Et de 16 pour Federer

31 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, Open d'australie

Roger Federer a remporté un 16ème titre du grand chelem, son 4ème en Australie, en prenant le meilleur sur Andrew Murray.

C’est la deuxième fois que l’écossais s’incline à ce stade en grand chelem et en 3 sets (le précédent, à l’us open en 2008) face à l’actuel numéro 1 mondial qui renforce sa position, lui qui n’avait été que finaliste l’an passé, battu par Rafael Nadal (article).

Le suisse a construit sa position dans ce match avec un jeu de défense et de contre particulièrement bien huilé. Il lui permit même, en ce qu’il renversait les échanges ce faisant de conclure au filet ces rally.

Jeu de défense et de contre, on pense à ces slices, alternées avec des balles liftées, ces passings, ces contres (qui suivaient ces balles de natures différentes) en prenant tôt la remise de son adversaire.

L’avantage de ces balles, liftées et slicées, c’est leur sécurité. Elles lui permirent d’être régulier du fond, mais aussi de trouver des angles. Quel régal que ceux qu’il put trouver, court croisé, en revers. Son service dans l’ensemble répondit à ses attentes et elles sont grandes envers cet élément qui lui permet en ce qu’il lui offre des points directement gratuits ou dans son immédiate suite de conserver assez d’énergie pour alimenter son choix de jeu.

federeraustralieEn face Murray aborda ce match avec une attitude étrange. D’un coté il disait à qui voulait l’entendre que pour battre Federer il lui faudrait jouer le match parfait. D’un autre il répondait quand on lui rapportait que le suisse avait pu être agacé de ses défaites contre lui que si la cause de cet éventuel agacement était de ne pas avoir joué son meilleur tennis, il était dans le même cas. Difficile de faire mieux pour se contredire.

Le résultat sur le terrain ce fut deux approches : la première avec une attitude attentiste de laquelle il sortit mené 1 set 0 et un break. La seconde où il chercha à imprimer un tempo plus élevé à l’échange. Il servit pour le set à 5-3 dans la 3ème manche.

Dans la première partie du match pour lui, il réalisa trop d’erreurs, servit trop peu de première (42 % dans le premier set) pour ses ambitions de jeu. Dans la seconde il ne se montra pas assez solide en coup droit notamment pour confirmer l’avantage qu’il parvenait à créer.

En face de lui il avait aussi un défenseur de classe et d’ailleurs des deux joueurs il semblait le plus entamé en fin de rencontre.

Comment réaliser l’analyse de ce match set par set et voir comment les différences se sont effectuées ?

En revenant sur la façon dont les écarts se firent et défirent et sur la façon dont ils furent ou pas confirmer, c’est ainsi que nous allons procéder.

Set 1

On parlait des fautes de Murray eu égard à ses options de jeu. Ainsi son coup le plus fiable (le revers) lui coûtait par exemple un point par jeu dans les 5 premiers. Il concédait le break dés son premier jeu de service. Peu de première (2/5), une double même à 0-15 et en positif pour le suisse du lift en revers qui fixa Murray coté revers, cela lui permettant de jouer gagnant avec le sien coté opposé : 0-40.

Puis du lift qui repousse et un coup droit gagnant sur une remise courte : 2-0.

Ce break, Federer allait le céder comme cela lui arrive parfois, en sortant de sa filière pour attaquer. C’est une chose en effet de gagner statistiquement un point au filet APRÈS qu’un contre où une balle liftée ait créé une différence décisive sur laquelle on peut s’appuyer depuis l’intérieur du terrain pour conclure avec aisance au filet. C’en est une autre d’aller au filet derrière une attaque sur une balle normale (et non sur une balle courte résultat d’un contre ou d’un lift renvoyé court) ou/et réalisée avec l’intention de suivre l’attaque vers l’avant. « Ainsi » le débreak à 2-0 :

Federer était passé trois fois (à 15-0 après un amorti), à 15-30 (en deux temps) puis 15-40 (de nouveau en 2 temps) : 2-1.

Autre illustration de ce point à 2-2. Si Federer conserva son service grâce à une faute de Murray (en revers) puis un service faisant la différence en 2 (à 30-40) ou un temps (deux aces pour finir le jeu), il fut mené 15-40. Comment ? cherchant à faire la différence sur ses premiers coups il explosait en coup droit (15-30) il voulait monter sur une balle pourtant courte mais son approche était médiocre : il sortait sa volée sur un passing de l’écossais.

Le break décisif intervint à 4-3. Murray démarra on ne peut plus mal ce jeu avec une double faute et sur un retour bloqué de première, une faute directe en coup droit. Après un service gagnant, il déjoua la défense du suisse pour revenir à 30-30. Mais à cet instant Federer travaillait son adversaire dans la diagonale revers. En l’excentrant avec un revers lifté court croisé pour contrer coté opposé via un coup frappé du fond en ½ volée avec son revers.

Le suisse déplaçait son adversaire vers son coté coup droit, puis allait conclure coté opposé en tournant son revers : 5-3.

Si Federer disposa de points gratuits au service (en 1, une occurrence à 15-0, ou deux temps sur un retour court, une occurrence à 30-15) il pouvait aussi faire travailler son adversaire quand il engageait. Ainsi du slice à l’échange et Murray qui fait la faute en revers (15-0), de même à 30-0 mais cette fois il perdait le point. À 40-15 il sortait son opposant avec un revers lifté court croisé : Murray à la désespéré tentait de faire passer la balle à la droite du filet : il échouait : 6-3 en 43 minutes.

Set 2

L’attitude dans l’ensemble attentiste de Murray, le fait qu’en général (contrairement à un Nadal au lift et jeu de gaucher) les revers qu’il jouait dans la diagonale ne faisait pas mal à celui du suisse firent, en plus d’un service qui ne passe pas, qu’il était « dirigé » par son adversaire. Cela continua dans cette deuxième manche. Ainsi ce break blanc à 1-1 :

Federer alternait slice et lift puis déplaçait Murray vers son coté coup droit. Il poursuivait avec un revers court croisé : Murray cédait : 0-15. Le suisse montait vers le revers de Murray derrière une approche moyenne : Murray ne parvenait pas à faire passer le filet à son passing : 0-30. Il effectuait derrière son service une volée de coup droit lifté : passing gagnant du suisse : 0-40. Federer prenait tôt au retour puis sur son second coup de raquette, s’appuyant au maximum sur la balle adverse : Murray cédait en coup droit : 2-1.

Le numéro 1 mondial dans la suite du set fut tout près de réaliser un nouveau break : à 3-1 mais Murray écarta 2 balles de 4-1 1 en adoptant une approche plus agressive, au service (car son manque de première eu égard à ses échecs ne semblaient pas effectuées pour faire mal, on pourrait d’ailleurs y voir un effet pervers) mais aussi à l’échange. Il allait commettre des fautes ce faisant (ainsi au jeu 6, les deux premiers points du jeu où Federer lui faisait, par sa défense et avec succès, jouer le coup de plus) mais alors elle se justifiait par la prise de risque qu’engendrait sa stratégie.

Federer eut d’autres occasions de break, à 4-2. Il se détacha 0-40, via une faute de son adversaire (en coup droit), un contre sur une attaque qui lui procura une balle courte sur laquelle il réalisa un amorti et un retour gagnant. Une erreur en coup droit, deux coups gagnants de Murray (service et coup droit). Il retournait bloqué, puis déplaçait Murray vers son coup droit : 3ème balle de break : en voulant accélérer long de ligne, sans différence créée au préalable, il se manquait : 40-40. Murray s’en sortait : 3-4.

Mais le break acquis à 1-2 fut suffisant pour le suisse très performant au service (cf 3 points acquis directement ou en 2 coups dans le jeu 6, 4 points sur 4 dans le jeu 8, 3 points sur 4 dans le 10) qui concluait cette manche en enchaînant contre de coup droit dans la diagonale et coup droit coté opposé gagnant : 6-4 en 46 minutes.

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  1. un service gagnant à 15-40, un revers gagnant vers le coup droit adverse alors que Federer avait réalisé un lift énorme, un autre service gagnant puis un revers gagnant avec de l’angle : 3-2.

Hénin était trop juste

30 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, Open d'australie

Serena Williams a remporté son 5ème open d’Australie en battant en 3 sets la belge Justine Hénin.
williamsfinaleCette dernière pourra nourrir des regrets car elle sembla être au dessus de son adversaire. Seulement elle pécha par irrégularité dans ses coups offensifs (on pense à ses retours pris de seconde frappés depuis l’intérieur du court), et au service où elle engagea trop peu de première. Ce manque de constance l’a accompagné pendant plusieurs matchs de ce tournoi mais là elle l’a payé face à la numéro un mondial dont le service lui aura permis de rester dans le match.
Car une adversaire ne disposant pas d’un service lifté comparable au sien sur seconde, c’est à dire à des vitesses respectables aurait cédé sur les initiatives d’Hénin au retour. Là, la belge rata trop sur secondes. Son ajustement en fin de set 2 et surtout lors du set 3 (nous le développerons) fut, à cet égard, trop tardif et une dernière baisse de régime la condamnait à la défaite en 3 sets.
Elle ne réussissait pas, comme Clijsters à l’us Open (elle eut un tournoi préparatoire de moins et une période entre le premier tournoi de reprise et le grand chelem plus réduite) l’an dernier à s’imposer dés son retour en grand chelem. Cette défaite ne saurait être inutile cependant dans les enseignements qu’elle en tirera pour la suite.
Précisons de suite (par rapport à ce qu’on a dit précédemment) qu’ici l’attente n’était pas qu’Hénin réussisse tous ses retours ni qu’elle ne passe que des premières, mais que les ratio réussite/tentative d’une part, première/seconde soit meilleurs pour ne pas l’handicaper comme elle le fut.

Set 1

Justine Hénin marqua sa volonté d’être entreprenante dans ce set. Cela fut particulièrement remarquable à sa volonté de retourner les secondes de Williams depuis l’intérieur du terrain. Dans ce set elle se procura des balles de break sur 4 des 5 jeux de service de son adversaire.
La cadette des Williams tint grâce à son service. Contradiction, paradoxe par rapport à ce qui précède.
Non dans la mesure où Hénin fit face à la chose suivante : sur la première elle ne fut pas toujours sur la balle mais quand elle l’était parvint à faire des retours qui si ils ne firent pas toujours mal du moins lui permettaient d’engager l’échange. Alors que sur la seconde, elle fut régulièrement sur la balle mais la nature du service (un service kické, c’est à dire lifté qui rebondit fort après le service à la différence d’un service slicé), son intention décrite plus haut firent qu’elle cèda trop de points sur ces secondes en ne pouvant contrôler le lift orienté qu’elle prenait en revers.
Il faut ici préciser que Hénin joue son revers à une main et pour excellent qu’il soit, le plus haut elle doit le jouer le plus difficile il est à contenir. La seconde de Williams rebondit haut disions nous, cela veut dire que même en retournant depuis l’intérieur du terrain, elle pouvait avoir une balle à jouer au niveau de l’épaule. Comme toujours prendre plus tôt comporte un risque (contrepartie du fait que cela permet de frapper à une hauteur plus proche de l’idéal) principal : contrôler l’effet, un effet qui diminue à mesure que l’on s’éloigne du rebond.
Hénin eut donc des opportunités, elle mena 15-40 dans le jeu 1, 30-40 dans le jeu 3, 15-40 de nouveau dans le jeu 5 et 7.
Si l’on examine ces balles de break on voit que :

Pour ce qui est du jeu 1, Williams écarta la première en temps en comptant son service, puis sur une seconde kickée que Hénin boisa en revers. Dans ce premier jeu, à 4 reprises Hénin perdit des points sur un service de ce type : 1-0.

Pour ce qui est du jeu 3, c’est via ace extérieur que Williams recolla à 40-40. Au décompte des secondes kickées, c’est 3 points que l’américaine empocha via ce coup :2-1.

Williams breaka elle au jeu suivant. Hénin se révéla approximative dans ses coups d’attaques, qu’il s’agisse d’une volée de revers laissant son adversaire dans le jeu pour un passing de coup droit (0-15), d’une double faute (0-30), d’une seconde qui l’expose (revers gagnant : 0-40), ou d’une faute directe sur son second coup de raquette alors que le retour était retombé dans le carré de service : 3-1.
Ici nous avons mis tous ces éléments dans le même panier mais pas par facilité. Car quand on veut prendre l’initiative, ce qui semble être l’ambition d’Hénin depuis son retour, on ne peut se passer d’une première qui passe régulièrement. Le service est un élément qu’elle a travaillé. Sa seconde s’est améliorée. Mais c’est une chose d’en mettre (de la puissance ndlr) en première pour éviter d’être agressée (quand on joue contre Williams en plus de ses intentions c’est un élément à prendre en compte) c’en est une autre d’en arriver au résultat de dépendre de sa seconde sur plus de la moitié de ses services comme ce fut le cas dans ce premier set (48% au total). Et même si on l’a dit, sa seconde est plus que respectable, cela ne saurait être suffisant contre Williams. Ici, pour être compris nous dirons que ce n’est pas sa seconde qui est en cause, c’est la proportion qu’elle dut en engager.

Pour ce qui est du jeu 5, Williams sauva la première balle de débreak d’un service au T gagnant. La seconde fut plus particulière. En ce que le point fut disputé deux fois. La première fois Hénin, avec une volée courte pour finir un rally, semblait parti pour gagner le point, mais un juge annonça sa volée faute avant de se reprendre, de telle façon que le point fut rejoué. Et Williams servait de nouveau gagnant au T. Williams gagnait son jeu pour mener 4-1.

Pour ce qui est du jeu 7, Hénin breaka à sa seconde opportunité. Williams revint à 30-40 en temps derrière son service. L’issue fut différente au point suivant car son deuxième coup fut défendu, en l’espèce via un contre de coup droit dans la diagonale. La belge revenait à 4-3 en jouant dans le replacement de l’américaine : 4-3.
Deux jeux blancs nous amenaient à 5-4 Williams. Hénin était en sursis avec son service et Williams n’hésita pas à aller la chercher coté revers, coté estampillé fort de la belge.
2 doubles fautes, deux aces (dont un sur seconde)et un point gagné vers le revers d’Hénin donnaient une balle de set à Williams. Elle l’éffacçait d’un service vers le coup droit adverse 40-40.
Williams faisait mal à Hénin coté revers qui cédait faute de pouvoir contenir la puissance adverse. L’américaine retournait profondément une première à 170 sur la balle de set N°2. Plus avant dans l’échange, Hénin cédait en revers : 6-4 en 51 minutes.

Résultat Finale Femmes

29 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, open d'australie

Vous pouvez consulter ici le résultat de la finale féminine de l’open d’Australie 2010 de tennis ayant opposé Y à Y (lire Article ICI) C’est un tableau complet avec des liens vers chacun des tours et parties de tableau. L’open d’Australie est le premier des 4 grand chelem de l’année (suivront Roland Garros Wimbledon et l’Us Open).

1 er Tour Tableau 1 2 3 4
2ème Tour Tableau 1 2
16 ème de Finale
8ème de Finale
Quart de Finale
Demi Finale
Finale
Serena Williams (1) 6 3 6 Serena Williams (1)
v                                    Analyse
Justine Henin 4 6 2

Federer vs Tsonga Analyse

29 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, Open d'australie

Roger Federer affrontera Andrew Murray en finale de cet open d’Australie 2010 après sa victoire en trois manches, 6-2 6-3 6-2, sur le français Jo Wilfried Tsonga.
Ce dernier n’aura pas pesé lourd jouant dans la main du suisse. Du temps a coulé depuis sa demi-finale 2008, Tsonga a peut-être élevé son niveau général moyen (en progressant du fond, en étant plus endurant), mais ce n’est pas avec un niveau général moyen qu’il avait pris le meilleur sur Nadal pour enthousiasmer la foule et ce site.
melbourneC’est en pratiquant un jeu d’attaque dans ces deux composantes à savoir depuis le fond de court et derrière son service. Si on devait faire le bilan des progrès dans ce secteur précis, ils sont nuls pour dire le mieux, car le « statut quo » en tennis ne peut il être vu différemment que comme un recul ?
Il est nul au mieux car à chercher à gagner en endurance, à la tenue des échanges longs, il a raréfié ses évolutions vers l’avant. Si on est d’accord pour acter que c’est la répétition des situations au filet qui fait la qualité dans ce secteur, on voit que y allant moins il avait peu de chance de progresser que ce soit au filet ou dans ses approches.
En raréfiant ses apparitions vers l’avant, il s’est peut-être facilité la tache pour arriver en ¼, c’était c’est et ce sera à confirmer, mais le niveau général moyen ne suffit pas face à des joueurs comme Federer. Il doit alors revenir à son premier amour, ce style qui fut le sien contre Nadal il y a deux ans, mais alors le fait que dans ses coups d’approches et au service il ne se soit pas amélioré (zones trouvées par exemple) au point de ne pas exister si sa première lui fait défaut, qu’au retour il soit en général trop en difficulté pour ne serait-ce qu’engager l’échange à parité le condamne en plus du manque de pratique de l’exercice.
Rappelez-vous ce 1er tour contre à Wimbledon l’an passé. Il ne jouait pas contre un cador (Golubev et pourtant il était resté au fond, considérant l’attaque impossible désormais à Wimbledon bien qu’il avait déclaré l’inverse quelques jours plus tôt.
Car pour transformer une performance exceptionnelle en performance habituelle, il aurait fallu progresser dans les secteurs évoqués. Au lieu de cela il est aujourd’hui condamner à espérer le jour de grâce, les jours J (des ¼ à la finale) et gagner deux fois, encore plus 3, à la loterie s’approche de l’impossible.

Dans ces conditions il n’avait aucune chance face au suisse et fut logiquement puni en 3 sets et 1h28. Quelle claque !

Set 1:

Les statistiques sont trompeuses, on ne compte plus nos avertissements à ce sujet. Ainsi celui qui regarda cette rencontre via les statistiques aurait grande chance de se faire berner.
Regardons ce premier set : Federer l’attaque en dominant au service. Tsonga remise mais court. Le suisse réalise donc des coups gagnants sur des balles où tout autre issue pour un joueur de son niveau serait indigne. Ce faisant on lui compte un coup gagnant (parfois même une approche vers le filet gagnante) de la même façon qu’on lui en compterait un s’il frappait un coup droit gagnant depuis la ligne de fond de court, autrement plus difficile.
Ce faisant aussi, les statistiques ne font pas apparaître l’importance du service autant qu’il serait juste de le faire, comme ce serait le cas avec des services gagnants ou des aces. Pourtant ici c’est le service qui fit la différence lui permettant de frapper des coups gagnants en coup droit sur le premier point du match puis à 15-30. Des aces et services gagnants il en fit aussi, un dans ce premier jeu, 3 dans le 3ème.
Ce qui marqua dans ce set ce fut la différence dans la qualité des retours. Car Federer ne servit pas que des premières, Tsonga renvoya une partie des secondes mais à quel prix cela se fit : au prix d’un positionnement lointain (parfois au delà du niveau Melbourne) qui le mirent sous le joug de son adversaire dés le deuxième coup de raquette. Alors certes la balle qu’il proposait ne permettait pas à Federer de s’appuyer dessus mais le temps dont il disposait pour âgir faisait plus que compenser ce désavantage. Cela lui permit  dernier d’enfoncer Tsonga particulièrement coté revers, ainsi au premier point du jeu 3, au dernier du jeu 5, puis au jeu 7 sur les 3 derniers points.
Et lorsqu’un échange s’engageait à parité comme à 3-1 30-30, Tsonga pouvait se montrer trop tendre (quand il ne tournait pas son revers pour délivrer un coup droit qui ne faisait pas la différence), il ne gênait pas Federer et finalement c’est lui qui craquait. Il n’eut jamais de balle de break dans ce set.
Quand Tsonga servait ce fut différent avec une forte dépendance en première (et encore cela ne suffisait pas toujours). Il perdit son service à deux reprises dans ce set :

À 2-1 Federer retournait profond et punissait Tsonga sur la balle suivante : 0-15. Servant une seconde il s’exposait au slice, son revers finissait dans le filet : 15-30. Federer tournait son revers pour retourner décroisé : Tsonga ne pouvait que remiser : nouvelle punition près du filet : 15-40. Deux premières, orientées vers le coup droit adverse, le ramenait à 40-40.
On a parlé du service de Tsonga, de ses orientations, de la qualité ou pas de ses coups d’attaques, des retours de Federer, pas encore du jeu de défense de ce dernier.
Le coup de plus devenait le coup de trop et Tsonga sortait un coup droit. Il attaquait droite-gauche sur le point d’après mais était passé en 2 temps : 3-1 pour Federer.
À 5-2, Federer défendait en slice dés le retour, le français expédiait un coup droit en couloir : 0-15. Il cédait dans la diagonale des revers : 0-30. Une double faute et un Tsonga qui explose face à la défense longue du numéro 1 mondial et c’est ce dernier qui l’emportait 6-2 en 30 minutes.

Set 2 et 3

On retrouve dans ces deux sets les ingrédients du premier à savoir un Federer dominant au service (7 points concédés sur ses 9 derniers jeux de service), performant au retour, présent en défense et dans l’ensemble pas inquiété à l’échange où il aima construire ses points autour du revers du français. Tsonga, de son coté, n’eut pas les armes de ses ambitions. Indice de la différence entre les deux hommes ces retours volés sur seconde du suisse. Ils ne furent pas nombreux (2 retours volées dans le 2ème jeu de service de Tsonga dans le set 3, il prendra le service adverse à la seconde opportunité sur une faute directe du français en revers) mais comment Tsonga aurait pu envisager cette possibilité en se plaçant loin de sa ligne pour relancer.

Statistiques du Match
Federer Tsonga
% de 1er service 64 % 56 %
Aces 4 6
Double fautes 0 5
Fautes non provoquées 13 27
Pts gagnés sur 1er service 84 % 69 %
Pts gagnés sur 2d service 68 % 39 %
Coups gagnants (dont service) 33 21
Pts gagnés sur service adverse 41 % 22 %
Balle(s) de break convertie(s) 5/10 (50 %) 0/0 (0%)
Approche vers le filet (% de réussite) 73% (22/30) 52 % (13/25)
Total de points gagnés 85 54
Service le plus rapide 208 km/h 207 km/h
Vitesse moyenne du 1er service 190 km/h 189 km/h
Vitesse moyenne du 2d service 152 km/h 146 km/h
Source : australianopen.com

Ainsi il fut breaké à 3-2 dans la deuxième manche : Federer le fixait en revers puis allait plein coup droit avec un revers long de ligne : 0-15. Un retour bloqué en coup droit sur une première adverse permettait à Federer de développer une stratégie similaire coté opposé. In fine cette fois c’est d’un revers dans le replacement de coup droit du français qui concluait le point : 0-30.

Federer était dans le terrain à 30-30 pour relancer une seconde, il se procurait une balle de break avec une volée de coup droit lifté.

Tsonga défendait bien sur un autre retour depuis l’intérieur du terrain sur une seconde balle de service : finalement il cédait en revers : 4-2. Les deux hommes conservaient par le suite leur engagement : 6-3 en 31 minutes.

Le suisse breaka à deux reprises dans le dernier set: Regardons le second d’entre eux (on a évoqué plus tôt le premier), intervenu à 3-1. Federer réalisa un amorti (0-15), puis Tsonga manquait un coup droit (0-30) avant de revenir à 15-30 en parvenant pour une fois à déplacer le suisse pour finir au filet : 15-30.
La seconde du français était trop tendre : Federer pouvait tourner son revers, frappait en coup droit et conclure sur la remise courte qui suivit : 15-40. Si le triple vainqueur de cette édition manquait un lob une double faute, la 5ème du français lui offrait le jeu : 4-1.
Le jeu suivant ne fut pas moins significatif en ce que Tsonga se décida à retourner de plus près sur seconde: il sortait ses tentatives (sur le premier point puis à 30-15) ou ne faisait pas mal même s’il gagnait quand même le point (pour donner 15-15).
Finalement il s’inclinait 6-2 en 27 minutes. Le numéro 1 mondial faisait dans l’humour dans l’interview d’après match réalisé sur le court par Jim Courier. Il parla ainsi, entre autres, d’Andrew Murray qui dit il en souriant, et volontairement approximatif, tentera de devenir le premier britannique à remporter un grand chelem depuis 150 000 ans.

Resultat Finale hommes

28 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, australie

Vous pouvez consulter ici le résultat de la finale masculine de l’open d’Australie 2010 de tennis ayant opposé Roger Federer à Andrew Murray (lire Article ICI). C’est un tableau complet avec des liens vers chacun des tours et parties de tableau. L’open d’Australie est le premier des 4 grands chelems de l’année (suivront Roland Garros, Wimbledon et l’Us Open).

1er Tour Tableau 1 2 3 4
2ème Tour Tableau 1 2
16ème de Finale
8ème de Finale
Quart de Finale
Demi Finale
Finale
Roger Federer (1) 6 6 7 Roger Federer (1)
v                               Analyse
Andrew Murray (5) 3 4 6(11)

Murray vs Cilic Analyse

28 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, Open d'australie

Andrew Murray a battu Marin Cilic 3-6 6-4 6-4 6-2 lors de la première demi finale de l’open d’Australie 2010 de tennis. Il rencontrera dimanche en finale le vainqueur de l’autre demi qui opposera demain Roger Federer au français Jo-Wilfried Tsonga.

melbourneLe britannique s’est livré à un vrai travail de sape sur son adversaire, le forçant, par sa défense, à de longs échanges, mais aussi à se déplacer, grâce aux angles qu’il donnait à ses coups (revers ou coup droit) sans oublier la pression sous laquelle il le plaçait avec des retours de second service pris quasi-systématiquement (le quasi est formel et vise à l’exception qui nous aurait échappé) dans le terrain.
S’il eut assez peu de déchet (dans ce domaine précis des retours depuis l’intérieur du court) c’est principalement parce qu’il faisait dans l’ensemble opposition en jouant droit devant ou croisé, cherchant à priver de temps son adversaire mais sans jouer le coup gagnant. C’est cette régularité dans l’exercice du retour depuis l’intérieur du terrain qui lui permit d’être plus précis quand il décida d’en faire plus dans ce domaine.
Par contre cette régularité, et ce que plus tard elle permit, eut une contre-partie, c’est que la sécurité qu’il prenait le vit souvent contré sur le second coup de raquette du croate (celui qui suit le service, celui qui répond au retour) du coté opposé où il s’était engagé au retour.

Set 1 et 2

Cela ne paya pas tout de suite, même s’il était déjà menaçant (balles de break dans le jeu 2 et 6) et que en ce que cela faisait jouer Cilic c’était utile pour user ce dernier, et sous le feu des coups de son adversaire (notamment en coup droit que Murray ciblait) et à cause de quelques fautes que sa stratégie ne pouvait supporter (8 en tout dans ce set, dont une pour concéder le premier break dans le jeu 5 à l’issue duquel Cilic se détacha pour mener 3-2), il céda la première manche 6-3 en 51 minutes.

Sa défense commença à faire mouche dans le deuxième set (cf la seconde balle de break à 2-2), il joua aussi de façon moins neutre1 et davantage vers le revers, Cilic ne pouvait attaquer avec le même ratio réussite-échec et pour avoir pris habitude de retourner dans le terrain les secondes adverses l’écossais put prendre quelques initiatives à moindre risque que si l’idée l’avait frappé soudainement (ainsi un retour gagnant à 30-30 dans le jeu 5). Il breaka une fois à 2-2 donc et si l’on excepte le premier jeu de service, il ne concéda que 2 points en 4 jeux de service d’un set remporté 6-4 en 49 minutes.

Set 3 et 4

La troisième manche vit l’écossais conservait ses orientations tout en retournant coté coup droit (et il allait en gagner des points qu’il s’agisse de fautes directes de son adversaire de ce coté : 1 dans le jeu 3, deux dans le 7 ou de différences crées qui lui permettaient ensuite de conclure). Son adversaire (qui avait disputé pour en arriver à ce stade des ½ 3 matchs consécutifs en 5 sets contre Tomic, Del Potro puis Roddick,) qui baissa de pied à mesure que la rencontre dura continua de donner. Sous pression au service il réalisait aussi 3 doubles fautes soit deux de plus que dans les deux premières manches réunis. Un break sépara finalement les deux hommes dans cette manche (Cilic débreakant  immédiatement, via notamment 3 fautes rapides de Murray, après son premier service concédé à 1-1), celui réalisé par Murray à 4-3. L’actuel numéro 5 mondial s’imposait 6-4 en 45 minutes.

Statistiques du Match
Cilic Murray
% de 1er service 56 % 63 %
Aces 6 5
Double fautes 6 1
Fautes non provoquées 54 29
Pts gagnés sur 1er service 70 % 76 %
Pts gagnés sur 2d service 44 % 57 %
Coups gagnants (dont service) 35 40
Pts gagnés sur service adverse 31 % 39 %
Balle(s) de break convertie(s) 3/9 (33 %) 5/16 (31%)
Approche vers le filet (% de réussite) 63% (26/41) 69 % (18/26)
Total de points gagnés 106 125
Service le plus rapide 205 km/h 207 km/h
Vitesse moyenne du 1er service 186 km/h 183 km/h
Vitesse moyenne du 2d service 148 km/h 148 km/h
Source : australianopen.com

Murray cueillait les fruits de sa stratégie avec un dernier set où il fit travailler son opposant, en s’employant parfois aussi ce faisant en défense. On eut droit à quelques coups de haut niveau ainsi ce passing en bout de bras coté revers sur une volée dans son replacement (à 1-3 40-30 dans le jeu du second break du set) ou sur ce retour court croisé de Cilic un coup droit qui passa à coté du filet pour ensuite rentrer dans le court (à 15-15 dans le dernier jeu du match).
Il breakait deux fois, ne concédait jamais son service dans cette manche qu’il gagnait 6-2 en 37 minutes.

Il était en finale, Guy Forget et Fredérique Viard pour Canal, le seront aussi et c’est via leur inconséquence que nous finiront cet article en revenant sur l’anerie du match.
Elle intervint dans la deuxième manche à 5-3 en faveur de Murray service Cilic. Comme il le fit toute la rencontre Murray effectua son retour de seconde depuis l’intérieur du terrain. Cette fois il frappait décroisé avec son revers pour mener 0-15. Fredérique Viard alors nous fit part de l’observation suivante : « il le fait de plus en plus souvent » (ndlr ce retour depuis l’intérieur du court). Faire quelque chose de plus souvent signifie que cela marque un changement par rapport à une situation précédente, on a montré qu’il n’en fut rien. Mais peu importe en soulignant ce retour gagnant il montrait leur attention.
Du moins pouvait on le croire. Sauf que 4 points remportés par Cilic plus tard on apprenait que le croate venait là de gagner son 3ème jeu blanc de la manche. Sauf que un jeu blanc et un jeu où son adversaire ne marque aucun point. S’il effectue un retour gagnant, et que ce fait ne vous a échappé, on ne peut pas parler de jeu blanc. Ils ne s’en privèrent pas, chapeau les artistes.

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  1. ce qui fonctionna contre le Isner des 8èmès de finales ne pouvait fonctionner contre Cilic, joueur un peu moins grand et plus mobile, c’est sur un coup trop neutre en lui faisant faire droite gauche que Murray fut puni d’un coup droit gagnant qui permit à Cilic de breaker blanc pour gagner la première manche 6-3

Tsonga vs Djokovic Analyse

27 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, Open d'australie

Jo Wilfried Tsonga s’est qualifié pour les ½ finales de l’open d’Australie de tennis via sa 2ème (ou 2de l’avenir le dira) victoire consécutive en 5 manches, car après Almagro au stade des 8èmes c’est Novak Djokovic qu’il a battu au terme de 5 sets, 7-6(8) 6-7(5) 1-6 6-3 6-1. Il rencontrera au prochain tour Roger Federer vainqueur en 4 manches du russe Nikolay Davydenko.

melbourneMené 2 sets à 1, il capitalisa alors sur l’effondrement physique de son adversaire, victime [on le saura après, tout juste sut-on sur le moment qu’il partit vomir au vestiaire (Tsonga qui se plaignit de ne pas savoir de quoi il souffrait aurait eu cette information si throw out voulait dire quelque chose pour lui] d’une gastro-entérite, pour gagner les deux dernières manches 6-3 6-2.

Mais Djokovic perdit le match avant, dans ces 3 sets où il mena dans chacun pour n’en remporter que 2 des 3. Eut-ce été différent, il aurait vomi pour célébrer la victoire. Pourquoi n’a-t-il jamais confirmé ces breaks, c’est la question. Il y eut de l’irrégularité de sa part, il y eut aussi la résistance de Tsonga et c’est la le mérite du français, faire sa part de travail pour être toujours en vie à l’issue de cette période, et pouvoir ainsi capitaliser sur une défaillance hypothétique.
Évidemment cet exposé est beaucoup moins aguichant qu’une présentation des faits qui auraient besoin d’en passer par des doutes sur l’honneteté et l’intégrité d’un homme ( qui s’inventerait à 2 sets à 1 en sa faveur des problèmes physiques) pour justifier l’assimilation populaire entre vainqueur magnifique et géniale et vainqueur d’un match en 5 sets. Ici deux choses :
Oui Djokovic a dans le passé a feint des blessures ou problèmes physiques pour souffler et finalement gagner. Cela ne doit pas faire dire à chaque fois qu’il dit souffrir qu’il ment sur son état.
Dans le même esprit ce n’est pas parce que des matchs en 5 sets peuvent être l’objet de lutte extraordinaire, de bataille de classes, de duels mémorables, que tous les matchs ayant ce point commun du nombre de manches disputées relèvent de ces rencontres au sommet.

Le syllogisme est l’outil de rhétorique des cancres.

Le pire dans tout cela c’est :

d’une part que Tsonga aurait pu sortir grandi par le comportement qu’il aurait montré après une telle victoire, mais il n’en fit rien. Pire donc il donna par ses réponses crédit à une inquisition envers le serbe quand il expliqua ses doutes sur la véracité de l’état de Djokovic avec à l’appui de ses dires le fait que parfois, quand ca ne comptait pas, il paraissait mal et l’inverse quand ça comptait.

Mais arrêtez-nous si on se trompe : un joueur diminué a-t-il intérêt à disperser ses forces en se battant sur tous les points ou doit-il garder ce qui lui reste d’énergie pour les points qui lui semblent les plus cruciaux ?

d’autre part qu’il n’y avait rien d’honteux à tirer parti d’un adversaire diminué, même si vous n’êtes pas la cause directe de cet état, dans la mesure où pour tirer partie de quelque chose encore faut-il toujours être là au dit moment !

Pourquoi Tsonga était il toujours en vie quand débuta le 4ème set c’est ce qui nous intéressera ici :

Set 1 :

Le premier set fut enlevé par 7-6 en 67 minutes par Tsonga, 10 points à 8 au jeu décisif. C’est Djokovic qui fit pourtant le premier break dans cette manche, à 1-0 en sa faveur. Les joueurs furent à parité en fautes non provoquées (1), il faut donc aller voir ailleurs le pourquoi du break. Citons le fait que la première de Tsonga à trois reprises ne fit pas une différence nette, que sur le premier cas (à 30-15) Tsonga ne fut pas assez tranchant dans son approche (qui prit la bande pour se transformer en amorti), que sur le deuxième (à 30-30) il fut contraint de défendre sans en sortir à son avantage, qu’enfin Djokovic conclut l’échange d’un contre gagnant : 2-0.
Djokovic chercha à faire travailler le français dans cette manche : ainsi des amorti, des balayages de court droite-gauche.
Mais Tsonga répondit farouchement et sur les deux fois où Djokovic recourut à l’amorti dans le jeu 3, il gagna le point (15-30). Deux fautes directes, une double faute et un revers manqué sur du slice et Tsonga revenait immédiatement.
Il concédait un nouveau break cependant à 3-2. Break qui nous permit d’aborder le problème des coups d’approches  ou attaques du français, insuffisants pour jouer au filet dans de bonnes conditions quand il ne ratait pas tout court. Ainsi des fautes directes sur son premier coup de raquette après le service (0-30 et à 40-40). C’était dans le court sur la dernière balle de break mais Djokovic pouvait tirer un passing de revers : 4-2.
Mais ce break Djokovic ne le confirma qu’une fois, pour mener 5-2 avec notamment des enchaînements après son service. Par deux fois(30-0 puis 40-0), il faisait faire du droite-gauche au français : 5-2.
Seulement le français débreaka quand Djokovic servit au jeu suivant pour le set à 5-3. On retrouva alors les ingrédients du débreak précédent à savoir des doubles fautes (2 à 15-0 puis 15-30), un amorti où il perd le point (à 40-40) pour faire face à une seconde balle de break, des fautes (2 en coup droit, nous en développerons une plus bas) pour faire face à une première (qu’il sauvera en voyant Tsonga manquer un coup droit d’attaque alors qu’il avait retourné long et profond) puis concéder la seconde : 5-4.  Entre les deux il y eut une balle de set pour Djokovic. En défense Tsonga faisait jouer le coup de plus à Djokovic. Cela virait au coup de trop, le serbe manquant un coup droit. On disputait finalement un jeu décisif :
Djokovic fut de nouveau le premier à se détacher Tsonga manqua un coup d’attaque après un service au T : 4-2. Mais il « faisait mouche » en revers à 4-3 après un excellent retour. Son mini-break de retard refait il faillit de nouveau, cette fois en coup droit, alors que Djokovic ne jouait pas très long : 5-4. Son approche n’était pas tranchante, Djokovic n’en parvenait pas pour autant à le passer : 5-5. Le prochain mini break était le bon pour le français. Qui défendait droite-gauche et à la première balle plus neutre montait droit devant pour claquer une volée : 8-9. Il montait sur son second coup au point suivant et déposait une autre volée : 7-6 (8).

Set 2

C’est Djokovic qui s’empara de la deuxième manche sur le score de 7-6(5) en 57 minutes.
Comme dans le premier set, il se détache le premier : Tsonga manque un coup d’attaque (coup droit, 0-15), fait une double faute (15-30), monte derrière un coup trop moyen en revers (passing (15-40), et expédie une attaque de coup droit dans le filet pour perdre un jeu vilain avec 4 fautes donc sur 4 points à l’actif du serbe : 2-3. Ce jeu perdu donna lieu à une réaction édifiante de la part du commentateur français Frederic Viard : « au moment où on disait qu’il était serein avec deux jeux blancs en deux jeux de service ». Quand on sait qu’il avait été poussé à égalité dans le premier jeu du set…
Ce break Djokovic ne le confirma qu’une fois, rendant la pareille à Tsonga sauf qu’il développait lui un jeu moins à risque : deux doubles fautes, une faute en revers et une en coup droit avec un Tsonga le faisant jouer via sa défense : 4-4.
Les deux joueurs s’affrontaient dans un autre jeu décisif :
Tsonga qui aime commenter à haute voix ses prestations dira au début du 4ème qu’en restant au fond il l’aurait gagné ce jeu décisif. Nous pensons qu’il a tort. Certes il attaqua et fut puni, mais cela est plus du à la qualité de ces coups d’approche ou d’attaques qu’à un adversaire qui aurait sorti le grand jeu en défense sur des attaques de qualité :
Ainsi une approche moyenne et une volée non accompagnée pour le mini-break n°1 (0-1), puis une faute en coup droit (0-2), un revers frappé de deux mètres derrière sa ligne alors que son retour avait été long (0-3). Il revint cependant. Comment ?
En faisant voyager son adversaire qui craquait coté coup droit : 3-3. Djokovic y allait de sa double faute, la troisième du set : 4-3 pour le français, deux services à suivre. Il perdait l’échange dans la diagonale des revers alors que Djokovic avait tourné le sien, puis le serbe gagnait ses deux points de service prenant par deux fois le meilleur sur Tsonga qui à l’échange ou au filet attira son adversaire à lui pour se faire passer. À 6-5 Djokovic, Tsonga sortait un coup droit d’attaque, un de trop : 6-7 (5).

Set 3

Tsonga fut dominé dans ce set, toujours incertain dans certains de ses coups vers l’avant (30-15 et 30-30 dans le jeu 2). Du fond, il commit aussi des erreurs en tentant de jouer long de ligne avec son revers, deux par exemple dans le jeu 2 (long de 16 points et finalement gagné par le français) où il écarta deux balles de break avec un service gagnant et un coup droit prenant la ligne.

Djokovic allait finalement breaker deux fois, à 2-1 puis 4-1.

À 2-1 Djokovic anticipait sa montée, il était lobé : 0-15. Il sortait un revers long de ligne à l’échange : 0-30. Un service à 163km/h était sanctionné d’un revers décroisé gagnant : 0-40. Sur une défense de son adversaire, il sortait un coup droit : 3-1.

À 4-1 (le serbe ne perdit que 3 points en 4 jeux de service) Tsonga perdait une seconde fois son engagement. Il voyageait et perdait le point ce faisant à 3 reprises : Djokovic s’arrêtait alors en plein échange pour faire appel à la vidéo : il avait tort, Tsonga revenait à 40-40. Plus avant par deux fois Tsonga explosait en revers, la première suite à un retour, la seconde en cherchant le long de ligne : il l’écartait au filet mais deux points plus tard il concédait son service, dominé puis passé au filet : 5-1. Djokovic l’emportait 6-1 en 37 minutes.

Set 3 et 4

Statistiques du Match
Djokovic Tsonga
% de 1er service 69 % 64 %
Aces 2 19
Double fautes 6 2
Fautes non provoquées 55 55
Pts gagnés sur 1er service 67 % 68 %
Pts gagnés sur 2d service 49 % 48 %
Coups gagnants (dont service) 41 54
Pts gagnés sur service adverse 39 % 36 %
Balle(s) de break convertie(s) 6/16 (38 %) 8/12 (67%)
Approche vers le filet (% de réussite) 70% (30/43) 59 % (35/59)
Total de points gagnés 155 158
Service le plus rapide 199 km/h 215 km/h
Vitesse moyenne du 1er service 186 km/h 193 km/h
Vitesse moyenne du 2d service 155 km/h 150 km/h
Source : australianopen.com

Djokovic sembla souffrir en ce début de 4ème set, il fut  breaké à 1-0, puis sortit du court, il concéda un second  break dans ce set que Tsonga confirmera : le français menait alors 5-0. Il remportera finalement ce set 6-3 en 38 minutes. Il breaka d’entrée de 5ème manche.
Bien que poussé à égalité il gagnera son service pour mener 2-0. Frederic Viard demanda alors à Guy Forget si Tsonga devait continuer d’attaquer ou pas, ce à quoi Forget (qui avait dit plus tôt dans le match, dans le 3ème set qu’il fallait attaquer seulement s’il était sûr) répondit que oui, que c’était comme cela qu’il avait fait la différence. Or ici il y a travestissement des faits.

Pourquoi? car pour passer de 2 sets à 1 en sa défaveur à 2-0 dans ce 5ème pour Tsonga le français  dut breaker 3 fois, marquant pour ce faire 13 points (5 puis 4 dans le jeu 2 et 4 du 4ème set, 4 dans le premier jeu du 5ème). Or sur ces 13 points il y eut 8 fautes directes de Djokovic, un lob soit 9 points qui ne furent pas gagnés sur une attitude offensive. Le reste fut en effet obtenu en se montrant offensif. De là à dire que l’offensive avait été la voie du retour il y a un pas qu’il ne nous semble pas possible de franchir eu égard aux faits.
Mais c’est révélateur d’une volonté de donner un sens élogieux mais erroné à la victoire du français. Car ce dernier l’emportait in fine breakant deux nouvelles fois, au jeu 5 (3 fautes directes du serbe sur 4 points joués) et 7 (2 fautes directes puis deux passing, le premier en 2 temps, le second après sur un amorti de Djokovic) pour s’imposer 6-1 en 33 minutes dans cette dernière manche.

Federer vs Davydenko Analyse

27 janvier 2010 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2010, Open d'australie

melbourneRoger Federer s’est qualifié pour les demi-finales de l’open d’Australie de tennis après avoir vaincu en 4 sets le russe Nikolay Davydenko qui a confirmé sur ce match pourquoi il n’est jamais allé au bout dans un grand chelem.

D’une part il y a rencontré Roger Federer à plusieurs reprises en fin de tournois (Us Open, Roland Garros). D’autre part il y a montré, contre ce joueur par exemple (mais il y en a d’autres ainsi cet écroulement en 1/4 de finale de Roland l’année passée contre Soderling alors qu’il avait volé au tour précédent contre Verdasco), son incapacité à se contrôler. Ainsi des matchs qu’il domina avant de faillir à conclure puis d’exploser, frustré par cette incapacité.
Ce match ne fit pas exception. Pire, il fut édifiant car là Davydenko est allé loin dans l’ignoble, c’est à dire cette avalanche de fautes directes. Il y eut donc deux rencontres :
La première où Davydenko domina et alors Federer fut dépassé ne pouvant réagir sans connaître alors du déchet dans son jeu. À l’issue de cette phase Davydenko mena 6-2 3-1 deux balles de 4-1 qu’il vendangea de revers manqués largement à sa portée.
La seconde où Davydenko accusa le coup de ces occasions ratées certes mais qui n’étaient après tout que des occasions de double break. Il n’y avait pas mort d’homme pour le dire autrement. Mais le russe en fut atteint et allait donc nous faire un festival de fautes à mesure qu’il se décompensait dans cette rencontre. Plus d’une fois, Federer gagna des jeux sur la base des seules fautes adverses. L’issue de cette phrase fut la fin de la rencontre le regain de Davydenko dans la 4ème manche (il fut mené 2-6 6-3 6-0 2-0) n’apparut être qu’un baroud d’honneur qui n’était en rien comparable à la production du début de match (en atteste la vitesse de ses premières, nous y reviendrons). Federer s’imposait finalement  2-6 6-3 6-0 7-5.

Set 1

Lors de cette première manche, Davydenko réalisa une grande performance, mais qui ne fut pas parfaite, on pense par exemple à ce premier jeu où il dispose de balles de break, deux, mais retourne court sur la première , effectue une faute directe sur la seconde.

La base de sa domination sur le suisse fut de coller à sa ligne,  de jouer long mais avec une marge avec des balles légèrement relevées qui ne sont pas gênantes pas cet aspect mais par le fait de leur longueur et de leur prise. Il montra aussi qu’il est un des meilleurs relançeurs du circuit (2 retour gagnant en revers dans le premier jeu, un autre à 30-15 pour citer des exemples où ses retours firent immédiatement la différence).

Federer face à cela se retrouve à contrer de plus loin qu’il ne le désirerait. En conséquence des balles plus courtes en réponse (avec cercle vertueux correspondant pour son adversaire) ou des fautes en tentant d’allonger des balles qui lui arrivaient vite ou/et après un déplacement. Quand il tenta de prendre les choses à son compte, pour priver son adversaire de l’initiative, là aussi du déchet (une double faute dans le premier jeu puis à 15-15 dans le 3ème, les deux derniers points du jeu 5, dernier point du jeu 6).

Résultat de tout cela deux breaks, le premier à 1-1, le deuxième deux jeux plus tard à 3-1. Davydenko lui conservait son engagement (il ne perdit pas une fois d’un set où il ne perdit jamais plus de deux points par jeu de service), qu’il sut varier dans les vitesses mais aussi les zones, pour l’emporter 6-2 en 34 minutes.

Set 2, 3 et 4

La deuxième manche démarra de façon comparable à la première, et Federer fut d’entrée en difficulté. Sa cuisine habituelle de contreur ne prenait pas. Ainsi une faute sur un revers qu’il avait voulu relevé après un premier slice (15-30). Le second coup du suisse n’était pas assez bon pour empêcher son adversaire de prendre les devant, son slice de défense sortant finalement en longueur (15-40).
Il « Ã©cartait » avec l’aide sur un point de Davydenko (un revers dans le filet sur un slice) ces deux premières opportunité de la manche pour le russe, qui allait avoir une 3ème occasion (après un retour gagnant du russe en revers sur une seconde trop tendre face à un joueur du profil de Davydenko) de se détacher mais Davydenko cédait en coup droit puis perdait ce jeu en retournant une seconde hors des limites du court avec son coup droit.

Oui il dominait Federer, Non il ne réussissait pas tout ce qu’il entreprenait.

Ce n’était que partie remise dans ce set pour le dernier vainqueur du masters. À 1-1, Federer voulait prendre tôt mais son revers lui échappait (0-15). Davydenko fixait ensuite son adversaire coté revers puis délivrait un coup droit gagnant après cette première différence faite : 0-30. Son retour était flottant sur le point suivant : Federer devait donner lui même de la vitesse à son coup : il échouait : 0-40. Un retour gagnant sur un service extérieur à 200 et il menait 2-1.
davydenko-federerOn se retrouvait à 3-1, service Federer et cela commençait comme cela avait fini pour le suisse avec un retour gagnant, cette fois en coup droit. Ensuite Davydenko tournait son revers grâce à un coup moyen du suisse et jouait un amorti enchaîné d’un passing : 0-30. Federer avait besoin de son service, il le savait : c’est ainsi qu’il bénéficiait d’un second coup facile : 15-30. À vouloir priver son adversaire d’initiative en engageant à son avantage l’échange, il prenait le risque de forcer au service : il réalisait une double, chronométré à 169.
Davydenko réalisa 2 fautes de revers sur des balles à sa portée et sur lesquelles il ne prit pas tout les risques.

Ceci pour répondre à l’argumentation indigne du numéro 1 mondial qui argua après le match que Davydenko, il le connaissait («je ne l’ai pas battu 12 fois pour rien ») et qu’il savait qu’il ne pourrait pas tenir tout le match au niveau qui fut le sien ; Façon de dire, le garçon avait une réussite maximale ca ne pouvait pas durer et c’est bien normal. Ici 3 choses:

D’abord Davydenko répond à un profil de joueur (on le compare avec justesse à Agassi) qui ne frappe pas sur tout ce qui bouge. Il n’est pas un Tursunov qui peut frapper 10 coups gagnants à plat et autant de fautes ensuite. Dire cela donc c’est insulter le russe et ceux qui pratiquent son jeu. Façon de dire aussi qu’il (Federer ndlr) n’est pas de cette école. On l’avait remarqué. Ce qui est plus grave pour celui qu’on présente comme le chantre du fair-play c’est que ne pas en être équivaut  chez lui à ne pas pouvoir comprendre. Il nous semble plus près d’avoir son brevet d’intolérance qu’autre chose. À l’insu de son plein grès, nous direz-vous ? Voilà que vous le traiteriez d’imbécile en lui empruntant une de ses attitudes typiques. Mieux vaut poursuivre.
Ensuite Davydenko ne réussit pas tout ce qu’il entreprit, on l’a montré, pas plus qu’il ne frappa sur tout ce qui bouge dans ce match. Car c’est une chose d’avoir un style ca en serait une autre  (possible) de changer celui-ci quand on affronte un adversaire en particulier. L’avantage qu’il s’est construit dans ce match, Davydenko l’a acquis en jouant son tennis.
Ce qui nous fait arriver, enfin à notre dernier point. Les deux balles de break qu’il vendangea (la troisième qu’il allait se créer dans ce jeu allait être sauvé d’un enchaînement derrière son service par le suisse) le virent faire des choses qu’il ne faisait pas et non rater des choses difficiles qu’il réussissait avant.
Ceci manquant on ne peut analyser avec justesse (mais est-ce son intention, on en doute vu sa propension passée à mettre, hors du court, le russe sous pression quand il sent que ce dernier est une menace) les causes qui l’amenèrent à jouer différemment alors que s’offrait à lui l’opportunité de se détacher à 4-1 service à suivre. Ici, oublier ses fondamentaux pour faire autre chose quand l’occasion de se détacher ou conclure se présente a un nom : cela s’appelle trembler, jouer petit bras, se faire dessus selon l’expression que vous préfèrerez !
Il fit donc deux fautes en revers, la première alors qu’une seconde avait été engagée par le suisse, la seconde le vit se manquer sur une balle courte.
Cela l’anéantit, et, dans le jeu suivant, lui qui avait servi (on a fait une suggestion du pourquoi) si constamment (73% de première) n’en mit qu’une sur six dans le court. En sus, il faisait deux fautes directes : 3-3.
C’était le deuxième des 13 jeux d’affilés que le suisse allait marquer avec une collection de fautes directes : 2 dans le jeu 8 avec un break blanc pour Federer, 2 autres dans le jeu 9 pour conclure la deuxième manche 6-3 en 41 minutes.

La 3ème manche allait faire tomber le russe plus bas encore, incapable de digérer le fait qu’une nouvelle fois au moment de confirmer à ce niveau, il avait failli.

Statistiques du Match
Federer Davydenko
% de 1er service 60 % 62 %
Aces 6 1
Double fautes 4 4
Fautes non provoquées 43 50
Pts gagnés sur 1er service 67 % 59 %
Pts gagnés sur 2d service 49 % 39 %
Coups gagnants (dont service) 35 35
Pts gagnés sur service adverse 47 % 39 %
Balle(s) de break convertie(s) 8/14 (57 %) 5/19 (26%)
Approche vers le filet (% de réussite) 68% (15/22) 59% (19/33)
Total de points gagnés 125 104
Service le plus rapide 209 km/h 207 km/h
Vitesse moyenne du 1er service 189 km/h 176 km/h
Vitesse moyenne du 2d service 150 km/h 150 km/h
Source : australianopen.com

Ainsi deux jeux où Federer ne gagna le jeu que sur ses fautes : ainsi le deuxième break (3-0) et 3ème break (5-0) avec 4 1 et 52 fautes respectivement. Quant au premier break la farce était complète avec 3 3 des 4 points nécessaires au suisse offerts par Davydenko.
Federer allait frapper 2 coups gagnants dans ce set (remporté 6-0 en 24 minutes), élément suffisant pour comprendre que ceux qui parlent d’un Federer ne laissant plus rien passer, marchant sur son adversaire, s’affirmant comme patron, soit n’ont pas vu le match, soit servent la soupe à ceux qui les lisent.
Rien de cela ici, ceux qui veulent se faire étaler de la pommade peuvent continuer leur route et aller voir ailleurs !
Ces 13 jeux consécutivement marqués nous amenèrent à 2-0 dans la dernière manche avec un Davydenko contribuant au ¾ au break d’entrée de 4ème manche avec 3 fautes directes sur 4 points marqués par le suisse.
Et s’il revint (effaçant ce break, 3-3, puis plus tard un autre écartant alors une balle de match, à 4-5) cela n’allait plus être le Davydenko du début, ainsi ce dernier jeu de service (à 5-5) avec des premières secondes4. Deux derniers fautes directes, une en revers, une en coup droit donnait au suisse le break décisif : 3 services gagnants et un retour volée amorcé par le russe depuis le couloir (et justement puni d’une réponse qui n’avait besoin que d’être centré) stoppait là le calvaire vécu par ce dernier : 7-5 en 57 minutes.

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  1. 3 fautes en coup droit, une double faute
  2. 3 fautes directes en coup droit, 1 en revers et 1 double faute
  3. 3 fautes en coup droit
  4. 158 à 15-30, 169 à 30-30, 159 à avantage Federer, 171 à 40-40

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