Manchester City vs Liverpool Analyse

24 aoĂ»t 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans Championnat

Manchester City a battu Liverpool sur le score de 3 à 0 à l’occasion de la deuxième journée du championnat d’Angleterre (Premier League) 2010-2011.
Barry ouvrit le score pour les joueurs locaux avant qu’en seconde période Tevez par deux fois n’aggrave la marque.

Les hommes de Roberto Mancini abordèrent la rencontre dans un 433 où la pointe du triangle au milieu du terrain n’était pas devant la défense (comme dans le cas d’un Makelele à Chelsea par exemple) mais devant les deux milieux centraux. Sur les ailes, l’entraîneur italien opta pour mettre les joueurs sur le coté qui correspondait à leur pied faible. Ainsi le droitier Milner (arrivé dans la semaine précédente de Aston Villa) se positionna à gauche et le gaucher A.Johnson prit lui le couloir droit.
Manchester City pratiqua un jeu très varié avec du jeu long pour des seconds ballons (27, 31), des appuis (29,34) avec Tevez (l’attaquant de pointe), des percussions individuelles avec A.Johnson (3, 22, 29,37). Il y eut aussi et surtout ce jeu de passe visant à déplacer l’équipe adverse dans la largeur (20, 21, 22, 28, 29, 29, 34).
Le point commun (qui en fut la source) de la réussite de cette tactique ce fut la compacité de l’équipe locale qui permit ici d’être à la récupération des renvois de la défense adverse, ici de soutenir l’attaquant quand ce dernier avait le ballon dos au but de Reina, là de mettre ses joueurs offensifs en position de provoquer la défense adverse dans une zone intéressante pour ce faire, le dernier tiers du terrain.
En face Liverpool n’eut pas cette compacité. En découla un problème face à une équipemancityliverpool qui ne rencontrait pas cette difficulté et qui expérimenta de longs moments en possession du ballon (62/38 en leur faveur à la 26ème minute, 63/37 à la 41ème minute). L’allongement nécessaires des passes pour trouver des partenaires vers l’avant si on excluait une conduite du ballon préalable qui aurait eu comme avantage la réduction des distances mais comme désavantages le ralentissement du jeu et la possibilité de perdre le ballon dans l’aventure. Ainsi Gerrard (qui avait dans ces moments Y.Touré dans sa zone) vit plusieurs (13 ;25) de ses passes interceptées par des joueurs locaux.
Les deux autres problèmes pour l’équipe de Roy Hodgson, ce fut d’une part le fait que pour des raisons diverses plusieurs de ses joueurs apparurent trop tendres. Cela apparaît conjoncturel pour un Torres en phase de reprise, d’avantage structurel pour le français Ngog.
Qui tenta beaucoup et rata dans des proportions tout aussi importantes. Ainsi des tirs cadrés mais trop mou (5 ;33), des duels perdus (17,30,35) ou une conduite de balle approximative (39).
Cela fut d’autant plus fâcheux que opérant dans un 442 avec un milieu à plat et face à un système avec 5 milieux, le travail d’un ou des deux attaquants était impérieux pour venir compenser cette infériorité. On ne peut pas dire que Ngog, pour prendre son cas, ne tenta pas de répondre présent (ainsi cette faute dans son camp sur A.Johnson :4) mais il ne fit pas le poids dans un contexte qu’on a évoqué et qui était déjà peu favorable aux visiteurs.
La première occasion de la rencontre fut à mettre à l’actif des joueurs locaux.
Hart assura mal une relance qui fut interceptée par Jovanovic. Ce dernier poussa son action sur le coté et centra en retrait. Torres fut contré et cela initia le contre pour City. In fine Milner essaya de centrer de la gauche. Il obtint une touche. Suite à celle-ci le ballon passa de la gauche à l’axe droit. A.Johnson servi, s’essaya à une frappe décroisée qui termina sur la droite des buts de Reina (7-8).

4 minutes plus tard, City ouvrit le score. Touré parvint à conserver le ballon aux abords de la surface de réparation avant de remettre derrière lui. Puis A.Johnson en donnant entre Jovanovic et Agger parvint à trouver Milner venu apporté son concours coté droit. L’anglais centra en retrait pour son compatriote Barry qui eut un peu d’espace grâce à l’appel vers le premier poteau de Tevez. Sa reprise décroisée du gauche fit mouche : 1-0 (12).

Gerrard voyait sa transmission interceptée. Le ballon échoyait vite ensuite à Touré qui lançait vers la profondeur Tevez. Gêné par un défenseur il parvint malgré tout à tirer vers le premier poteau. Le ballon termina dans le petit filet extérieur des buts de Liverpool (13).

Le jeu passait de droite à gauche sur l’action suivante. Milner centrait rentrant. Agger devança son opposant mais Barry (à l’extérieur de la surface) hérita du renvoi. Il tirait au but mais sans parvenir à trouver le cadre (20) ce qui mit fin à une action où, « au départ », on avait eu Tevez sollicité en appui.

À l’issue de plusieurs changements de coté, Lescott adressait un centre. Agger devança Touré dans les 6 mètres pour mettre en corner (29-30).

A.Johnson percutait ballon au pied puis frappait vers le premier poteau, à coté (37).
A.Johnson passait devant lui à Richards. Qui s’imposait dans son duel puis réalisait une passe courte vers la surface. Tevez dribbla vers son pied gauche puis tira au but. Ce fut dévié en corner (39).

La réponse de Liverpool intervint peu avant la pause. Cela partit d’un 1-2 dans l’axe aux alentours du rond central entre Jovanovic et Gerrard. Après cet échange de passe Jovanovic décala légèrement Torres qui donna ensuite en retrait pour Gerrard. Ce dernier tira sans contrôle du droit d’environ 20 mètres. Sa frappe dévissée termina en 6 mètres (44).

La seconde période se déroula dans l’ensemble dans le ton de la première. Manchester City ajouta un deuxième but. Tevez trouvé dans la profondeur donna à A.Johnson en retrait. Ce dernier fut ensuite contré en corner. Tiré par Milner ce dernier fut repris par Richards qui prit ici le meilleur sur Jovanovic. Sa tête orientée vers le but fut légèrement reprise en se retournant par Tevez ce qui contribua à tromper « à bout portant » Reina, le ballon passant entre les jambes du portier espagnol. Johnson ne put rien: 2-0 (50-51).
Liverpool réagit avec une frappe de Gerrard sur le poteau. Le ballon « ricocha » dans un deuxième temps sur Hart puis Kuyt se démena pour donner en retrait à Jovanovic qui décala Ngog lequel tira (d’environ 8 mètres) vers … le milieu du but. Hart détourna et se releva promptement pour contrer de près Torres (56).
Mais c’est Manchester City qui ajouta un troisième but. Le jeu passa d’un coté à l’autre et in fine A.Johnson provoqua Agger. Il dribbla vers son pied droit puis parvint à rester debout après avoir un temps perdu l’équilibre. Une fois ce dernier repris, il crocheta de nouveau et fut alors mis à terre par l’intervention de Skrtel. L’arbitre indiquait le point de penalty. Tevez marqua d’un tir croisé qui prit à contre-pied Reina : 3-0 (66).

C’est sur ce score que se termina la rencontre. Que dire pour conclure ce propos ?

Que cette rencontre ne nous a rien appris de nouveau sur City quant à la capacité de cette équipe à s’exprimer quand elle n’a pas de façon très large la possession du ballon. Et ce positionnement de Y.Touré (différent de celui qui fut le sien à Tottenham il y a un peu plus d’une semaine) pourrait poser problème dans une optique de ce genre. En effet il pourrait se trouver être éliminé rapidement par une passe. Ce qui forcerait (dans le cas d’une opposition parvenant à conserver le ballon à l’issue de cette première transmission) un replis général de l’équipe (on pense ici aux ailiers). Et alors on serait renvoyé aux problèmes (visibles dans le match précédant) pour ressortir le ballon depuis une position très basse et à la viabilité pour ce faire de Tevez en pointe.

Qu’en ce qui concerne Liverpool semble se poser la question de la largeur en qualité de l’effectif si en tout cas le choix du 442 est celui effectué par Roy Hodgson. Ngog a-t-il le niveau pour accompagner Torres et son équipe n’y perd-elle pas beaucoup en phase défensive et consécutivement dans un second temps en phase offensive ? J.Cole par sa polyvalence semble un compromis ici, mais il semble aussi la seule réponse. Sauf à considérer que Gerrard ne remonte d’un cran comme à l’époque de Benitez. Les différences par rapport à la saison 2008-2009 par exemple, c’est une équipe qui a vieillit, et qu’il n’y a plus X.Alonso au milieu.

Premier League J V N D BP BC Pts
1. Chelsea 2 2 0 0 12 0 6
3. Man United 2 1 1 0 5 2 4
4. Man City 2 1 1 0 3 0 4
17. Liverpool 2 0 1 1 1 4 1
20. Wigan 2 0 0 0 0 10 0

Dans ce contexte, la ligue Europa, si elle n’est pas considérée comme un moyen de donner du temps de jeu aux réservistes, pourrait faire très mal aux ambitions des reds en championnat.

Les résultats de la deuxième journée sont consultables en cliquant ICI.

Remplacements

Manchester City: Torres (Babel 77), Jovanovic (Pacheco 85).
Liverpool: Y.Touré (Zabaleta 84), Tevez (Jo 84).

Comments

Une Réponse pour “Manchester City vs Liverpool Analyse”
  1. dustylo dit :

    En effet, Liverpool semble une Ă©quipe au bord de la retraite…

    Pour ce qui est des choix de Mancini (Tevez en pointe), ne peut-on pas penser qu’il ait en tĂŞte des rĂ©ponses pour affronter une situation que tu Ă©voques, Ă  savoir le fait de ne pas avoir le ballon, de devoir le remonter de loin pour attaquer? Ici je pense Ă  Adebayor, qui a le profil pour faciliter le jeu long (Ă  condition toutefois que les relanceurs aient cette facultĂ©…). De plus, il y a quand mĂŞme une sacrĂ©e explosivitĂ© sur les ailes, et de la gĂ©nĂ©rositĂ©, ce qui peut aider aussi pour mettre un terme aux phases de possession adverses.

    Cela dit, je n’ai pas vu le match vs Tottenham, lors duquel il semble que City ait couru beaucoup après le ballon. Match sur lequel tu t’appuies pour Ă©voquer les limites de ce 4-3-3.

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