Nadal l’emporte Ă  Toronto

27 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Canada

Rafael Nadal s’est imposé 6-3 6-2 face à l’allemand Nicolas Kiefer. Une défaite sans contestation possible tant on ne peut espérer grand chose à ce niveau quand on commet face à Nadal (selon les statisticiens de l’atp particulièrement avare dans ce domaine) 31 fautes directes en 17 jeux. Et pourtant ce n’était pas le grand Nadal, (clairement fatigué de ces difficiles matchs des jours précédents) mais un Nadal sérieux qui a su se montrer agressif quand il le fallait en retour et faire courir son adversaire certain que finalement la faute arriverait.

1er set :

16h (environ) après sa victoire contre Murray, Nadal est de retour sur le central de Toronto. Ce délais très court peut contribuer à expliquer ce début de set hésitant. Un jeu de jambe légèrement moins alerte que d’habitude se traduisit par quelques fautes (3 consécutives entre 30-30 dans le 3ème jeu et 0-15 dans le 4ème. Mais cela n’eut pas trop d’importance face à Kiefer.
Une fois cette entame difficile passée, l’ibérique, serein sur son service, mit la pression sur son adversaire. 3 retours longs ou poussèrent Kiefer à la faute sur son second coup de raquette ou permirent à Nadal de conclure le point à son avantage avec son coup droit. Cela lui donna 2 balles de break.
Kiefer tentait alors un service volée. Un passing dans les pieds récompensa sa tentative.
Le numéro 2 mondial menait alors 3-2. Il n’allait pas perdre son engagement du set se servant de celui-ci comme d’une rampe de lancement à son travail de sape. Kiefer subit alors les échanges que ce soit via des droites gauche adverse ou via l’utilisation du long de ligne comme à 30-0 Kiefer à 5-3. Kiefer qui mena 40-15 dans ce 9ème jeu.
Mais Nadal ne laissait pas passer sa chance sur une seconde de Kiefer. Servi sur son revers, il tournait celui ci et envoyait l’allemand dans les cordes avec un coup droit long de ligne. Une faute directe de Kiefer le ramenait à 40-40. Une nouvelle faute en tentant un coup de remise donnait une balle de break à Nadal. Kiefer dans la lignée de ce qu’il nous avait montré la veille commettait alors une double faute. 6-3 Nadal.

2d set :

Ce set va nous permettre de clarifier un point. Si l’on en croit les paroles d’avant match de Lionel Roux, « commentateur » Canal +, les fautes commises par Kiefer seraient la conséquence de ses prises de risques, ce que son match de la veille contre Simon viendrait justifier. En théorie, on peut adhérer, un joueur prenant l’initiative et pratiquant un jeu d’attaque s’exposant à du déchet en contrepartie. Seulement les faits concernant Kiefer ne s’accordent pas avec cette théorie. Car c’est une chose de faire une faute directe en tentant de déstabiliser son adversaire, cela en est une autre de partir à la faute en ne faisant qu’essayer de remettre. Les 3 derniers points du premier set illustrent cette objection. Et tant d’autres dans ce second set ( A 30-30 dans jeu 1 ; à la troisième et 4ème égalité dans le jeu 5, à 30-30 dans le jeu 6, lors du premier point du jeu 7, à 30-30 lors du jeu 8).

Ces fautes, celles quand il tentait quelque chose, plus une incapacité à exister autrement qu’en servant des premières balles de service (2 points sur 11 sur son second service) expliquent qu’il perdit ce second set en se faisant de nouveau breaker à 2 reprises. Pourtant Nadal n’était pas des plus fringants. Il commit encore des fautes en coup droit,2 dans le jeu 1, et une autre dans le très long jeu 5.
Où Nadal dut passer par 6 égalité avant de finalement remporter sa mise en jeu. Il dut même sauver 3 balles de break mais Kiefer commit d’abord la faute, un coup droit long de ligne lui échappant d’autre part avant ensuite que dominé il tente un nouveau coup droit le long de la ligne sans davantage de succès avant enfin que Nadal n’aille chercher un amorti adverse sur laquelle il fit un contre amorti avant de finir d’un smash. A 3-2, Kiefer enchaînait 2 services gagnants par 2 doubles fautes. Avant d’envoyer dans les nuages un coup droit suite à un slice de Nadal en plein milieu du court. Sur le point suivant, il laissa l’initiative à son adversaire qui ne se fit pas prier pour lui faire visiter le court avant de conclure l’échange via un coup droit court croisé. Nadal confirmait blanc son break.
A 5-2 Nadal prenait les devants. Lui qui sera gagné 11 points sur 11 en allant vers le filet y alla trois fois dans ce jeu. Il faut dire qu’il y alla souvent avec d’excellents coups d’approche sa domination en fond de court l’aidant indéniablement dans cet objectif. Ces 3 montées plus une énième faute en coup droit de Kiefer lui permettait de l’emporter pour la première fois à Toronto. 6-2 Nadal.

Les trois jours de « repos » qui l’attendent ne seront pas de trop avant d’attaquer Cincinnati, tournoi qui comportera l’avantage de ne certainement pas être perturbé par la pluie.

Nadal défait Murray (toronto 2008)

27 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Canada

Rafael Nadal s’est qualifiĂ© pour la finale du tournoi de Toronto en se dĂ©faisant en deux sets disputĂ©s, 7-6 (2) 6-3 de l’Ă©cossais Andrew Murray. Ce dernier aura bien jouĂ© le coup, cela s’avĂ©ra juste insuffisant face au numĂ©ro 2 mondial qui sut varier sa stratĂ©gie afin d’exploiter les failles comprises dans le jeu adverse.

1er set :

Dans ce set, Murray s’applique à prendre la balle tôt afin de rentrer dans le terrain pour conclure si nécessaire au filet ses attaques d’approche. A l’échange il bénéficie, par rapport à beaucoup d’autres joueurs du circuit et au moment d’affronter Nadal, d’un avantage : sa taille. En effet elle lui permet d’être moins gêné que d’autre par le lift adverse et la hauteur du rebond. Cela lui permit de contrer et particulièrement en revers (jeu 2 ; 4 ; 6 ; 10 notamment).
Revers qu’il joue à deux mains qui lui donne plus de contrôle, via sa main gauche, au moment de frapper sur le lift adverse. A la différence de Federer par exemple qui plus petit en taille et disposant d’un revers à une main se voit contraint de jouer des balles difficiles souvent largement au dessus du niveau du bassin là où les joueurs jouent le plus en sécurité.
Par contre Murray fut plus vulnérable en coup droit qu’il ne joue qu’à une main, comme beaucoup de joueurs du circuit. Là il ne disposait plus que d’un avantage sur les deux dont il dispose avec son revers.
Nadal s’y engouffra et ne mit pas longtemps à réaliser qu’il lui fallait sortir d’un schéma qui l’aurait vu pilonner uniquement le revers adverse. Nadal qui chercha à mener l’échange avec son coup droit principalement. Quand il tournait son revers, il lui fallait prendre garde au fait que s’il jouait de façon décroisé, il ne devait pas se montrer trop court. Sous peine d’être contré d’un long de ligne.

Dans l’ensemble les deux joueurs dominèrent leurs engagements. Aucune balle de break à signaler c’est donc logiquement que nous eûmes droit à un tie-break. Le premier break dans ce jeu décisif intervint à 2-2. Nadal qui s’appliquait à relancer le premier service adverse pour faire jouer son adversaire remportait le point, Murray partant à la faute en coup droit. 3-2 Puis 5-2 après que Murray ne puisse relancer deux secondes balles adverse (que ce soit avec son coup droit ou revers). On touchait là au nœud du problème. Oui il était moins gêné de par sa taille, oui il avait raison de prendre la balle tôt pour tenter de prendre l’initiative, mais cela ne signifiait pas qu’il n’allait pas d’une part être facile de contrôler le lift et d’autre part que cela se ferait pas sans faute(16 fautes directes en coup droit sur ses 21 commises dans le premier set). Il en avait commis une sur son service, était parti deux fois à la faute en coup droit. Plutôt 3 ce qui le vit mener 6-2. Une double faute symbolisait alors sa frustration.

Il concédait un premier set équilibré 7-6 (2).

2d set :

Ce set offrit une image contrastée.

D’abord parce qu’on crut bien qu’une fois un premier jeu difficilement remporté sur son service, Nadal allait s’échapper, capitalisant sur la difficulté de la tâche qui se présentait à un adversaire qui avait bien joué, très bien même mais avait malgrè tout concéder la première manche.

Ensuite parce qu’à 2-1 en sa faveur, il breaka. A 30-30 il remporta un point grâce à une défense acharnée. Il fut même contrait de slicer en coup droit. Mais Murray confirma ses difficultés avec son coup droit. Il était aussi victime du syndrome Nadal. Bien conscient que ses coups d’attaque devait être décisif, il en mettait de plus en plus dans la balle, ce qui augmentait d’autant ses probabilités de faire des fautes. C’est ainsi qu’il en commettait une autre, cette fois en revers sur son second coup de raquette. Mais une fois ce break en poche, il sembla accuser le coup. Il commit des fautes, en coup droit et revers qu’il jouait plus court. Un amorti de Murray gagnant ajouté à une double faute de l’espagnol permettait à Murray de revenir à 3-2. Puis 3-3.

Enfin parce que si Nadal semblait souffrir, son adversaire n’était pas en reste dans ce secteur. L’ibérique s’appliqua alors à promener Murray de droite et de gauche (point 3 du 7ème jeu) qui commença à faire également des fautes en revers (point 2 du 8ème jeu). Les brèches étaient alors trop béantes pour que l’écossais s’en sorte. Il concédait ce second set 6-3 sur une ultime faute en revers, preuve de la désintégration de son jeu.

Nadal rencontrera Nicolas Kiefer au tour suivant pour un premier titre à Toronto. On ne voit pas comment l’allemand, tellement généreux en fautes directes fasse à Simon pourrait s’en sortir face à un Nadal qui défendra bien mieux son terrain que n’a pu le faire le français. Et usera aussi l’allemand en prenant l’initiative avec son coup droit ce qui finira par rendre moins efficace Kiefer au moment d’attaquer.

Les résultats des 1/2

Nadal bat Murray 7-6 (2) 6-3
Kiefer bat Simon 6-7 (4) 6-3 7-6 (5)

Kiefer finit par l’emporter face Ă  Simon

27 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Canada

montrealNicolas Kiefer s’est imposé en 3 sets 6-7 (4) 6-3 7-6 (5) face à Gilles Simon au bout d’un long calvaire visuel. Entendons nous bien, le score et plus encore le scénario, avec des renversements de situations, laissent à penser à un match haletant par son suspense. Mais du suspense il y en a certainement aussi dans le plus médiocre des matchs d’amis le dimanche matin, ce n’est pas pour cela que c’est du grand tennis. Ici, c’est la même chose, nous assistâmes à un concours de fautes directe et surprise, cela étant négatif, c’est le vainqueur dans ce domaine qui s’est imposé.

1er set :

Kiefer se détacha à deux reprises dans ce set. A 1-1 (il sera rattrapé à 4-3) puis à 4-4 (il concédera son engagement dans la foulée). Comment ? en pratiquant un jeu varié, n’hésitant à recourir au slice, en usant de l’amorti pour casser la routine des échanges cadencés dans laquelle aime s’engouffrer le français (2 fois dans le jeu 3 ; jeu 5 ; jeu 10 ; jeu 12 et dans le tie-break), en ,n’hésitant pas non plus à attirer ce dernier au filet pour le passer ensuite (jeu 4 et 6). Cela est le coté positif : le négatif nous l’avons évoqué c’est ces fautes directes qui équilibrèrent la partie. Et s’il avait réussi aussi à fatiguer encore davantage un français entamé par deux semaines réussies (victoire à Indianapolis, demi finale à Toronto donc) en étant plus patient et précautionneux dans ses frappes dans le milieu de ce premier set, cela ne dura pas. Ainsi trois fautes directes permirent à Simon une fois revenu à 5-5 de mener 6-5. Cela traduisit pour nous l’impatience d’un joueur qui vient de laisser passer des opportunités et qui pèchent par précipitation pour reprendre l’avantage perdu. Il gagnait cependant l’engagement qui suivit pour jouer un jeu décisif.

Mais ce jeu décisif était remporté par Simon qui profita de 4 nouvelles fautes de l’allemand et d’un passing gagnant suite à une approche un peu courte de Kiefer pour remporter ce set.7-6 (4).

2ème set :

Ce set ressemble au premier à savoir que c’est Kiefer qui a les clefs dans la mesure où il est plus créatif et que Simon n’est pas aussi mobile que d’habitude et à en particulier des problèmes pour jouer les balles après un déplacement latéral. Il breaka ainsi à 2-1 en sa faveur. Ce jeu commença par un échange de faute directe entre les deux joueurs. Puis Kiefer se détacha 15-30 puis 15-40 via un amorti puis une attaque de revers. Un coup droit décroisé gagnant lui permettait de se détacher à 3-1. Cette fois, il conservait son engagement jusqu’au bout. Et empochait ce set 6-3.

3ème set :

Kiefer sur la lancée du deuxième set se montra très agressif et particulièrement au retour. De son coté Simon continua à baisser physiquement. Cela se traduisit par une poussée des jambes au service et à l’échange moindre ce qui avec le premier point évoqué contribua d’autant plus à le mettre en difficulté sur son engament.
L’allemand rata de nombreuses opportunité dans ce set.
Dans le premier jeu où il ne concrétisa pas une des ses deux balles de break.
Dans le jeu 3 par contre il breaka. Avec les recettes des deux premiers sets, à savoir , de la variation (un slice long droit devant pour revenir à 30-30), de la patience à l’échange pour faire, via une utilisation de zones variées, courir Simon. Cela lui permit de se procurer une nouvelle balle de break. Simon en commettant une faute directe après son service était alors mené 2-1.
Le français même si diminué ne baissait pas les bras. Et comment le faire avec un arroseur comme Kiefer. Un rally gagné ajouté à trois fautes directes le plaçait à égalité dans le jeu qui suivit. Il se procura même 3 balles de break. Mais Kiefer s’appuya alors sur une première balle efficace pour repousser le danger puis confirmer son break. Il menait 3-1. A 3-2 le français eut une nouvelle opportunité de revenir face à un Kiefer de plus en plus passif qui tout doucement oubliait ses principes de jeu pour ne faire que remiser et entrer dans la filière de son adversaire. Mais Simon commettait la faute et Kiefer repoussait l’échéance.4-2. L’échéance c’était de perdre le break. Cela intervint à 4-3. Des fautes directes à la pelle, dont une dernière dans son jeu en revers permettait au français de recoller au score. Mieux même il allait par deux fois mettre Kiefer en position de servir pour rester dans le match. Mais l’allemand fut aussi généreux en fautes sur engagement adverse que sur quand il était sur son propre engagement. Nous eûmes donc droit à un tie-break.

Le jeu décisif de cette troisième manche commença avec un retour gagnant de revers. 1-0 Kiefer. Qui menait ensuite 3-0 via un service gagnant et un point remporté suite à un rally dans lequel il aura attiré Simon à la volée d’un amorti avant de le lober et de finir l’échange à la volée de façon croisée. Mais Simon ne se laissait pas abattre par cet avantage. Aidé par Kiefer et une nouvelle faute directe, il marquait son premier point du tie-break.3-1. Il effectuait ensuite un passing sur une montée à contre temps de Kiefer.3-2.

L’allemand remportait ses deux points de service : grâce à un enchaînement service extérieur second coup frappé coté opposé puis un service volée conclut en 2 temps. 5-2.

A partir de ce moment, Kiefer redevint passif. En cadence et même entamé, Simon faisait mieux que rivaliser. Et c’est Kiefer qui commettait un nouvelle fois la faute. Même scénario dans le point suivant mais cette fois c’est Simon qui punissait son adversaire d’un long de ligne en revers. 5-4.

Kiefer pouvait alors conclure sur son service. Agressé il effectuait une bonne défense en lob mais sur la remise en coup droit du français il ne se rapprochait pas de sa ligne de fond de court. Et envoyait dans le filet son revers frappé à 4 mètres de la ligne de fond de court. Un service gagnant lui offrait cependant sa première balle de match. Il retrouvait sa verve et terminait le match via un amorti suivit d’un lob. 7-6 (5).

Il rencontrera Nadal au tour suivant. Et sur cette performance on doute qu’il fasse long feu.

Les résultats des 1/2

Nadal bat Murray 7-6 (2) 6-3
Kiefer bat Simon 6-7 (4) 6-3 7-6 (5)

La loi du plus fort pour Nadal (vs Gasquet)

26 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Canada

montrealRafael Nadal s’est imposé en trois manches, 6-7 (12) 6-2 6-1, face au français Richard Gasquet. La première manche aura été de toute beauté. Le match baissa en intensité et niveau par la suite, le français n’ayant pu maintenir le niveau qui lui avait permis de revenir par deux fois dans le premier set alors qu’il était breaké. Nadal, lui, maintint son niveau de jeu du début à la fin du match.

Ceci explique la défaite de Gasquet, cela explique aussi pourquoi l’un est un numéro deux en passe de devenir numéro 1 et l’autre un joueur à la porte du top 10.

Mais sur cette performance, le français entraîné par Guillaume Peyre est sur la bonne voie, tant sur le plan de l’attitude (le Gasquet d’il y a 3 mois aurait perdu ce premier set) que sur celui du jeu où il sut à la fois se montrer offensif déterminé .

Ce qui n’est pas une mince affaire face à Nadal.
L’espagnol est donc en ½ finale. Comme l’an passé ce qui signifie qu’il ne perdra pas de point au classement ATP. Federer en perdant pour sa part 345, Nadal sera au pire, c’est à dire pour lui en cas d’élimination en demi finale contre Andrew Murray, à 425 points du suisse au prochain classement technique. S’il venait à remporter ce tournoi de Toronto, l’écart ne serait plus que de 150 points.

Une broutille quand on sait que Federer ayant gagné à Cincinnati l’an passé aura donc beaucoup de point à y défendre tout le contraire de Nadal qui y avait été éliminé d’entrée.

Mais revenons au match :

1er set :

Deux fois dans ce set, Nadal se détache. A 1-1 d’abord puis à 3-3. Les deux fois Gasquet revient dans la manche. Comment ? A l’évidence, Gasquet avait fait dans ce match le choix de prendre la balle tôt afin de ne pas subir l’échange. Cela avait deux nécessaires obligations : celle de jouer long au risque de se faire contrer, celle de réussir à contrôler une balle qui au moment où elle est frappée est plus « vivante » qu’elle ne le serait en attendant davantage.

Cette approche semblait la seule viable pour le français. En effet, jouer plus loin de sa ligne était la certitude de se trouver sur la défensive. Et s’il s’en sortit parfois bien dans cette filière avec de beaux contres de revers notamment, on était plus dans le cadre de l’exceptionnel que dans quelque chose de nature à se répéter régulièrement.

Gasquet variait aussi son jeu et n’hĂ©sitait pas Ă  monter par exemple Ă  contre temps oĂą derrière son service et Ă  attaquer Nadal sur son coup droit. De son cotĂ© l’espagnol orienta plus qu’Ă  son habitude le jeu sur le coup droit de son adversaire.

Les deux joueurs se retrouvaient au tie-break. Un tie break qui allait être épique avec 6 balles de set pour Gasquet, 3 pour Nadal. Qui avait pourtant été le premier à se détacher dans ce match. En effet, un coup droit freiné par la bande du filet lui avait permis de ravir d’entrée un service du français. Il confirmait ensuite en remporter ses deux services. Il menait 3-0.

2 services gagnants le ramenait à 3-2 . Il allait remporter les deux points qui suivirent sur le service de Nadal. En prenant l’initiative. Nadal ratait un amorti, Gasquet attaquait sur le coup droit de l’espagnol qui sortait sa remise.3-3. Gasquet était offensif dés le retour qui suivait. Il retournait long au centre avant d’attaquer sur le revers du n°2 mondial. Qui effectuait un slice de défense. Ce dernier forçait le français à effectuer une difficile demi volée. Nadal ne pouvait mettre son passing dans le court. 4-3 Gasquet.
Qui tentait un service volée. Nadal revenait à 4-4 d’un passing. A 5-5, un retour bloqué de Gasquet lui offrait sa première balle de set. Il tentait alors un service volée sur sa seconde balle de service. Il était puni.6-6. A 7-6 , il manquait cette fois un revers en prenant toujours tôt la balle.
A 8-7, il fautait à nouveau en revers, juste après son service. Et c’est Nadal qui avait l’occasion de conclure à 9-8. Mais il servait une première seconde coté avantage. Gasquet avait tourné son revers et son coup droit décroisé ne laissa aucune chance à l’ibérique.
A 10-9 Nadal, l’espagnol ne parvint pas à relancer une seconde balle de service adverse. Il avait laissé passer là sa dernière opportunité de remporter ce set.

Le français allait lui avoir 3 autres chances dans ce jeu décisif. Il saisissait la dernière d’entre elle. Comme sur le point précédent(qui lui permit de mener 13-12) mais sans avoir à défendre son terrain préalablement cette fois, il forçait Nadal à monter au filet. Et il trouvait l’ouverture en deux temps. Son coup droit croisé lui permettait d’empocher cette première manche. Une première manche dominé au point par Nadal(46 points contre 45) mais remporté in fine par le français, plus entreprenant dans ce tie-break. Un premier set qui aura duré 75 minutes.

2ème set :

le deuxième set fut plus court. En effet, si Gasquet eut 3 occasions de break à 1-1, Nadal remporta finalement ce jeu. Le français baissa légèrement sur le plan physique et son jeu très exigeant dans ses choix ne pouvait permettre cela. Surtout face à un joueur de la régularité de Nadal. Gasquet fit alors plus de fautes, le résultat d’un engagement physique et d’un placement de moindre qualité. Il accusa aussi le coup de ces occasions manquées à 1-1. Et se fit breaker dans la foulée pour être mené 3-1. Il perdait même cette manche en concédant une nouvelle fois son service. Sur une double faute, symbole de sa lente érosion dans ce match. 6-2.

3ème set :

La tendance qui se dégageait du deuxième set, se confirma dans le 3ème. Pas d’opportunité de break pour le français dans le début de cette manche qui n’arrive pas à passer devant malgrè une belle résistance eu égard à sa condition physique se dégradant. Il revenait ainsi de 40-15 tant dans le jeu 1 que le 3 de cette dernière manche. Mais Nadal remportait ces deux jeux tout comme les jeux de service du français qui les suivirent. L’espagnol s’appliquer à faire courir le français en s’appuyant sur son coup droit croisé. Il n’hésitait pas non plus à finir les points au filet. Un schéma qui se répétera dans cette manche avec de jolies montées à contre-temps.
Nadal menait vite 4-0. Et si Gasquet évitait la roue de bicyclette (un 6-0 ndlr), l’issue ne faisait guère de doute. Il s’inclinait 6-1.

Un match qui aura montré le potentiel de Gasquet. L’énormité du travail restant à accomplir aussi. Pensons que ce match ne se disputait pas même au meilleur des 5 manches. Et c’est là toute la force de Nadal. Par son jeu, il force les adversaires à des solutions qui portent en elles les raisons de leur très probable échec final. En effet, la prise de risque est grande tout en comportant un engagement physique, une explosivité, très important. Dans le même temps, lui impose un combat d’usure qui ne se marrie pas cette explosivité nécessaire pour espérer l’embêter. Et quand l’adversaire baisse physiquement, si tant est qu’il avait un avantage en étant en pleine forme (ce qui était loin d’être le cas pour Gasquet dans la première manche dans la mesure où il fut breaké 2 fois et gagna in fine cette manche en ayant remporté moins de points que Nadal), alors il renverse la situation à son avantage.

C’est pourquoi il sera très probablement n°1 à la fin de la semaine prochaine, après l’été au plus tard.

Les résultats des 1/4 de finale

Nadal bat Gasquet 6-7 (12) 6-2 6-1
Murray bat Djokovic 6-3 7-6 (3)
Simon bat Cilic 3-6 6-2 6-3
Kiefer bat Blake 6-1 6-2

Nadal qualifié pour le 3ème tour à Toronto

25 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Canada

Rafael Nadal s’est imposé 6-4 6-2 face à Jesse Levine pour son premier match du master series de Toronto (Canada). Après un départ difficile, il est revenu dans la partie pour remporter 11 des 13 derniers jeux disputés. Face à lui, Levine aura montré de bonne chose, nous développerons ci dessus, mais il n’avait pas les clefs de ce match en main. Et dés que Nadal, en jouant davantage avec son coup droit, trouva plus de longueur, l’issue des points changea. Et comme l’espagnol sut par la suite serrer le jeu quand Levine « repointa » le bout de son nez, c’est le numéro deux mondial qui affrontera Igor Andreev, vainqueur en 3 manches (6-4 3-6 6-4) de Tomas Berdych, au prochain tour.

1er set :

L’avance prise par l’américain s’explique par la conjonction de plusieurs éléments :

D’abord, il se montra très agressif que ce soit sur son service ou dés le retour. Sur son service il chercha davantage à faire le point en 2 temps qu’à chercher l’ace ou à faire service volée. Cette attitude est d’ailleurs chez les attaquants la traduction du ralentissement des surfaces. Ou alors deux choses : des relançeurs de meilleurs factures ou des attaquants de moindre qualité : un peu de tout cela si vous voulez notre avis. Au retour il remisait long au centre pour fixer l’espagnol et l’attaquer ensuite.

Ensuite en réussissant des longs de ligne qui exposèrent la défense de Nadal.

Enfin le numéro 2 mondial jouait court, particulièrement coté revers et cela autorisait le jeune américain à prendre l’initiative. D’autant plus que Nadal en cherchant le revers de son gaucher d’adversaire tombait aussi ce faisant sur le coup le plus sûr de l’américain. Qui a deux mains pouvait plus aisément renvoyer des coups liftés qui prennent légèrement moins d’effets que sur terre et gazon. En partie aussi parce que Nadal en raison d’un temps de préparation réduit par la vitesse de la surface imprime moins d’effet au balle qu’il frappe.

Il mena ainsi 4-1 service Nadal. Il se procura alors 2 balles de break. La seconde fut sauvée par l’espagnol d’une attaque de coup droit sur celui de son adversaire.

Nadal qui pour se donner du temps, et notamment pour jouer davantage avec son coup droit usa du slice coup qu’il travaille depuis 2 ans et qui semble être de plus en plus efficace. Un slice n’était ainsi pas relever par Levine. Nadal revint ainsi à 4-2. Le slice est aussi, on le voit avec Federer, une arme pour faire monter sur ses termes l’adversaire à la volée. Il est alors joué court, l’adversaire est contraint de monter et l’auteur du slice passe alors son opposant ou directement ou en 2 temps. Depuis, 4-2 Nadal jouait plus long. Cela poussa Levine à forcer davantage qu’il ne l’avait fait jusqu’alors. Manque de lucidité ou de discernement il frappait maintenant ses seconds coups aussi fort que son service ait fait mouche ou pas. Il effectuait alors plus de faute. Et une double faute offrait le jeu à Nadal. Qui remportait le jeu de service qui suivit blanc.4-4. Le jeu de 5-4 vit d’abord Levine se détacher à 30-0 via deux fautes en retour de Nadal. Mais Levine commettait d’abord une double faute, puis se faisait passer au filet avant d’y être attiré d’un nouveau slice pour se faire passer cette fois en 2 temps. Il sauvait cette balle de break pour revenir à 40-40. 3 égalités suite à autant de balles de jeu aller suivre avant que Levine ne commette la faute en revers en raison d’une absence d’ajustement dans son jeu de jambe. Il sortait ensuite un coup droit pour conceder son 4ème jeu d’affilée. A 40-30 dans le jeu suivant, Nadal commettait une double faute, sa troisième dans ce set. Mais son adversaire faillit sur un nouveau slice. Avant de commettre une faute en coup droit, son coup faible. 6-4 Nadal.

2d set :

Ce second set fut plus disputé que ne l’indique le score. Seulement voilà, Nadal serra le jeu :

d’abord à 1-0 Levine quand il écarta 1 balle de break d’un service gagnant.

Ensuite à 3-2 en sa faveur (après avoir breaké à 1-1 via notamment deux rally remportés et une double faute adverse) où il dut faire face à 3 nouvelles balles de break. Qu’il écarta:
en poussant Ă  2 reprises son adversaire Ă  la faute en coup droit
en effectuant un service gagnant.

Enfin en s’emparant un seconde fois dans cette manche du service adverse dans le jeu qui suivit les 3 occasions ratées de l’américain. Qui commettait 3 nouvelles fautes dans ce jeu. Fautes qui étaient autant un indice quand au fait qu’il sur-jouait que de sa frustration des opportunités gâchées.

Le dernier jeu fut une formalité et l’espagnol conclut au filet ce match.

Un bon match d’entrée dans le tournoi pour Nadal qui continuera face à Andreev sa prise de contact du ciment nord américain.

Levine lui aura montré de belle chose mais il devra hausser le ton physiquement s’il veut se hisser, pour y rester, dans les 50 meilleurs joueurs mondiaux. On demandera aussi à voir hors de son continent, la faute à la jurisprudence de ces joueurs américains qui ne brillent que sur leur territoire (Gambill, Ginepri, Isner) et qui ont tous cette caractéristique de boum boum. A cela deux bémols favorable au jeune Levine. Le fait qu’il soit gaucher et qu’il pratique un jeu qui est quand même davantage atypique (variation, jeu vers l’avant, montée à contre temps) que ses compatriotes sus-cités. Cela pouvant être mis en relation avec son gabarit(1m75, 68kg) moins robuste.

Les résultats du deuxième tour

Acasuso bat Gonzalez 6-3 3-6 6-3
Davydenko bat Haas 6-3 7-6 (6)
Wawrinka bat Safin 6-3 6-4
Soderling bat Verdasco 6-4 6-7 (4) 6-4
Gasquet bat Kudryavtsev 7-5 6-3
Andreev bat Berdych 6-4 3-6 6-4
Ferrer bat Ginepri 6-4 6-4
Nadal bat Levine 6-4 6-2
Murray bat Johansson 6-4 6-4
Blake bat Bjorkman 1-6 6-1 6-2
Simon bat Federer 2-6 7-5 6-4
Cilic bat Robredo 6-3 6-4
Kiefer bat Youzhny 7-6 (4) 7-5
Tursunov bat F Lopez 6-3 7-6 (6)

Affaire Ricco : ce n’est pas de la colère, c’est de l’indignation

18 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans Humeurs

Indignation envers le cyclisme qui ne permet plus que la logique s’applique : en effet la logique voudrait qu’un homme à la morphologie de Ricco (59kg, 1m72) puisse faire des différences significatives en montagne sans utiliser des substances interdites(*). [De la même façon que les contre la montre devraient être remportés par des coureurs au gabarit opposé et non par des "gringalets" comme Stefan Schumacher, 1m84,68kg]. Premièrement celle qu’il fit ne le fut pas, significative ndlr, et secondement si certains considèrent qu’elle l’était : pourquoi le dopage a du lui être nécessaire pour arriver à un tel résultat. Dans quelque sens qu’on prenne cette affaire, c’est l’intégrité d’une grande partie du peloton qui est mise en cause ici.

Indignation ensuite envers les coureurs. En effet on dit que l’EPO apporte un gain de performance entre 15 et 30%. Prenons l’estimation qui leur est la plus favorable. Et demandons nous comment Ricco n’a pu créer une différence que d’une minute sur la montée du col d’Aspin. Comment une bonne partie des autres coureurs non grimpeurs de métier, ne disposant pas de morphotype du grimpeur ont pu résister légalement ?

Indignation aussi envers ces journalistes de l’équipe qui nous semble aussi indĂ©pendant de leur patron Amaury qui l’est aussi de ASO la sociĂ©tĂ© qui organise ce tour que Marca ne l’est du Real Madrid en Espagne. Ainsi, on nous ressort Ă  l’envie le titre « Tour du renouveau » qu’on ne justifie jamais pour une raison simple : aucun Ă©lĂ©ment n’est de nature Ă  faire penser que cela peut ĂŞtre le cas. Et nous ne faisons pas que parler après coup. DĂ©s le dĂ©part du tour on savait que des coureurs Ă©taient sous surveillance. Comment donc faire un titre de la sorte, qui vise Ă  crĂ©er l’adhĂ©sion peu importe la dĂ©sillusion que celle-ci peut crĂ©er quand la lumière se fait.

Indignation Ă©galement envers les suiveurs et lĂ  on ne parle plus seulement des journalistes de l’équipe mais des suiveurs en gĂ©nĂ©ral qui ne sont jamais aussi prompts Ă  crier haro sur un cycliste qu’à mesure qu’il est Ă©tranger. En effet, Amstrong a Ă©tĂ© traitĂ© comme le pire des parias. Et encore cela n’est pas sĂ»r. Car au civil on ne se permet pas de bafouer les droits de la dĂ©fense comme « on » l’a fait avec l’amĂ©ricain. Qui s’est vu traitĂ© de dopĂ© alors que les gens auteurs de cette accusation savait pertinemment qu’une seconde expertise n’était pas possible. Or, il ne peut y avoir de sportif dopĂ© si une seconde expertise n’est conduite. Mais c’était Amstrong, et le plus mĂ©prisable quidam l’estimait dopĂ© alors Ă  quoi bon ĂŞtre respectueux de la procĂ©dure ? Par contre quand l’annĂ©e passĂ©e, le pauvre Gadret, coureur français et pauvre parce que ça tombe sur lui mais cela montre bien l’état du peloton, rĂ©alisa un temps sur l’ascension finale du Plateau de Beille qui ne fut que de 3m26s (48m56s contre 45m30s Ă  l’amĂ©ricain en 2004) supĂ©rieur Ă  celle du dit dopĂ© on n’accusa pas le français de dopage. Pourtant si on prend les 15% qu’on relevait plus haut, le meilleur des coureurs non dopĂ©s (ce que n’est pas Gadret) aurait du monter cette ascension au moins 6m15 moins vite que ne le fit l’amĂ©ricain. Gadret perdit deux fois moins de temps. Les chiens fermèrent les yeux.

Indignation enfin envers ceux, les anciens coureurs, qui ont institué le dopage dans le cyclisme et qui ont contribué à faire du cyclisme ce qu’il est aujourd’hui. Alors on entend déjà la sornette selon laquelle les corticoïdes et autres amphétamines prises par les coureurs à l’époque où des français gagnaient le tour (Fignon qui fut controlé positif) ne transformaient pas un routier sprinteur en grimpeur irrésistible. D’accord mais la seul raison pour laquelle ces cyclystes n’y recouraient pas est selon nous qu’à cette époque l’EPO n’était point en circulation. Leurs successeurs ne font donc rien de moins aujourd’hui que ce qu’ils faisaient à l’époque à savoir utiliser les meilleurs produits interdits à leur disposition.

Pour ne pas en rester lĂ , www.contre-attaque.fr propose plusieurs choses :

1-la mise en cure de désintoxication de tout le peloton pour une durée d’un an. Vous nous direz : certains ne sont peut-être pas dopés. C’est juste mais un aperçu des ravages que peut faire le dopage ne peut être qu’une expérience enrichissante et qui les dissuadera s’il était nécessaire d’y recourir après cette période. Si il est considéré qu’un an est une période trop courte, allongeons cette proposition qui n’est qu’un exemple. Cela soignera ces coureurs, cela aussi aura un avantage sur la lutte anti-dopage après désintoxication. Ayant tout leur paramètre et sur une période longue, on verra alors d’autant plus facilement qui triche. Pour celui(ceux)-là, une sanction : la révocation de ce sport qu’elle que soit le niveau pratiqué.

2-nous parlerons ici plus de la course, qui est cadenassĂ©e depuis des annĂ©es entre autres par des Ă©quipes qui font des trains que ce soit en montagne pour empĂŞcher les vellĂ©itĂ©s d’attaque que sur les Ă©tapes de plat pour mettre leurs sprinters dans les meilleurs conditions pour l’emporter. Pour Ă©viter cet Ă©cueil, nous proposons 2 choses. D’une part, l’interdiction des cardio-frĂ©quence-mètre et des oreillettes pour mettre les coureurs face Ă  eux-mĂŞmes. D’autre part et de façon plus importante, la rĂ©duction du nombre de cycliste par Ă©quipe Ă  4 . Cela aura plusieurs avantages outre celui voulue au dĂ©part :

L’un d’eux sera de permettre la création d’équipe par des sponsors de moindre envergure les frais à 4 étant différent des frais à 9.

Un autre est le fait que la dissémination obligée qui en résultera des leaders ne semble être pour nous qu’un facteur poussant vers une course plus débridée.

Quant au fait que cela pourrait faire trop de voitures suiveuses, chaque équipe n’aurait plus alors besoin que d’une voiture, contre 2 actuellement, ce qui permettrait de doubler le nombre d’équipe pour avoir un statu quo dans ce domaine tout en conservant un nombre d’ensemble de coureur équivalent.

(*) rappelons que lui et son Ă©quipe ont hier quittĂ© le tour suite Ă  son contrĂ´le positif Ă  l’Epo et sa mise en garde Ă  vue qui l’a empĂŞchĂ© de prendre le dĂ©part ce qu’il aurait pu faire sans cette mise en garde Ă  vue en attendant le rĂ©sultat de la contre-expertise

Nadal a un coeur Ă©norme

6 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Wimbledon

Rafael Nadal s’est imposé en 4h48 et 5 manches 6-4 6-4 6-7(5) 6-7 (8) 9-7 face au tenant du titre Roger Federer. Un match à 2 histoires : la première vit Nadal dominant, remportant les points importants et dominant à l’échange. La seconde vit un Nadal conscient que la victoire était proche et qui joua petit bras osons l’expression ce qui entrouvrit une ouverture dans laquelle un offensif Federer s’infiltra.

wimbledonUn offensif Federer, il y a là quelque chose de nouveau qui sonne à notre oreille. En effet, Federer s’employa à aller de l’avant. Mais il eut face à lui un roc. Et il nous fit penser toutes proportions gardées à Lyon en football. Qui domine dans son championnat mais faute de compétition comparable(sur le plan du niveau) à ce qui existe en champions league expérimente toujours une sensation nouvelle et d’un niveau supérieur, à l’heure d’aller au bout en ligue des champions. Et comment tirer plein avantage de ce nouveau choix tactique quand:

d’une part c’est une volonté nouvelle (avec les balbutiements que cela implique lui qui n’est déjà pas à la base économe en faute directe) et

d’autre part elle ne peut s’évaluer que contre un adversaire qui joue au dessus de tous les autres et qui est en plus gaucher. En d’autres termes tout rodage préalable ne garantira jamais que cela fonctionnera avec ce joueur atypique.

Mais plongeons nous dans ce match :

Set 1 : durée 48 minutes

Dans ce set 1, Nadal joue exclusivement ou presque(il aura son importance) le revers de Federer quand il sert. Quand l’échange s’engageait, il pilonnait le revers adverse en hésitant pas une fois le suisse fixé sur ce coté de frapper plein pot long de ligne sur le coup droit du suisse. (voir jeu 1, 3,6 notamment). Globalement dans ce set, l’espagnol domine à l’échange et s’assure des points « faciles » dés lors qu’il passe sa première balle de service.

De son coté, Federer joua vers l’avant (11 montées gagnantes sur 14) , et n’hésita pas pour se faire à attaquer plein coup droit de Nadal. Par contre il lui fallait dans ce set passer des premières balles de service s’il ne voulait démarrer l’échange en subissant.

Le jeu 3 fut sur ces points significatifs.

Federer attaquait d’abord le coup droit de Nadal. Sa montée fut gagnante en 2 temps. Un coup droit long de ligne à l’échange permettait à Nadal de revenir à 15-15. Federer enchaînait ensuite son service par une faute directe, ce qui ne fut pas sans rappeler ses ratées dans ce domaine à Roland Garros.15-30.Une faute de Nadal en revers ramenait les deux hommes à 30-30. Federer se trouvait en panne de première. Un revers gagnant de Nadal donnait une balle de break à l’espagnol. Qui la convertit, sur une faute directe du suisse.

L’espagnol montra aussi dans ce premier set, une capacité plus grande à écarter les opportunités adverses de faire la différence. Ainsi dans un jeu où il avait mené 40-0, Nadal dut faire face à une balle de break. Mais Federer dans son style offensif (il utilisa bien le coup droit décroisé quand il tournait son revers et le revers croisé court quand il ne le faisait pas) qui appelle la faute ne put contrôler un lift de revers de Nadal. Qui confirmait son break pour mener 3-1. De même à 5-4, quand Nadal servit pour le set, il écarta 2 balles de break. La première d’un passing en deux temps, la seconde via une variation au service. Il choisit en effet de servir droit sur le suisse qui n’eut pas le temps de se dégager pour. Une fois ces deux balles de 5-5 sauvées, Nadal pilonnait Federer sur son coté revers qui par deux fois cédait. 6-4.

Set 2 : durée 46 minutes

Dans ce set 2, Federer est agressif (5 montées sur 12 gagnantes) mais manque trop de constance en coup droit pour aller jusqu’au bout. Signalons aussi un fort vent latéral qui gêna les joueurs. Nadal lui eut un jeu sans au service, pas de première balle, ce qui lui coûta le jeu 2. Un jeu où il se montra aussi moins agressif lors de son second coup de raquette ce qui donna tout loisir à Federer de l’attaquer sur des balles rebondissant à la hauteur du carré de service. Un amorti suivit au filet de Federer permettait au suisse de mener 0-15. Un contre de coup droit 0-30. Nadal revenait à 30-30 via une faute en coup droit de son adversaire puis un passinge en 2 temps alors que Federer l’avait attaqué sur son coup droit à lui. Une seconde balle de Nadal donnait l’occasion à Federer d’attaquer. Sur le coup droit de l’espagnol, cela offrait une balle de break à Federer. Qui passait Nadal au filet sur un second coup trop neutre de l’espagnol. Le suisse menait 2-0. Les joueurs conservaient ensuite leurs engagements jusque 4-2. Moment où Nadal enchaîna 4 jeux consécutifs pour remporter le set 6-4. A 4-3, 2 fautes en coup droit de Federer ajouté à 2 passing de Nadal dont un sur une montée à contre temps du suisse permirent à Nadal de refaire son retard. A 4-3, Nadal fit ce que Federer administra à Hewitt ou Safin aux tours précédents, c’est à dire sauver des balles de break pour ensuite breaker lui dans la foulée. Il effaçait la balle de break via de la variation au service. Il choisissait en effet de servir plein coup droit adverse. Avant de revenir à 4-4 via un passing gagnant puis une nouvelle variation au service avec un service sur Federer. A 4-4, il se détachait à 0-40 via une faute du suisse après un retour long lifté, un échange gagné en s’acharnant sur le revers adverse et en contrant le suisse avec son revers sur le coup droit de ce dernier. Si Federer sauvait une première balle de 5-4 Nadal, il cédait à la seconde. Nadal contrait d’abord en long de ligne avant d’asséner un coup droit décroisé dans le replacement du suisse. Dans le jeu suivant, où il servait pour le set, il dut écarter une nouvelle balle de break après avoir été trompé par le vent. Mais une défense conclue d’un contre le ramenait à égalité. Dans ce jeu, il servit peu de première mais le fort vent gênait autant Nadal au service que Federer au retour. Qui fautait deux fois pour céder la deuxième manche 6-4.

Si on fait un bilan après ces deux sets, Nadal domine à l’échange, Federer est agressif mais il commet des fautes, trop, ce faisant et son pourcentage de réussite au filet baissa avec le temps. De son coté Nadal semble intouchable dés lors qu’il sert des premières. Mais il doit faire attention pour que cela soit aussi le cas quand il sert des secondes à rester agressif sur le second coup de raquette qu’il a à jouer.

Set 3 : durée 61 minutes

Nadal dans la lignée du set précédant à 4-3, sauve deux balles de break à 2-1 puis 3-2 Federer. Avec notamment un enchaînement service extérieur coup suivant frappé dans le coin opposé. A égalité, un service au T gagnant, puis une faute en revers de Federer lui permit de revenir à 2-1.

(Notons qu’Ă  2-1, voir ci-dessus, Nadal se tordit le genou droit Ă  la suite d’une glissade sur un contre pied de Federer, semble-t-il sans Ă  en subir dans la suite de la partie des effets nĂ©gatifs)

A 3-2 et 2 nouvelles balles de break pour le suisse, 2 fautes en revers sur seconde balle de service permirent à nadal de revenir à égalité. Un échange axé sur le revers du suisse suivit d’un service au corps enchaîné d’un coup droit sur le revers adverse le ramenait à 3-3. A 3-3, deux passings dont l’un sur un service volée de Federer lui offraient trois balles de break. On le vit alors regarder le ciel menaçant et il y avait un « pas une averse alors que je suis en train de gagner mon premier Wimbledon » dans le regard qu’il porta à ce moment vers les menaçants nuages.(il est tout aussi probable qu’il pensait à tout autre chose, disons le pour ne pas tromper notre monde). Si nous disons cela c’est parce qu’il joua soudain plus court, fit davantage de fautes. Si Federer servit d’abord sans que Nadal ne puisse renvoyer dans le court, c’est bien une faute directe de nadal qui ramena le suisse à 30-40. Et une faute en revers sur seconde balle à 40-40. Revenu de nulle part, Federer servait deux fois gagnants. Il menait 4-3. La partie était interrompue à 5-4 Federer service Nadal. Les deux joueurs ne tremblaient pas à la reprise (19h12 ndlr) et c’est au tie-break que se conclut cette 3ème manche : A 3-2 dans le jeu décisif, Federer tourna son revers sur une seconde balle pour jouer un coup droit décroisé gagnant, il menait 4-2. Plus aucun joueur ne perdait son service et c’est Federer qui revint finalement à 2 sets à 1 via un ace extérieur.7-6(5). Nadal avait dans ce set raté sa première opportunité de conclure.

Set 4 : durée 58 minutes

Ce set 4 ne change pas grand chose à la tendance selon laquelle Nadal domine les échanges qui durent. Sauf qu’il ne les conclut pas tous à son avantage, mais que c’est toujours lui qui décide de l’issue. Soit il va à la faute, soit il remporte le point. Federer de son coté est à son « avantage » dans une filière courte et il fut efficace dans un domaine, quand il accomplit les efforts de placement nécessaire, c’est quand il frappa des coups droit décroisés coté revers. Il prit aussi la balle tôt, et la difficulté de la tâche expliqua en partie ses fautes, en partie seulement car il commit aussi pas mal d’erreur sur des points qui ne présentaient pas de difficulté particulière pour un joueur qui aurait eu le soucis d’ajuster son placement en fonction de la balle adverse.
Au filet son pourcentage de réussite continua à baisser (3/15 dans cette manche). Une seule alerte dans ce set qui finit au tie-break. Elle fut pour Federer. A 5-4 nadal défendait admirablement son terrain. Et remportait un point mal engagé pour lui via un contre amorti. Un passing croisé le plaçait à 2 points du match. Un service gagnant faisait passer le score à 15-30 Il permettait ensuite à Federer de mener 40-30 via une faute en coup droit puis revers. De là, le suisse enchaînait avec un coup droit décroisé après son service. Pour revenir à 5-5. Nadal donnait pour la deuxième fois en position favorable l’impression de jouer petit bras.

Vénus Williams remporte un 5ème Wimbledon

5 juillet 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans 2008, Wimbledon

Venus Williams s’est imposée en deux sets 7-5 6-4 face à sa sœur Serena . La voilà désormais championne à Wimbledon pour la 5ème fois en 7 finales jouées.

Si sa sœur a connu le meilleur des départs, Venus a davantage que sa cadette montré sa capacité à alterner différentes façon de jouer : attaque, attente et défense.

De plus elle a su aussi faire mouche sur le peu d’opportunité qui s’offrirent à elles contrairement à son adversaire qui non seulement ne rivalisa pas dans ce secteur mais commit en plus des fautes directes ou de jugement dans ces moments. Serena Williams qui fit aussi des fautes quand elle fut sous pression. La victoire de Vénus Williams ne souffre dans ce contexte d’aucune contestation malgré le fait que Serena a pu paraître la joueuse capable de faire au plus vite la différence à l’échange.

1er set :

Dans ce début de match, S.Williams prend le jeu à son compte. Elle prend la balle tôt et se montre agressive dés le premier coup de raquette. Elle se procure rapidement 3 balles de break quand elle mena 0-40 au premier jeu. Un revers croisé d’attaque ne laissa aucune chance à V.Williams. La cadette menait donc 1-0. Dans ce début de match, Serena se montra également impressionnante au service. Ainsi deux premiers jeux de service facilement remportés lui permirent de mener 4-2. Mais la marge entre sa domination et un retour de sa sœur n’était pas importante. C’est pourquoi cette dernière revint dans la partie.

En effet, V.Williams fut mise sous une pression constante au commencement de partie. Au début à la peine quand l’échange durait (et particulièrement quand son adversaire orientait le point sur son coup droit), elle accomplit un formidable travail tactique pour dérégler sa sœur. Elle prit en effet le filet d’assaut mais souvent suite à des attaques à contre temps. Non seulement cela fut efficace (grâce à ses qualités dans ce secteur) dans un premier temps ( deux points gagnés de cette façon dans les jeux 3 et 5 un point dans les jeux 7 et 8 ) mais quand elle ne monta plus dans un second temps, le doute s’était instillé chez Serena Williams qui se mit à rater davantage, pas tout à fait certaine de l’attitude qu’adopterait sa sœur. Serena Williams qui commit plus de fautes aussi parce qu’elle pratiquait un jeu à risque qui avait marché à la perfection en début de set mais qui appelait logiquement des fautes (la conséquence de ces prises de riques).

Ceci plus la tactique de sa sœur fit qu’elle commença à commettre des fautes, à frapper moins de première balle (et à être moins percutante ce qui contribua, particulièrement dans le second set, aussi à mettre en valeur le jeu de défense de son ainé.)

Ce fut le cas à 4-3 Serena, cette dernière au service. Elle commettait plusieurs fautes. L’une d’elle, lors du coup qui suivit son service la vit concéder une balle de break. Au prix d’un enchaînement service extérieur coup dans le coin opposé elle écarta cette balle de 4-4. Vénus alla de l’avant sur le point suivant pour se procurer une nouvelle balle d’égalisation. Sur celle-ci, Serena commit une nouvelle faute après son service.

A 4-4 un long jeu s’engagea. V.Williams dut sauver deux balles de break (passing sur volée trop tendre puis plus tard dans le jeu une attaque gagnante après son service) et après 4 égalités, elle remporta son jeu de service pour mener 5-4. A 5-5, elle gagnait facilement son jeu de service. Pour obtenir un tie-break il fallait maintenant que S.Williams conserve son engagement. Ca partait mal avec une faute directe en coup droit. Un coup droit gagnant de Vénus permettait alors à cette dernière de se détacher à 0-30 dans ce jeu. Serena revenait à 30-30 (via un service gagnant notamment). Sur le point suivant, V.Williams fit bouger sa sœur avec des rôles inversés par rapport au début du set, et Serena craquait finalement en revers. Une nouvelle faute en revers permettait à l’aîné des deux sœurs d’emporter cette première manche 7-5.

Un première manche où elle aura finalement bien réagi après avoir subi la puissance et la précision des coups de sa sœur pour dans un second temps semer le doute dans l’esprit de celle-ci avant d’engranger des points via des fautes de cette dernière et par ses propres initiatives.

2ème set :

Ce set fut celui des occasions manquées pour Serena Williams : en effet elle ne sut pas se montrer assez constante pour concrétiser les opportunités qu’elle se créa. Ainsi, elle sut faire la différence au retour ou à l’échange mais quand vint le temps de conclure ou de se mettre en position de conclure, elle commit des fautes(le faible nombre de fautes directes figurant dans les statiques du tableau ci joint à cet article ne montre qu’une chose qu’on dénonçait déjà hier, la générosité des statisticiens de ce tournoi de Wimbledon qui à l’évidence voient plus facilement des points gagnants que des fautes directes ou qui font clairement le choix de privilégier les premiers au détriment des secondes, au mépris de toute réalité nous tenons à le souligner).

Statistiques du Match
S.Williams V.Williams
% de 1er service 67 % 63 %
Aces 9 4
Double fautes 1 3
Fautes non provoquées 11 13
Pts gagnés sur 1er service 75 % 61 %
Pts gagnés sur 2d service 23 % 56 %
Pts gagnés sur service adverse 41 % 42 %
Balle(s) de break convertie(s) 15% 57%
Approche vers le filet(% de réussite) 60 % (9/15) 83 % (15/18)
Total de points gagnés 75 82
Service le plus rapide 195 km/h 208 km/h
Vitesse moyenne du 1er service 175 km/h 179 km/h
Vitesse moyenne du 2d service 140 km/h 148 km/h
Source : wimbledon.org

Elle pécha beaucoup en coup droit dans ce set, 2 par exemple dans le jeu 1 où elle se procura 1 balle de break. A sa décharge aussi, Vénus sut élever son niveau quand mise sous pression. Ainsi si elle céda finalement son engagement à 1-1 : ce ne fut pas sans avoir écartée 6 balles de break au préalable dont 4 furent sauvées grâce à son seul mérite (défense puis contre, service au T suivi d’un coup gagnant long de ligne, ace extérieur, passing), les autres furent sauvées suite à des fautes directes adverses.

Et surtout, elle débreaka dans le jeu suivant. Un retour gagnant, un passing croisé, et un point de défense conclu avec un slice suivi d’un passing long de ligne lui permit de se procurer une balle de break. Elle pilonna alors le coup droit de Serena pour revenir à 2-2.

Elle gagna alors facilement ses jeux de service ce qui l a mis de nouveau en position de mettre sa sœur sous pression à 5-4.

Serena démarrait ce jeu par un service gagnant. 15-0. Un nouveau service la mettait en situation favorable mais elle commit la faute en tournant son revers pour frapper un coup droit décroisé. L’ajustement fut insuffisant. Elle trouva le filet.15-15. Une nouvelle faute en coup droit après son service, une bonne seconde, la plaça à deux points de la défaite. Elle dominait le point suivant mais sans pouvoir conclure, la faute à une défense énergique de sa sœur. Qui finalement reprenait le dessus et finissait le point d’un revers long de ligne. Serena sauvait la première balle de match d’un ace extérieur, mais sur la seconde et déporté dans le couloir par un revers croisé de Vénus, elle décidait malgré tout de jouer son revers long de ligne. Elle ne trouvait que le couloir. 6-4.

Vénus Williams remportait ainsi son 5ème Wimbledon.

Cela venait conclure une finale qui comporta quelques clefs tactiques intéressantes (notamment sur la façon dont ce match tourna petit à petit) mais qui ne fut pas d’un niveau exceptionnelle la faute notamment à un second set entaché de fautes de chaque coté du filet. A ce petit jeu, V.Williams fut la plus économe dans ce secteur, la plus performante aussi dans les moments clefs et dans la mesure où elle réalisa un match plus complet, elle constitue une méritée championne de ces internationaux de Wimbledon 2008.

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