Lyon vs Bayern Analyse (0-3)
27 avril 2010 par Erwan Delcourt
Classé dans demi finale
Le Bayern s’est qualifié pour la finale de la ligue des champions en battant largement, 3-0, l’Olympique Lyonnais à Gerland.
Les joueurs locaux se seront montrés insuffisant en tout, sur le plan technique (déchet considérable), tactique que ce soit collectif (replacement compensation, attention sur les touches) ou individuel (ainsi des pressings effectués de façon solitaire par Lisandro par exemple ou presque, un carton concédé gratuitement par Gonalons face à Van Bommel) et dans l’attitude.
Le capitaine Cris fut un exemple de ce constat. Techniquement son dĂ©but de match fut catastrophique. Sa lenteur, et celle de Boumsong a aussi handicapĂ©e fortement Lyon dans toute tentative de pressing. Enfin auteur d’une faute sur Olic en seconde pĂ©riode alors que Lyon Ă©tait menĂ© 1-0, il eut la bĂŞtise (encore plus quand on considère les leçons d’exemplaritĂ© qu’il prĂ©tendait donner dans l’avant match) d’applaudir l’arbitre qui venait de l’avertir. Logiquement, il Ă©tait exclu. Aucune surprise ici, pareille dĂ©cision (un jaune pour applaudissement sarcastique après un jaune consĂ©cutif Ă une faute) fut prise Ă l’encontre de Rooney lors de la saison 2005-2006 lors d’une rencontre Ă l’extĂ©rieur sur le terrain de Villarreal (0-0). La fin de match fut alors des plus pĂ©nibles pour les lyonnais qui allaient finalement s’incliner sur le score de 3 Ă 0.
Lyon qui s’aligna en 4231 dans cette rencontre avec au début de celle-ci Govou coté gauche et Bastos coté droit (ils intervertirent ces positions dans le courant de la première période). Delgado se situa lui derrière l’attaquant mais dans un rôle de meneur de jeu.
Lyon opta dans l’ensemble pour des attaques rapides, avec du jeu long par exemple (5 ;8 ;17 ;20 ;28 ;36 ;72). Il y eut du pressing (1 ;8), il ne fut pas fréquent car comme on a commencé à l’évoquer celui-ci était rendu très délicat par le positionnement des défenseurs lyonnais très en retrait par rapport à ceux qui réalisaient ce pressing et cet espace offrait une sortie de pressing aux bavarois.
Il y eut dans ce contexte des scènes incroyables ainsi ce pressing ridicule car fait à 2 (Lisandro et Govou?) seulement (31-32) et somme toute aisément résolu par les munichois.
Alors juste avant le but du Bayern notre trio de commentateur geignit du fait que Lyon ne s’appliquait pas à conserver le ballon. Mais avec la qualité technique qui était la leur comme cela aurait-il pu être possible ? Dans ces conditions comment les blâmer de procéder par attaques rapides pour tenter d’exploiter ce qui peut l’être plutôt que d’essayer des choses dont ils n’ont pas les capacités. Au moins essayèrent-ils de gagner sur un tableau.
Et ce n’est pas comme si le début de match n’avait pas été marqué par ses difficultés dans la relance que ce soit derrière (Cris : 15 ;17) ou au milieu. Ce déficit technique on le retrouva aussi devant (ainsi cette remise approximative de Govou sur un 1-2 avec Lisandro 20, cette passe de Bastos vers Lisandro 29, cette recherche de Govou par Delgado 36 cette frappe de Gonalons alors qu’il a un mur de joueur face à lui, cela initiera un contre pour le Bayern 37, enfin cette passe à 3 mètres manquée de Govou vers Delgado 43).
Le Bayern de son coté s’aligna dans un 4231-442 en ce que Müller parut parfois un milieu offensif derrière l’attaquant Olic, parfois un attaquant à coté de ce dernier. Au milieu Van Bommel effectuait son retour de suspension. Altintop prenait lui la place de Ribery sur le coté gauche avec un Robben occupant le coté opposé. Défensivement les bavarois s’appliquèrent (en plus) à gêner la relance. On nota le travail d’harcèlement d’Olic (1 ;3 qui en attaque pressait aussi les ballons qui semblaient perdus :1 suite à du jeu long qui fut un des axes de jeu du Bayern : 0 ;1 ;4 ;16 ;18 ;43) et les recentrages de Robben par exemple (5).
Ils se replacèrent aussi remarquablement (ainsi 30 ;34) défendant en nombre.
Les joueurs visiteurs se créèrent la première occasion de la rencontre et la majeure partie des occasions tout court:
Lyon pressait haut mais Lahm s’en sortait en envoyant loin devant dans l’espace. Cris manquait son dégagement sous la pression d’Olic et ce dernier se trouvait dans la surface. Il donnait en retrait à Müller qui gâchait une occasion nette en reprenant le ballon légèrement derrière lui du droit : à coté (1).
Lyon péchait dans la relance, Robben était servi. Il obtenait une touche. Celle-ci fut jouée dans le dos de la défense, car il n’y a pas de hors jeu sur touche. Olic redressait ce ballon devant le but mais aucun de ses partenaires ne se trouva dans cette zone pour conclure (9).
Delgado ratait son coup franc et le Bayern se projetait vers l’avant. Olic conservait le ballon coté gauche, puis revenait sur ses pas et donnait à Altintop qui manquait son contrôle mais le ballon revenait finalement à Olic. Qui après débordement centrait du gauche. Cris s’interposait devant Robben aux environs des 6 mètres (21).
Finalement le Bayern ouvrait logiquement la marque. Le but fut une succession d’erreurs. D’abord, avant l’action du but, il y eut cette incapacité à se relancer avec Makoun qui perdit le ballon au milieu. Puis Robben fut trouvé, il décala Olic qui fut contré en touche. Il y eut alors un manque d’attention sur la touche (Makoun discutant avec l’arbitre par exemple), qui put être joué tranquillement par les visiteurs et Altintop. Ensuite un replacement du milieu de couloir droit insuffisant (mais aussi très difficile de par les espaces à couvrir) et enfin un milieu défensif (Gonalons) qui vient compenser trop tard. Robben reçut ainsi le ballon dans l’axe gauche puis lança dans la profondeur Müller qui parvint à centrer en retrait. Olic frappa en se retournant du droit et trompait Lloris d’une distance assez courte (autour de 8 mètres) : 0-1 (26).
Lyon réagissait, le Bayern défendait en supériorité numérique mais Makoun servi en retrait centra vers le second poteau. Las Bastos qui avait surpris Lahm dans son dos croisait trop sa volée du plat du pied gauche effectuée sans contrôle de l’extérieur des 6 mètres : à coté (30).
Dans le camp bavarois Reveillère s’imposait au duel puis Makoun d’une transversale trouvait Delgado dans la surface coté gauche. Il opta pour le contrôle et un retour vers son pied droit. Il était finalement contré (44).
Les deux équipes rejoignaient les vestiaires sur ce score de 1 à 0 en faveur des joueurs de Louis Van Gaal.
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Bien, voilĂ une imposture corrigĂ©e:Lyon n’a rien a faire en demi-finale de CL. D’aucuns vont, sur la base de ce rĂ©sultat inĂ©dit, clamer que ce Lyon est le meilleur de l’histoire, ce qui serait stupide, surtout quand on repense Ă l’Ă©quipe de GĂ©rard Houiller il y a quelques annĂ©es, qui, elle, ne souffrait pas de dĂ©ficit de crĂ©ativitĂ©…
C’Ă©tait comique d’entendre nos opineurs en chef de TF1 prĂ©tendre que l’absence de Toulalan expliquait les problèmes dans la conservation et l’utilisation du ballon! Un comble quand on sait qu’il a les pieds carrĂ©s (pour un joueur de ce niveau, ndlr)!
Le Bayern est une Ă©quipe de valeur qui joue Ă son niveau et dont on peut penser qu’elle ne perdra que face Ă plus fort.