Manchester vs Milan Analyse

11 mars 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 8ème de Finale

Manchester sera au rendez-vous des ¼ de finale après son succès 4 à 0 au dépens du Milan AC, succès qui confirme celui de l’aller, les hommes de Sir Alex Ferguson s’étant imposé 3 buts à 2 au San Siro.
Diminués, Nesta et Pato manquèrent à l’appel ET les visiteurs n’auront pas su inverser ce déficit.

Ils se seront montrés trop insuffisants dans plusieurs domaines, trop dépendant à Pirlo pour pouvoir y parvenir. D’illusion il n’y eut pas face à une équipe locale joueuse (trop peut-être ainsi ce déchet, 2 6 15 17 30, de la part de Rooney dans les déviations à une touche, domaine où il convient de le préciser il est grandement perfectible) qui ouvrit tôt le score dans cette rencontre.

Trop insuffisants, on pense au domaine technique avec des passes (notamment Abiatti, désastreux dans son jeu au pied : 29 35 37), centres ratés (25 28 40), on pense aussi au domaine de l’engagement. Engagement de la part des joueurs défensifs, qui donnaient parfois l’impression de laisser jouer leur opposant direct, dans le domaine défensif aussi où Milan joua parfois à 8 quand de son coté Manchester défendait à 10 voir 11.
On ne trouvera pas de contraste plus saisissant que celui entre Ronaldinho et Neville. Le vĂ©tĂ©ran anglais fut prĂ©sent des deux cotĂ©s du terrain, en attaque (on le verra mĂŞme si il baissa de pied en fin de première pĂ©riode, ainsi des centres imprĂ©cis :31 35) et en dĂ©fense donc (oĂą il eut le soucis de ne pas donner l’occasion Ă  son adversaire de se retourner : 2 11 13 18 28 32 38 39 45), tandis que Ronaldinho fut dominĂ© offensivement par son opposant et que dĂ©fensivement, il ne fit pas grand-chose, quand ce n’était pas pire c’est-Ă -dire laisser penser qu’il rĂ©pondait prĂ©sent pour se dĂ©fausser de sa tâche comme un lâche sans laisser la moindre possibilitĂ©, par son attitude initiale, Ă  ses partenaires de tenter de compenser. Quand on sait l’importance eu Ă©gard au dĂ©ficit concĂ©dĂ© Ă  l’aller de ne pas prendre le premier but, son relâchement qui amena le premier but fait figure de faute grave.
Leur dĂ©pendance Ă  Pirlo leur coĂ»ta aussi beaucoup. Comme Ă  l’aller, Park ( 6 19 22 28 36) chercha Ă  le suivre comme son nombre. Pirlo dĂ©zona parfois, allant par exemple cotĂ© gauche avec Ronaldinho se recentrant, il fut surtout beaucoup moins utilisĂ© que cela ne peut ĂŞtre le cas en temps normal. En rĂ©sultat un dĂ©ficit Ă  la crĂ©ation (32-33 par exemple) avec les clefs laissĂ©s Ă  Ambrosini et Flamini que Manchester mit sous pression et notamment le premier via Fletcher (0 5 24 26). Quand Ronaldinho dĂ©crochait (33 pour poursuivre l’exemple), par dĂ©finition l’attaque avait Ă©tĂ© ralentie, ce dont les milanais n’avait vraiment pas besoin vu leur difficultĂ© sur le plan du rythme. DifficultĂ© attestĂ©e par leur problème dans ce domaine Ă  l’aller alors pourtant qu’il n’avait pas menĂ© grand train.
Ce choix de Pirlo (bouger un peu partout sur le terrain), plutôt qu’un autre (réclamer le ballon dans ses zones pour se défaire par ses capacités de Park) fut assez surprenant dans la mesure où il est difficilement concevable que Pirlo qui n’est pas une référence sur le plan physique finisse par lasser dans ce domaine Park qui lui en est une.
D’un autre coté, il est concevable que Pirlo ait fait le choix qui lui semblait le plus probable de porter ses fruits. Ca ressembla pour Milan au choix entre la peste et le choléra.

manchestermilanPour ce qui est des systèmes, Manchester se présenta dans un 4411 avec un premier 1 qui vaut pour le rôle spécifique attribué à Park. Milan lui joua en 433 et si l’on vit Ronaldinho dans l’axe à plusieurs reprises dans cette première période ce fut plus en rapport avec la position du moment de Pirlo qu’autre chose.
Pato n’étant pas prĂ©sent, Huntelaar occupa une position bâtarde, pour lui, d’ailier droit qui n’en est pas un car il ne peut pas l’ĂŞtre dans un rĂ´le classique. Il faut dire que Milan exploita assez bien offensivement ce particularisme, en cherchant Ă  jouer derrière le cotĂ© gauche de la dĂ©fense anglaise. Soit vers Huntelaar soit vers un milieu (par exemple Flamini) qui venait se mettre dans cette zone pendant que Huntelaar lui se resserrait dans l’axe en attirant Evra.
Manchester de son coté chercha à exploiter la largeur et c’est d’autant mieux joué que les « ailiers » en ne défendant pas forçaient les joueurs centraux du milieu à venir aider ce qui libérait des espaces dans l’axe pour des joueurs mancuniens participant, eux.
On eut aussi du jeu long et dans l’ensemble c’était alors Valencia (4 24 26 34 42 43) coté droit qui était cherché, ce qui n’aura pas surpris Beckham (qui faisait son retour à Old Trafford en tant que joueur d’une équipe adverse) qui a remplit ce rôle là pendant des années quand il jouait à Manchester.

Un exemple d’action cassa particulièrement les pattes de joueurs milanais qui par tactique se dĂ©place latĂ©ralement en fonction de l’endroit oĂą se situe le ballon (par opposition Ă  une stratĂ©gie qui verrait les joueurs « rester » dans leur zone), celle qui consista Ă  retourner vers le cotĂ© d’oĂą le ballon venait (6 31).

Les mancuniens qui démarrèrent le mieux cette rencontre : Valencia taclait Jankulovski dans ses 30 mètres et le ballon parvenait ce faisant à Rooney lequel rendit le ballon à l’équatorien qui fit de même. Rooney se retournait et frappait du gauche à ras de terre de la limite de la surface de réparation : à coté (2).
Park freinait Pirlo puis interceptait devant l’italien. Neville coté opposé rentrait vers l’axe pour tirer du gauche. : au dessus (6).
Vidic allait chercher Borriello sur le coté : faute. Pirlo tirait le coup franc, Nani le prolongeait involontairement vers son but, Ronaldinho croisait sa tête : à coté (7).
Pirlo parti sur le coté gauche, Ronaldinho se recentrait. Il cherchait Huntelaar derrière Evra : le néerlandais ne frappa pas de volée mais il rata aussi son contrôle de telle façon que Van der Sar s’emparait du ballon (9).
Manchester répondait via Nani puis Vidic. Le premier tirait du droit, Abiatti détournait en corner en couvrant son premier poteau.Vidic reprenait de la tête : au dessus (10).
2 minutes plus tard, les joueurs locaux ouvraient le score : Scholes faisait passer le jeu de gauche à droite, Ronaldinho renonçait à suivre Neville pour se retourner et partir en marchant coté opposé alors que l’anglais centrait : Rooney devançait Bonera pour l’ouverture du score d’une tête décroisée:1-0 (12).
Ronaldinho récupérait le ballon, puis donnait en cloche derrière le coté gauche mancunien : Flamini tenta de remiser pour Huntelaar mais la défense se dégageait (17).
Milan décidait de ne pas jouer avec Pirlo suivi par Park. Finalement un centre rentrant de la droite vers la gauche était remisé par Flamini pour Huntelaar. La défense interceptait sans pouvoir relancer. Pirlo héritait alors du ballon tirait de l’extérieur de la surface. La trajectoire changeante forçait Van der Sar à un arrêt en deux temps (19).
Fletcher au pressing dépossédait Ambrosini du ballon, il transmettait ensuite à Rooney dans la course de ce dernier, repris par l’arrière garde milanaise (24).
Park pour l’une des rares fois n’était pas en compagnie de Pirlo. Fletcher s’en chargea tandis que le coréen venait à la rescousse. Mais trop tard pour empêcher une superbe transversale en direction d’Abate, toujours derrière le coté gauche de la défense anglaise. Mais l’italien ne fit pas le meilleur des centres même s’il obtint un corner (40).
Nani qui illustrait lui aussi la différence d’attitude dans le replacement (même si son rôle est plus grand dans ce secteur vu le système mancunien pour ce match, il avait plus tôt et par exemple contré un centre d’Abate : 21, ou pris le ballon dans les pieds de Borriello : 42) gagnait un duel défensif avec Borriello. On le retrouvait ensuite en phase offensive. Il donnait latéralement à Fletcher qui disposait (voir précédemment pour une explication du pourquoi) d’un peu d’espace : il l’utilisait pour armer une frappe de plus de 20 mètres : à coté car trop croisée (44).
C’est sur ce score d’un but à 0 pour Manchester que la mi-temps fut sifflée.

Manchester
STATISTIQUES (source uefa.com) Milan
4 Buts Marqués 0
5 Tirs cadrés 5
7 Tirs non cadrés 2
1 Cartons Jaunes 2
0 Cartons Rouges 0
15 Fautes commises 13
5 Corners 5
1 Hors jeu 4
23′ 5′ Possession 31′ 10
42% Possesion (%) 58 %
109.688km Distance parcourue 107.191km

.

La seconde période marqua un changement tactique pour les visiteurs, conséquence aussi d’un changement d’homme. Bonera laissa sa place à Seedorf, Ambrosini passa en défense tandis que le Milan se disposa en 4213 avec Seedorf derrière les 3 joueurs de devant.

Mais Milan n’eut pas le temps d’ »attaquer » (on entend par lĂ  et ici, passer durablement le niveau du rond central), il disposait du coup d’envoi, qu’ils allaient se trouver menĂ©s 2-0 :

Milan fut gêné dans sa progression dés le coup d’envoi et finalement Pirlo ne pouvant trouver une situation vers l’avant joua dans son camp, près du rond central, une transversale vers T.Silva. On ne rappellera jamais assez le danger des pertes de balle dans la construction alors que l’équipe se projette vers l’avant. T.Silva pour ne pas manquer le ballon dut effectuer un contrôle aérien qu’il ne réussit pas à effectuer tout en gardant le ballon assez près de lui pour éviter qu’un adversaire ne s’en empare. Nani fut celui là tandis que Abate avait été éliminé d’office par la passe de Pato qui cherchait derrière lui T.Silva.

Nani poussa son action avec le brésilien à ses trousses. Le portugais d’un extérieur du droit joua derrière la défense (représentée par Flamini sur Rooney : quand on perd le ballon dans une phase comme présentée « tout fout le camp ») pour Rooney qui devança Abiatti qu’il battit d’un plat du pied droit après un rebond : 2-0 (46).

Milan avait maintenant besoin de 3 buts mais pour arracher les prolongations. Si la possibilité existait, elle n’était que théorique.

Dans la pratique c’est Manchester qui allait ajouter deux buts sur attaque placée via Park (servi par Scholes qui opta pour la passe, il marqua du droit en se retournant:3-0) puis Fletcher (sur un centre de Rafael il marqua de la tête au second poteau, Abiatti ne parvenant pas à intervenir avant la tête de l’écossais:4-0), sans en concéder car Beckham (frappe de volée repoussée par Van der Sar), Huntelaar puis Inzaghi (déviations de la tête et du tibia hors du cadre) ne parvinrent pas à réduire la marque.

4-0 score final.

Remplacements

Manchester: Rooney (Berbatov), Neville (Rafael), Scholes (Gibson).

Milan: Bonera (Seedorf), Abate (Beckham), Borriello (Inzaghi).

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