Lyon vs Real Madrid Analyse
16 février 2010 par Erwan Delcourt
Classé dans 8ème de Finale
L’olympique lyonnais s’est imposé 1 but à 0 dans son huitième de finale aller de la ligue des champions 2009-2010 qui l’opposait au Real Madrid. Un score qui récompense une performance athlétique remarquable et qui sanctionne les errements tactiques et techniques des madrilènes, les deux étant fortement liés.
Dans ce contexte il n’est pas anodin de dire que c’est en ratant que Lyon marqua (car on peut appuyer sur le travail sans ballon de Lisandro il n’en reste pas moins que c’est en dévissant sa frappe du droit que Makoun de 18 mètres trompa Casillas) le seul but de la rencontre, eux qui ont par ailleurs raté à plusieurs reprises des choses qu’ils étaient en position de réussir là pour passer là pour conclure.
Performance athlétique remarquable, jugez plutôt. Parmi les 5 lyonnais qui parcoururent le plus de distance on retrouvait leurs deux hommes de couloir, Govou (5ème avec 10,687km à son actif et Delgado (2ème avec 11km158).
Errements tactiques et techniques, jugez plutôt. Là où le Real avait été convaincant contre Marseille en 4321, l’entraîneur de l’équipe madrilène en passa par de nombreux changements qui perturbèrent des joueurs quand ils ne les faisaient pas jouer hors de leur position préférentielle.
Ainsi Marcelo qui s’était rĂ©vĂ©lĂ© dans ce positionnement de milieu axial gauche fut plus que moyen dans un rĂ´le de latĂ©ral. Il ne fut pas au niveau dĂ©fensivement et offensivement, n’apporta pas un soutien suffisant pour que le système choisi fonctionne. D’autant plus que dans ce schĂ©ma l’homme qui le remplaça au milieu fut M.Diarra qui s’il a des qualitĂ©s a du mal Ă les exprimer, le fait d’être droitier n’aidant pas. Ni le latĂ©ral, ni les milieux Ă droite et gauche d’Alonso ne vinrent pourvoir les cotĂ©s (trop rarement pour ĂŞtre exact), rendant le jeu madrilène très lisible car axial. Ou quand il ne l’était pas, via des joueurs axiaux dĂ©-zonant alors c’est de soutien dans l’axe qu’il manquait.
Ainsi d’autres joueurs de la défense. Pour pallier l’absence de Pepe, il fit passer Ramos, arrière droit, dans l’axe gauche. Albiol qui occupait ce poste passant lui dans l’axe droit. Arbeloa, arrière gauche contre Marseille mais aussi contre Barcelone par exemple passait lui arrière droit.
Si le Real dispose de joueurs techniques, l’organisation participe au rendu dans ce domaine, et si cette dernière est défaillante alors on peut avoir du déchet. La seconde période fut particulièrement illustratrice à cet égard.
Lors de la première Lyon adopta d’abord une attitude très « volontaire » (pressing avec Lisandro :2 ; 3, dĂ©fenseur qui vont chercher haut leurs opposants comme Cris : 0 ;12) avant d’être plus conservateur, optant alors pour du jeu long (6 ;7 ;13 ;22 ;25 ;43), qu’il soit direct vers Lisandro ou orienter vers Govou (9 ;11 ;27) qui non content de revenir dĂ©fendre fit la misère Ă Marcelo, ce jeu sur les cotĂ©s (15 ;35 par exemple) et particulièrement le droit fut une autre des facettes du jeu de l’OL.
Le Real lui chercha Ă exploiter l’espace derrière la dĂ©fense mais plus d’une fois Cris veilla, interceptant (7;9;29;37;41). Les autres, on eut des retours de Toulalan, quand le compte n’y Ă©tait pas dans le « service » cotĂ© madrilène (25;27).
Le Real n’était pas des plus vaillants (quelques périodes de possession quand même : 14;17;20;23), Lyon ne déméritait pas, tout était réuni nous direz-vous pour que l’équipe locale s’exprime : c’était sans compter sur, la différence de niveau entre les deux équipes, et le déchet dans le jeu lyonnais qui allait les plomber (voir plus avant).
La première opportunité fut madrilène, Ronaldo temporisa après un contre puis donna à Kaka lequel chercha Granero. Sa transmission était trop longue (7).
Dans le dos de la défense Higuain était servi, Cris devançait Kaka sur la passe en retrait de l’argentin vers le brésilien.
Lyon répondait et à deux reprises on jouait de la gauche vers la droite :
On eut d’une part cette demi-transersale de Delgado reprise par Govou de volée : petit filet (9).
On eut d’autre part cette transversale de Toulalan vers Govou. Cette fois-ci l’international français contrôlait vers son pied gauche pour frapper de volée : c’était complètement raté (11).
À l’issue d’une période de possession, Ronaldo faisait la différence avec une talonnade dans l’axe, orientée vers la profondeur. Cris était battu mais Reveillère et Boumsong parvenait à contenir Higuain (14).
Nouvelle période de possession et le ballon passait de droite à gauche : Higuain donnait à Kaka lequel décalait Marcelo qui tirait croisé : ce n’était pas cadré mais Boumsong intervenait à propos devant Higuain à l’affut derrière lui (20). Dans la foulée, Granero voyait sa frappe déviée captée sans problème par Lloris.
Lyon péchait dans/à l’approche du but (Reveillère, Makoun puis Delgado : 18 ; Lisandro 19 ;31 ;32; Govou :28 ; Makoun :31 ; Delgado, Reveillère Cissoko : 39, Pjanic :44) mais c’était quand même eux qui se créaient l’occasion la plus nette de la période : un corner était repoussé dans l’axe, Delgado reprenait de volée aux 16 mètres sous la pression de Granero. Poteau sortant (40).
Juste avant la mi-temps (45), Pjanic tirait un coup franc coté ouvert : il ne trouvait pas de partenaire, sa frappe n’était pas cadrée : 6 mètres.
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« Disons le tout de suite: nous vendre les intentions qu’on a exposĂ© et titulariser des joueurs type Govou et Delgado serait de l’inconsĂ©quence la plus grave. Pour Govou ce n’est pas qu’il n’a jamais eu ces capacitĂ©s mais ce n’est plus un rĂ´le qu’il peut tenir physiquement en tout cas pas sans en payer le prix dans son domaine, l’offensif. » (prĂ©sentation du match)
Delgado et Govou ont jouĂ©! PlutĂ´t bien d’ailleurs, avec un travail important, ce que tu soulignes dans ton analyse. Je dois dire qu’a priori j’Ă©tais plutĂ´t de ton avis, et je le reste. Un match ne peut servir Ă Ă©dicter des règles, j’attends le retour avec impatience.J’ai Ă©tĂ© très déçu par le brouillon tactique offert par le real.
Ă quand le point sur le festival des commentateurs? C’Ă©tait juste ahurissant. Le Liza avec Benzema, ça faisait pas 2 secondes qu’il Ă©tait rentrĂ© qu’il avait fluidifiĂ© le jeu de madrid, 1/4 d’heure après il a Ă©tĂ© contraint de se dĂ©dire!
Je crois:
1 que le Real n’a pas fait assez travaillĂ© Lyon pour exposer les choix de Puel.
2 que tu peux te surpasser sur un match, comme tu le soulignes ce n’est pas avec des exceptions qu’on Ă©tablit des règles. Et le risque de l’exception je veux bien le prendre!
3 que le but Ă©tait indispensable Ă ce choix. On le dit d’Ă©quipe qui font un gros pressing (ndlr qu’elles doivent matĂ©rialiser l’avantage dans cette pĂ©riode de dĂ©pense physique), c’est de mĂŞme quand tu demandes du travail Ă des gens que cela peut affecter.
Maintenant je dirais que Lyon est en ballotage dĂ©favorable. C’est un progrès par rapport aux saisons prĂ©cĂ©dentes. D’un cotĂ© on peut dire que l’avantage est faible (un but dans le 1er quart d’heure Ă Madrid et les deux Ă©quipes sont Ă paritĂ©) mais de l’autre un but marquĂ© par Lyon et le Real doit en mettre 3 pour passer.
Le festival n’attendait qu’une connexion internet pour apparaitre!