Real Madrid 0 Liverpool FC 1 Analyse
25 février 2009 par Erwan Delcourt
Classé dans 8ème de finale
Liverpool s’est imposĂ© 1 but Ă 0 face au Real Madrid de Juande Ramos. Une victoire mĂ©ritĂ©e pour les hommes de Rafa Benitez qui se savaient supĂ©rieurs mais qui n’ont pris aucun risque car Liverpool tout en s’exposant davantage est moins dangereux quand il mène le jeu.
Le résultat visuel de cela ne fut alors peut-être pas superbe mais alors c’est vers le Real qu’il faut se tourner, incapable (on parle généralement) de produire quoi que ce soit ou presque de collectif, ne disposant d’aucun appui devant, et finissant par s’en remettre à des rushs individuels le plus souvent mené par Robben mais face à une équipe de Liverpool défendant avec deux lignes séparés de 10 mètres dans ses 35 derniers mètres, il n’allait jamais disposer de l’espace qui lui était nécessaire pour faire la différence.
Alors certains amateurs de Liga se surprendront peut-être du fait que Raul et Higuain ne firent pas illusion dans le jeu dos au but : c’est ignorer que des duo Carragher- Skrtel, il ne doit pas y en avoir beaucoup en liga. Cela était prévisible et cela fut largement confirmé, le jeu direct ou long ou via un appui au sol vers les attaquants était condamné à l’échec.
Le Real se disposa dans un 442 dans ce match : Raul et Higuain en pointe donc. La seule surprise fut la titularisation de Marcelo en milieu gauche. Gago et Diarra formait l’axe du milieu.
Un mot ici, Diarra pour toute sa bonne volonté n’apporta pas ce qu’on attend d’un milieu central dans un 442. Il essaya bien de mettre de l’impact physique mais il ressemblait plus à un kamikaze qu’autre chose. Quand à l’utilisation qu’il fit du ballon, c’était bien trop lisible (surtout quand il joua dans la verticalité) quand ce n’était pas simplement imprécis. Cette paire ne fit pas illusion face au couple Mascherano-Alonso. A la droite du milieu Robben.
En défense sans surprise on retrouvait de gauche à droite, Heinze, Cannavaro, Pepe et Ramos. Les deux centraux furent eux-aussi en difficulté particulièrement pour faire face au jeu long adverse.
Cela dit finalement toute la faiblesse du Real et la force Ă relativiser du championnat espagnol qui ne prĂ©pare pas aussi bien que la Premier League, de par l’absence de variĂ©tĂ© dans le jeu des Ă©quipes qui le composent mais aussi de ses joueurs. Ce qui fait que quand vient la ligue des champions, les Ă©quipes anglaises arrivent mieux prĂ©parĂ© Ă ce qui peut les attendre car le jeu « continental » y est pratiquĂ©, mais le jeu plus direct, voir long, aussi. A titre d’exemple, Arsenal, en jouant contre des Ă©quipes comme Bolton, Blackburn Stoke, est prĂ©parĂ© au combat physique.(Arsène Wenger, après la victoire au Real dont on reparlera en fin d’article, avait signifiĂ© qu’il Ă©tait Ă son Ă©quipe plus difficile de jouer Ă Blackburn oĂą il se rendait Ă l’Ă©poque après leur victoire 1-0 au bernabeu, que d’affronter le Real: ils perdirent d’ailleurs 1 Ă 0 ce match le 25 fĂ©vrier 2006)
Ce problème pour gérer le jeu long et direct de Liverpool le retrouva inversé pour le Real en attaque ou les joueurs locaux ne parvinrent pas à trouver efficacement leurs attaquants en appui que ce soit pour ressortir des ballons de phases défensives (8 ;34) ou dans le jeu pour trouver leurs attaquants (10 ;19 ;24 ;35). Ils essayèrent bien des changements de jeu avec des transversales (5 ;6 ;7 ;14 ; « 24 ») mais face à une équipe en place et avec comme l’équipe de Ramos un ligne de 4 à plat au milieu difficile de faire la différence. A cela s’ajouta du déchet comme cette passe de Gago vers Pepe(33) ou ce contrôle raté de Robben sur un contre (43).
Liverpool joua de son coté en 4411 avec en l’absence de Gerrard dans le 11 de départ un Kuyt replacé dans l’axe derrière Torres. Dans une équipe attendue, Benayoun prit sa place sur la droite du milieu.
Liverpool qui acta en deux temps dans cette première période : un premier où ils attendirent le Real dans leur partie de terrain pour les frustrer avant d’eux même prendre les devant et de se créer ce qui sera les meilleures occasions de cette première période.
Dans les deux cas la recette fut identique avec du jeu long vers Torres (10 ;27), Riera (1ère ; 7) mais surtout Kuyt et cela correspondit cette fois à la meilleure période de Liverpool (20 ;22 ;24 ;29 ;38 ;39 ;40 ;41 ;43). Lors de celle-ci Liverpool fut l’auteur via son pressing haut de plusieurs récupérations hautes (37 ;40) : leur travail de sape portait ses fruits. Cette présentation fut un peu longue, mais elle compense le peu d’éléments qui suit et qui correspond au contenu de cette première période :
La première occasion fut madrilène :
Diarra dans son style physique caractéristique s’imposait au milieu et donnait à Robben qui revint dans l’axe pour donner dans la surface et répondre ainsi à l’appel de Raul : ce dernier dans la surface contrôla puis frappa du droit mais n’inquiéta pas du tout Reina qui s’empara du ballon (4).
Dans la surface Raul était la reception d’une touche. Son ctonrôle bénificia à Marcelo tout près de lui qui frappa dans un angle fermé. Reina s’interposait (15).
Liverpool répondait via un 6 mètres joué long par Reina. Kuyt était cherché mais il ne dévia pas le ballon. Torres n’était pas hors jeu car il n’y en a pas sur 6 mètres. Mais il embarqua un peu loin son ballon sur son contrôle et ceci l’excentra. Il n’en tira pas moins dans un angle fermé ce qui força Reina à une parade pour mettre le ballon en corner. (20)
De nouveau Kuyt était recherché pour dévier un ballon. Cette fois, il donnait à Benayoun qui butait sur Casillas sorti de ses buts (22).
Le festival, qu’on pourrait relever à chaque match, des commentateurs Canal + était au rendez vous sur l’action suivante :
Carragher avait mis un centre en corner. Sur celui ci, Ramos au second poteau remisa vers le but pour Higuain qui marqua en deux temps mais fut signalé hors jeu. Le coup franc fut donc tiré, une fois les joueurs replacés, et alors Kuyt qui avait été de nouveau cherché fut signalé hors jeu. Laurent Paganeli s’insurgea alors, bientôt suivi de ses acolytes en disant que des erreurs flagrantes d’arbitrage on en voyait décidément à tout niveau et que de hors jeu sur un 6 mètres il ne pouvait y avoir. Sauf que ce n’était pas un 6 mètres qui avait été sifflé mais un hors jeu qui fut tiré en effet aux alentours des 6 mètres. Parenthèse refermée. (29)
Le Real ne disposant d’aucune solution collective dans son jeu, s’en remit à des initiatives individuelles : Ainsi ce rush de Marcelo qui se conclut par un tir du gauche à coté (36), ceux de Robben (38 ; 39) avec à chaque fois des frappes qui s’échappèrent du cadre, ou celui de Higuain conclut d’une frappe des 16 mètres du tibia (41). Après un corner joué à deux, Reina s’emparait sans faillir du ballon sur une frappe vers son premier poteau (43).
Ramos cherchait dans le rond central Higuain, Alonso avait tout vu et s’imposait au duel avant d’enchaîner d’une frappe de 50 mètres (qui nous rappela sauf pour sa conclusion défavorable ici son but à Anfield face à Newcastle le 20 septembre 2006) que Casillas d’une claquette mit en corner.
La mi-temps fut sifflée sur ce score de 0 à 0.
La seconde période fut moins palpitante encore pour deux raisons : le Real continua de nous étaler son incapacité à percer une défense regroupée, et Liverpool (comme Manchester la veille face à l’Inter même si Inter-Manchester fut un match différent) se montra dans l’attitude offensif moins généreux : l’idée était clairement d’éviter de prendre un but alors que la situation était sous contrôle.
Le jeu long du Real fut tout aussi inefficace qu’en première période (50 ;55 ;60 ;61 ;64 ;84 ;88 ;91 par deux fois), idem quand les attaquants furent cherché en appui (48 ;54) : c’est peu dire que quand vous avez à gérer le même type de jeu que celui pratiqué vers joueurs spécialistes comme Drogba, Heskey, Adebayor, voir ce type là de jeu mis en place vers des footballeurs comme Raul ou Higuain ne peut faire peur.
Du déchet il y eut encore, pour Higuain (51 ;54), Ramos (75), Guti (89) par exemple. Ils en revinrent de nouveau à la percussion individuelle, ce qui reste souvent aux équipes sans collectif. Mais Diarra n’était pas dans son registre ici, quand à Higuain, il décevait (78). Nous en verrons d’autres dans l’énoncé des opportunités de cette seconde période qui commence maintenant :
Après une fixation, Riera fut servi coté gauche. Son centre força une intervention de Casillas qui ne put se saisir du ballon : Benayoun donna alors à Kuyt qui centra vers Torres mais la défense se dégagea dans l’axe. Alonso effectua alors une volée du gauche mais qui ne fut pas cadrée (48).
Robben s’essayait à une percée mais son tir dans un angle fermé et du droit n’appelait aucune chose positive. Son tir termina dans le petit filet extérieur de Reina (52).
Un 1-2 entre Kuyt et Benayoun permettait à l’israélien de se lancer dans une course avec le ballon de 40 mètres. Finalement revenu dans l’axe (il était parti du coté droit), il décala sur sa gauche Riera qui fut contré dans sa frappe. (58).
Une percée d’Higuain se concluait par un centre dans le petit filet (62).
Celle qui suit fut de Robben et son tir de l’extérieur de la surface fut cette fois cadré. Mais droit sur Reina, il était dévié en corner d’une claquette du portier espagnol (70)
La supériorité collective et individuelle de Liverpool était récompensée, ceci en réponse à l’affirmation de Aimé Jacquet (90) disposant que ces deux équipes étaient d’un même niveau ce qui nous semble complètement aberrant dans la comparaison individuelle des joueurs en présence mais surtout dans l’expression collective de ces deux équipes que ce soit défensivement (le Real ne put s’exprimer en attaque) alors que Liverpool en impliquant bien moins de joueurs créa le danger dans le camp madrilène.
L’action du but s’avéra révélatrice. Kuyt (moins complet qu’Higuain ?) ne semblait pas menaçant en attaque, mais Heinze (meilleur que Fabio Aurélio ?) commit une faute sur le néerlandais. Aurélio se chargea du coup franc qu’il tira rentrant. Le Real défendit en reculant dans ses 6 mètres ce qui n’est jamais bon signe et toujours un avantage pour l’équipe qui avance et attaque. Benayoun de la tête ouvrait le score, reprenant le ballon de trop près pour permettre à Casillas d’intervenir. 0-1 (81).
Score final pour une équipe de Liverpool dont on ne voit pas comment elle pourrait ne pas se qualifier pour les ¼ de finale ce cette ligue des champions 2008-2009.
Nous terminons cette article en nous inscrivant en faux contre l’affirmation suivant laquelle la dernière fois qu’un club anglais a battu le Real au Bernabeu c’était : Arsenal, en phase de poule, lors de la saison 2005-2006. Oui c’était Arsenal, oui c’était lors de la ligue des champions 2005-2006 mais non ce n’était pas en phase de poule mais lors des 8ème de finale aller. Il n’y a rien de plus indigne que de tromper sur les faits.
STATISTIQUES et REMPLACEMENTS:
Distance parcourue Real/Liverpool : 105.254 km / 108.110 km
Possession Real/Liverpool: 57/43Â Â Â source: uefa.com
Remplacements : Guti (Marcelo 45); Torres (Babel 61), Riera (Gerrard 87), Kuyt (Lucas 91).

