l’axe par exemple pour jouer en appui ou avec le ballon) qui tranchent avec l’attitude de joueur de couloir dans un 4141 ou l’axe est supposé être « pris » par les deux 8 que tu évoques dans le 433 et qui dans l’hypothèse d’un 4141 serait sur la même ligne que ces joueurs de couloirs. Par contre ce type de comportement peut être plus commun dans un 433 particulièrement si les deux (ou l’un des 2) 8 ne viennent pas coller, du moins soutenir, à l’attaquant.
Ceci pour la justification de mon point où je faisais référence au schéma en phase offensive.
Défensivement on a assisté à un replacement très bas en effet et selon les mouvements on peut alors dire 4141 (même offensivement d’ailleurs si l’on pense au but). C’est d’ailleurs ce type de raisonnement qui avait fait dire aux « spécialistes » europe avec Benitez que le schéma du manager espagnol était un 4231. Si on bloque les images ca peut avoir cette allure, mais un 4411 n’interdit pas les deux joueurs de couloirs de participer offensivement: les deux défensifs restant plus en retrait on peut alors constater 3 milieux « derrière » un attaquant cela ne signifie pas que le schéma choisi est un 4231.
D’ailleurs le problème que peut rencontrer un 433 est bien de finir par être acculé et ne plus pouvoir ressortir si la domination adverse se prolonge.
pour Reina et Lloris, il est vrai que Denoueix a remis du contexte mais Josse avait crié fort et c’est bien la première raison de mon intervention. La seconde tient au fait que quand les éloges ont plu sur Cissokho après le centre pour Lisandro, là il n’y a pas eu de contextualisation. au contraire!
Un peu comme l’an passé dans ses matchs contre Manchester où l’on assista de la part des commentateurs à des louanges sur des choses qui ne le méritaient pas. Attention je ne dis pas que il ne faille juger un latéral que sur sa seule qualité de centre, la prise de couloir étant en elle seule quelque chose qui peut contribuer à faire la différence.
Ce que je dis c’est que si on loue ce domaine, la louange ne peut être méritée que si dans les faits les centres arrivent. Et je ne crois pas que faire par exemple un centre tendu dans une zone sans partenaires puisse entrer dans la catégorie des centres à recommander.
Pour la tactique de Liverpool en début de seconde période, je renvoies (plus qu’à autre chose) cela à une volonté de repousser Lyon dans son camp, à faire face à leurs insuffisances du moment dans une tactique qui « pardonne » (car ca peut user et la fin de match ne fut pas anodine dans ce sens) le déchet. C’est d’ailleurs ce à quoi tu penses, je crois, quand tu évoques les circonstances en fin d’intervention
Pour Real vs Marseille j’avais mis 433-4141 pour la disposition d’équipe marseillaise, je n’ai donc pas à priori d’objection sur la question de l’interprétation
Cher dustylo, tu reconnais être un fan de PES (Pro Evolution Soccer), tu as reconnu par ailleurs être un fan du Milan, ta remarque sur le profil de celui que je qualifie d’ailier ne peut donc pas me laisser insensible.
En effet, il faut préciser pour ceux qui nous lisent que dans nos affrontements sur ce support vidéo-ludique ton argument de défense principal pour arguer que tu ne joues pas en 433 c’était de me faire remarquer que l’ailier droit serait Gattuso.
Le raisonnement étant alors que ca parait tellement impossible qu’il faut évacuer la question. Ce qui rejoint les argumentaires qui consistent à dire dans d’autres secteurs: ce type est remarquablement intelligent et il aurait fait quelque chose de si stupide?
Alors je crois pouvoir dire, en sus de ce que j’ai déjà dit, que ta crédibilité pour avancer que ce n’est pas un 433 parce que Ederson (qui a déjà joué dans un 433 en plus) était titulaire à gauche est plus que discutable vu ton passif dans ce domaine!
Car c’est bien d’un passif qu’il s’agit! ;)
Hehe, voilà qui est bien essayé.
Pour être précis, je ne dis pas que ce n’est pas un 433 du fait de la présence d’Ederson à gauche. Je souligne, compte tenu du reste de mes propos, que c’est un élément de plus qui me faisait penser qu’on avait un 4141 et non un 433 (de par le profil d’Ederson).
Enfin, pour le Gattuso ailier droit tu mesures bien l’incongruité de ta remarque, qui n’est qu’une provocation. La punition sera terrible sur le terrain vidéo ludique avec un VRAI 433 à l’appui. BEWARE!
d’un autre coté en quelle formation jouait Lyon à Debrecen, match que je le sais tu as suivi de près, et dans lequel Clerc était annoncé ailier droit(*)?
Comme élément de plus on a déjà vu mieux ;)
Pour Gattuso tu as réussi l’exploit d’illustrer ma remarque sur la manoeuvre qui pourrait porter le nom du coup de l’alibi. Je te félicite!
(*) J’en profite pour dire que pour ce qui est des résumés, à la différence des articles(portant la mention analyse) et sauf incongruité notoire, les schémas que je fais apparaitre sont ceux mis à disposition sur le site de l’uefa.
SAME OLD ERWAN!
Je n’ai rien illustré. Je dis qu’il y aura vrai 433, par opposition à un faux (celui qui relève de tes conjectures farfelues).
Vrai par opposition à inexact.
Il n’est nul besoin de lapsus pour illustrer à son corps défendant une position qu’on prétendait combattre.
Pour ce débat PES, car on est arrivé là , je fais la différence entre une tactique affichée et la tactique en action. Tu m’expliques que désormais les deux coïncideront: on y gagnera en clarté.
Pour le débat de départ, je crois que les choix passés de Claude Puel, le positionnement de Ederson dans d’autres matchs et notamment l’an passé, ne plaident pas en faveur de sa présence comme étant un élément de plus pour justifier qu’il ne s’agissait pas d’un 433. Au contraire.
NDLR:Clerc a bien joué ailier droit contre Debrecen. Sa position moyenne l’indique. Et si celle-ci est plus haute que Ederson contre Liverpool par exemple cela a fort à voir avec le fait que Liverpool à la différence de Debrecen a joué plus longtemps dans le camp adverse que ne l’avait fait l’équipe hongroise.