Real Madrid vs Lyon Analyse
11 mars 2010 par Erwan Delcourt
Classé dans 8ème de Finale
L olympique lyonnais s’est qualifié pour les quarts de finale de la ligue des champions 2009-2010 en obtenant le nul 1 but partout au stade Santiago Bernabeu. Cumulé à leur résultat de l’aller, les hommes de Claude Puel remporte leur confrontation avec le Real Madrid sur le score de 2-1.
Le Real eut pourtant les cartes en main dans cette rencontre mais le Real s’est avéré incapable de capitaliser sur les erreurs adverses.
On retrouva Higuain dans ce rôle de gaspilleur en chef, qui ne fit parfois pas l’essentiel, cadrer ou se montrait outrancier quand il le faisait (il cadra alors mais à quel prix) quand il ne se prenait pas pour un autre, percutant alors que des opportunités de jeu collectif s’offrait à lui.
Il n’a pas infirmé ce qu’on savait à savoir qu’il n’est pas (à ce jour) un joueur de classe mondiale à son poste.
Pourquoi ? car cette classification s’applique aux joueurs qui prouvent leur qualité dans les grandes occasions et quand cela compte vraiment. Le pire pour le Real c’est que des attaquants de cette classe, ils en possèdent mais pour l’un c’est le banc (Raul), et pour l’autre ce fut la « sortie » (Van Nistelrooy prêté à Hambourg)
Disposé dans un 4141, Lyon commit en effet à plusieurs reprises la faute de ne pas presser avec sa ligne avant tout en ne suivant pas la ligne qui les précédait et laissant des espaces derrière la défense. De telle sorte que cela ouvrait aux joueurs locaux la possibilité du jeu dans la profondeur (5 ;6 ;12 ;23).
Ils encaissèrent rapidement un but, ce qui remettait l’affrontement à parité. Le Real fit alors preuve de patience, faisant passer le ballon d’un coté à l’autre (14 15 19) cherchant ses joueurs offensifs en relais (Kaka : 3, Higuain 42 ou Ronaldo 6 ;11 ; 33) mais il faut le dire sans créer beaucoup dans le dernier tiers du terrain.
Cette possession en faveur du Real en première période, disposé dans un 4231 en l’absence de X.Alonso et Marcelo suspendu, fut accentuée par les choix de relance lyonnais, principalement du jeu long (7 ; 11 ; 12 ;13 ; 15 ; 19 ; 21 ; 24 ; 29 ; 30 ; 32) sur lequel Lyon fut trop rarement présent au second ballon. Lyon eut donc dans l’ensemble du mal à s’exprimer en possession du ballon (7 ; 14 ; 17 ; 24) même s’il y eut quelques exceptions (9 ; 10 ; 34).
Le Real s’il n’attaqua pas fort (il aurait fallu pour cela de la continuité) ne s’en créa pas moins une occasion dés le coup d’envoi. Coté droit pour eux, ils initièrent un pressing, Delgado dut jouer en retrait, Cissokho appuyer sa passe et Makoun en ratait son contrôle.
Kaka récupérait le ballon, puis réalisa un 1-2 avec Higuain. Dans la surface, mais excentré, il tirait face à Lloris lequel repoussa (1’).
Madrid ouvrait le score via Ronaldo : Guti n’était pas pressé, il jouait dans l’espace derrière la défense pour Ronaldo auteur d’un appel de la gauche vers l’axe, entre Reveillère et Cris. Sa frappe du gauche fut certes exécutée depuis une position en angle fermé mais passa entre les jambes de Lloris : 1-0(5).
Ronaldo faisait une percée, il obtenait le corner qu’il reprenait de la tête : au-dessus (10).
Comme sur le but, Lyon laissait jouer, Guti pouvait trouver en relais Ronaldo qui écartait prolongeait à une touche derrière la défense pour Higuain. L’argentin de l’extérieur de la surface légèrement à droite privilégiait la force à la précision alors que placé en bonne position : à coté (12).
Alors que le Real se montrait patient (15-17, plus avant 35-37 par exemple pour une possession de balle de 63-37 par exemple : mesure après l’opportunité de Makoun, voir plus bas), il fallait attendre 8 minutes pour être témoin d’une autre situation : Guti, laissé libre d’agir à sa guise, donnait à Ronaldo auteur d’un appel vers l’axe. Le portugais écartait vers la droite pour Granero qui disposait d’espace pour ajuster son centre. Boumsong le dévia légèrement puis Reveillère dégagea de la tête devant Kaka (20).
On assistait à un « échange » de ballon long. Si Lyon ne fut pas à la retombée de son second ballon, le Real le fut coté opposé avec Kaka dans le rond central qui éffectua ce faisant un 1-2 avec Diarra. À l’issue de cet échange de passe, Kaka lança Higuain dans le dos de la défense. Ce dernier élimina Lloris sorti à sa rencontre (et qui chercha à intervenir hors surface) puis tira vers le but vide, Boumsong se jetant désespérément pour intercepter ce tir. Qui heurta le poteau. Si on peut arguer qu’Higuain chercha à éviter le retour de Boumsong, il n’en disposait pas moins d’une marge certaine pour cadrer malgré le tacle glissé du français. Et il échoua, c’est finalement assez simple(24).
Ronaldo effectuait une autre percée (le jeu individuel est un des développements de jeu de cette équipe), il était stoppé dans la surface mais le ballon échoyait à Higuain qui cette fois voulut tellement assurer et cadrer qu’il frappa sans l’angle nécessaire mais surtout trop mollement. Lloris écartait le danger en plongeant sur sa gauche pour détourner cette frappe à ras de terre (27).
Sur une de leur sortie Lyon se faisait menaçant mais Makoun n’arriva pas à reprendre ce centre de Govou qu’il frappa en tombant vers l’arrière (34).
5 minutes plus tard, Granero centrait vers Higuain. Cris était devancé mais la tête décroisée n’était pas cadrée(45).
La fin de pĂ©riode (avec Guti en possession du ballon, 45) Ă©tait l’occasion de voir une meilleure gestion de ces situations qu’on Ă©voquait avec cette fois une ligne de milieu qui laisse Guti libre de ses choix mais qui colle Ă ses dĂ©fenseurs, limitant fortement ceux-ci (les choix de Guti ndlr).
La mi-temps des occasions ratées pour Madrid s’achevait.
Claude Puel procéda à deux changements pendant la pause. Gonalons remplaça Boumsong, et Kallstrom Makoun.
Plusieurs choses ici : d’une part si Gonalons remplaça Boumsong ce fut numérique. Dans le jeu, c’est Toulalan qui prit place en défense. D’autre part la sortie de Makoun mit fin à une partie décevante du milieu camerounais. On a évoqué cette frappe manquée sur une des rares chances lyonnaises, mais il y eut d’autres éléments avec par exemple des transmissions manquées (14 ;27).
Une des différence avec la première période, ce fut le recours au jeu long qui s’il ne disparut pas (60 ;82), fut bien moins fréquent qu’il n’avait pu l’être en première période. Le Real s’il n’opta pas pour une stratégie inverse, joua plus souvent long, et dans l’ensemble fut moins patient qu’il n’avait pu l’être. Vous nous direz, oui mais il n’en faisait pas grand-chose de cette patience. Mais au moins avait il le ballon et quand il le perdait le perdait il assez haut. Là ils le perdirent dans des zones qui, en plus des choix lyonnais le permettaient de développer plus vite des actions dans le camp adverse.
Cela contribua, en ce qu’il força le Real à revenir défendre (ou pas d’ailleurs et alors c’était des situations à exploiter) à fatiguer les madrilènes.
Qui en vinrent à dépendre uniquement, contrairement à la première période, des contributions de ses solistes et si Kaka fut quelque peu sollicité (74 par exemple) dans ce secteur c’est Ronaldo qui « prit » les choses en main (45; 50; 61; 64; 69; 78; 90). Mais un problème d’individu est plus facilement résorbable qu’un problème collectif et Lyon y gagna au change.
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