Marseille vs Milan Analyse
16 septembre 2009 par Erwan Delcourt
Classé dans 1ère journĂ©e
Le Milan Ac s’est imposé 2 buts à 1 sur le terrain de l’Olympique de Marseille à l’occasion de la première journée de cette ligue des champions 2009-2010. Une victoire méritée tant la différence technique entre les deux équipes fut criante. Le Milan n’est plus la grande équipe qu’ils étaient il y a 3 ans. Mais ils sont toujours largement supérieurs à une équipe de Marseille qui a par exemple recruté à cor et à cris mais qui n’a pour doublure au déjà limité Bonnart que le triste mais volontaire Kaboré (et on a déjà évoqué lors de OM vs Bordeaux la cas de la défense centrale).
Quant à ce 433 fait pour Lucho il a laissé sa place avec le retour de l’argentin au 442 en losange: Allez comprendre… Ce système était aussi celui du Milan et il n’est jamais bon d’aller chercher une équipe qui vous est supérieure avec un schéma tactique identique. Quel joueur marseillais aurait sa place dans le 11 milanais sur le match d’hier soir ? Niang pour Inzaghi, Cheyrou pour Pirlo ou Seedorf ? Diawara pour Nesta ? Devons nous préciser l’ironie ?
La grosse différence entre les deux équipe ce fut l’occupation des espaces.
Le Milan fit dans l’ensemble choix d’être compact derrière avec peu d’espace entre la défense et le milieu mais davantage entre les joueurs de ce secteur et les attaquants. Marseille fit deux choix ici : un premier qui fut de laisser un espace similaire entre ces 3 lignes et vu la l’espace entre la défense et l’attaque cela laissait une latitude trop importante aux joueurs milanais. Un autre où la défense resta à peu près à la même hauteur mais les milieux étaient eux plus près de leurs attaquants laissant alors de l’espace dans leur dos. Cela leur permit de presser les milanais à la relance, de rendre plus efficace leur jeu long, particulièrement pour ce qui est de la chasse aux seconds ballons. Sans les désavantager vraiment défensivement dans la mesure où l’option du jeu long pour Milan n’en était pas une avec Inzaghi et Pato devant. Il fallait marquer dans cette période où les milieux s’impliquaient fortement au pressing, ce fut fait d’entrée de seconde période avec l’égalisation marseillaise mais il manqua ensuite de façon criante de précision pour matérialiser la domination territoriale des marseillais.
Il manqua aussi d’expérience et in fine c’est les milanais supérieur dans les deux derniers secteurs évoqués qui allaient marquer un second but non sans avoir sonner à leur façon via Flamini et l’introduction de Gattuso la fin de la récréation en ce qui concernait l’engagement physique.
La première période fut milanaise : les joueurs de Leonardo faisait tout mieux que leurs adversaires : on pense à l’utilisation des cotés et à la participation des latéraux (12 ;16 ;20 ;36 ;39), à la performance de Seedorf comparé à celle de Lucho. Le néerlandais en effet, à la base du schéma en position axial, qui vint faire le lien sur les cotés entre latéraux et attaquants qui pouvaient venir s’y trouver. Il défendait aussi et était alors un pourvoyeur de ballon intéressant pour du jeu vers la profondeur (23 vers Pato par exemple). Il fut aussi capable de conserver le ballon dos au but pour permettre à ses coéquipiers de remonter (32). Lucho en comparaison eut du mal à s’exprimer et à jouer face au but. Il fut meilleur dans une position plus reculée.
Les marseillais procédèrent beaucoup pas centre (5 ;6 ;10 ;11 ;18 ;31) mais Kaboré notamment fut insuffisant dans ce domaine et gâcha à plusieurs reprises le bon travail au préalable de Niang en fixation.
Taiwo fut pris en vivacité dés la première minute, ce qui donna un coup franc que tira Pirlo. Il fut repoussé par la défense Marseillaise sur Nesta qui tira mais fut lui aussi contré.
Nesta faisait une transversale sur une ½ terrain et Zambrotta prenait son couloir, et le centre de l’italien en fin d’action était finalement mis en corner par un Taiwo qui ne s’était pas aligné. Ce corner découcha sur un autre qui fut repris de la tête par Brandao vers son propre but mais Kaboré dégagea devant son but.
3 minutes plus tard, Oddo dont on nous dit qu’il n’apportait pas offensivement, centra pour Inzaghi qui cadra sa reprise mais sans la puissance nécessaire pour tromper Mandanda (12). Si Pato fut des deux attaquants celui qui alla le plus de droite et de gauche (un peu comme Niang avec Brandao de l’autre coté mais avec un seul coté le droit) Inzaghi n’était pas complètement en reste.
Ainsi c’est lui qui centrait vers Pato et il fallait une intervention décisive de Diawara pour que le ballon ne lui parvint. (12).
Dans la foulée Marseille contrait avec du jeu vers la profondeur (comme avant : 3 et plus tard : 30 ;39 ;42) de Cheyrou vers Niang mais Storari gênait bien dans sa sortie l’attaquant sénégalais qui ne cadrait pas sa frappe (12).
Le portier milanais s’imposait ensuite sur un coup franc rentrant de Lucho consécutif à une faute de Flamini sur Cheyrou (15).
Finalement les visiteurs ouvrait le score dans cette première période. Ce but vint de la gauche avec un travail entre Seedorf et Pato. Le néerlandais donna au brésilien qui n’était pas à la fête depuis le début, et le fait qu’il était pris par plusieurs joueurs n’étaient pas anodins. Ce cas ne fit pas exception et 3 marseillais l’entouraient quand Seedorf lui prit le ballon des pieds pour pénétraient dans la surface. Des trois battus sur cette prise de balle il resta un marseillais (Kaboré) qu’il élimina d’un dribble intérieur avant de centrer vers le second poteau : Inzaghi reprenait vers le premier poteau de près et on dira que ce second élément excuse le fait que Mandanda ne put intervenir sur la reprise d’un Inzaghi légèrement hors jeu sur cette action. Cette précision est moins pour atténuer ce fait (un hors jeu est un hors jeu que ce soit de 20 centimètres ou d’un mètre) que pour permettre de comprendre la faute de l’arbitre assistant. 0-1 (27).
Accuser Taiwo ici est scandaleux. Pourquoi? car en raison de la prĂ©occupation de ses camarades sur le duo Seedorf-Pato, il avait compensĂ© dans l’axe pour marquer Flamini. Il ne pouvait ĂŞtre lĂ et au marquage de Inzaghi dans son dos.
Un ballon aérien était mal géré par Diawara mais derrière lui Mandanda était vigilent pour devancer hors de sa surface Inzaghi (31).
Milan était alors au plus fort de sa domination : en atteste cette longue possession qui les vit passer de droite à gauche puis inversement : finalement … Oddo centrait mais Pato seul manquait sa reprise du droit dans la surface de réparation. (36).
Diawara était pris en vitesse par le brésilien coté gauche : C’était tiré rentrant par Pirlo mais Inzaghi dans un espace libre ne reprenait pas de la tête alors q’il était à moins de 8 mètres des buts de Mandanda (39). Marseille contrait mais Oddo en couverture parvint à freiner suffisamment la première initiative marseillaise pour en atténuer la portée.
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Que dire sinon que je partage cette analyse. La compacitĂ© voulue par Milan a connu deux Ă©cueils : les attaquants Ă©loignĂ©s du reste du bloc et lors des tentatives de pressing (lĂ ou par exemple pirlo suivait seedorf, sans compter nos deux attaquants) une dĂ©fense qui ne remontait pas assez. A tort d’ailleurs parce que ça pouvait donner la place pour les « seconds ballons »marseillais, m^me si il faut bien l’avouer, la prĂ©cision de la relance longue des marseillais est assez pathĂ©tique. Silva et Nesta me semblent en mesure de permettre ce luxe (jouer haut pour une dĂ©fense centrale) et ainsi d’accentuer les qualitĂ©s milanaises. Enfin, le 4312 de Deschamps, pour soit disant exploiter les qualitĂ©s de lucho : bof. Pas très Ă l’aise dos au but le garçon… D’autant que remettre Niang au centre n’est pas très pertinent Ă mon sens, c’est toujours en allant sur les cĂ´tĂ©s qu’il s’est montrĂ© dangereux.
j’ajoute que sur le second but milanais, le centre vient de l’axe gauche et Taiwo (pourtant arrière gauche) se retrouve Ă ĂŞtre en couverture au premier poteau.
Pour prĂ©ciser ce que je disais dans l’article le latĂ©ral nigĂ©rian n’est pas en cause sur ce but (comme sur le premier d’ailleurs mais pour d’autres raisons Ă©voquĂ©es dans l’article), car il est alignĂ© sur le dĂ©fenseur central le plus bas.
Pour Lucho il y a une effectivement une contradiction: le faire venir en expliquant qu’il se fondera dans le 433 de Deschamps, ce qui est censé dans la mesure où il jouait dans un 433 à Porto et quand il revient faire différemment de ce pourquoi on l’a recruté.
Alors ce choix, du 442 en losange n’a peut-être rien à voir avec Lucho mais plus avec la forme de ceux qu’on est censé placer sur les cotés. Visiblement Deschamps ne veut pas faire confiance dés le départ à Ben Arfa et Valbuena en l’absence de Koné. Cela pose alors la question du recrutement qui est supposé pourvoir en joueurs le système de jeu choisi. Et comme il semble ne pas savoir que Brandao peut jouer sur un coté.
Car on pourrait avoir une attaque avec Niang et Brandao sur les cotés [pas son meilleur poste mais qu'il peut occuper comme il l'a montré à Donestk et on parle ici d'une solution par défaut par rapport à l'idée de départ( mais qui peut rapporter avec ce que cela permettrait comme jeu long sur les cotés notamment) qui pose là aussi des questions sur les joueurs recrutés] et Morientes dans l’axe. Niang qui je le crois aussi est mieux sur un coté dans la mesure où offensivement on se retrouve moins à la finition dans cette position que dans celle d’avant centre.