Le multiplex ou comment ne rien voir

29 mai 2008 par Erwan Delcourt  
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Le multiplex fait recette ces temps-ci.
Cyril Linette, responsable du service des sports de Canal, s’est félicité du succès de cette opération ayant eut lieu pour les deux dernières journées du championnat de France de football. Par succès, comprenez qu’il fut très regardé. Si on peut comprendre pourquoi ce type d’émission a du succès pour le néophyte (qui passe de match en match sans avoir le temps de s’ennuyer de par l’addition de son manque de connaissance du sport qu’il regarde et du manque de pédagogie des commentateurs qui devraient l’éclairer plutôt que de le bercer de discours ou sans consistance ou le confortant dans des préjugés qui n’ont d’égales que leur simplicité) on comprend sans plus de difficultés qu’il frustre l’aficionados, dit en français le passionné.

En effet, il est alors impossible de suivre la trame d’un match en particulier, d’en apprécier soi-même la tactique et les clefs. Ceci est vrai pour le football, cela ne change pas davantage pour le tennis. En effet, on en est réduit et malgré le passage au service public avec la supposée neutralité que cela devrait exiger, à faire confiance à des journalistes qui manquent pourtant de crédit.

Comment croire à l’analyse d’un Chamoulaud par exemple qui « assassina » en finale de coupe Davis 2002 Youzhny quand ce dernier perdait 2 sets à 0 face à Mathieu avant de faire de même au détriment de ce dernier quand le russe renversa finalement la vapeur.
Comment croire l’analyse d’un Arnaud Boetsch quand il parle de Federer alors qu’il passa la demi finale de l’open d’Australie dans la partie réservée aux proches de suisse et semble tout voir le concernant de façon positive. Il rate c’est la malchance, il réussit c’est le génie.

Comment croire encore un Arnaud Boetsch qui fait deux poids deux mesures. Quand on lui rapporte des propos de Bartoli (qui fatiguée et lasse d’un tennis qui occupe toutes ses pensées depuis le début de l’année, elle dit avoir décidé de se couper du monde extérieur pour oublier qu’il y a Roland Garros qui continue sans elle), il assène un « C’est triste d’entendre de tel propos de la part de Bartoli […] Faire croire que le tennis est un sport stressant… » Cette phrase serait une critique acceptable si elle était circonstanciée eu égard au comportement d’autres français ou d’autres joueurs qui ont un attachement au tennis plus que limité en comparaison de Bartoli, nous parlons ici:

de Tsonga (« si c’est pour avoir 10 ans de tennis comme ca, non merci » dit il après 1 mois de sollicitation suivant son exploit en Australie)
de Gasquet ( on ne compte plus ses sorties où il dénigre le sport qu’il pratique)
ou de Monfils (qui reconnut n’avoir regardé aucun match pendant sa convalescence avant que Tsonga n’arrive en finale de l’open d’Australie)
ou encore son copain suisse Federer qui, interrogé sur les performances de Murray avait répondu qu’il avait autre chose à faire que de regarder du tennis quand il n’y jouait pas.

Mais on imagine bien que pour Boetsch il est plus facile de taper sur quelqu’un qui par ses choix n’est pas dans la filière commune que sur d’autres qui sont plus dans le circuit. Il n’en reste pas moins que ce manque d’impartialité ne nous pousse pas à la confiance en ces analyses et jugements.

Comment croire enfin en la lucidité d’une équipe de journaliste qui d’une part à transformer au mépris de toute neutralité l’adage « que le meilleur gagne » par « que le français gagne » et d’autre part nous pousse à regarder un Monfils Clément à 2 sets 0, 3 jeux à 0 pour le premier nommé alors que des matchs à suspense (début du 5ème set entre Mathieu et Hernandez et Llodra Berdych qui en était à 1 set partout) et impliquant en plus pour eux des français se déroulaient à la même période.

Non décidément si le passionné doit subir le multiplex plus une analyse biaisée, ceux qui ont le tennis au cœur et à l’esprit seront biaisés. Que cela se passe sur le service public, qui a notamment une exigence de neutralité, et non via une entreprise privée rend la chose plus grave.

Avoir des couilles mon cul!

29 mai 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans Humeurs

Si l’on en croit Pierre Menés, Raymond Domenech a eut des couilles. De quel genre de bravoure parle-t-il ?

Prendre Gomis et Mandanda aux dépens de Cissé et Landreau.

Apprécions avec lui, le « courage » du sélectionneur français.

En Gomis et Mandanda, il a pris les chouchous du public et a écarté 2 joueurs qui ne répondent pas à cette caractéristique. Pire pour Cissé, Gomis avait marqué la veille 2 buts contre le puissant et redoutable équateur. Oubliées les années de travail du marseillais. Oubliée sa polyvalence acquise au gré de ses passages à Liverpool, Auxerre et Marseille. Oubliée sa capacité à répondre le jour J au niveau international.
Ce qu’il prouva à Liverpool où on n’a pas oublié son but décisif en finale de la Cup face à West Ham (2006) et son dévouement quand il précipita son retour de blessure pour contribuer au titre des Reds en finale de la ligue des champions(2005).
Ce qu’il prouva aussi à Auxerre où on sait ce qu’on doit au protégé de Guy Roux. Son titre de meilleur buteur parle pour lui.
Et ce qu’il prouva enfin à Marseille, où sans ses buts décisifs à Saint Etienne l’an passé et contre Strasbourg cette année, on ne parlerait pas au passé et peut être au futur de ligue des champions du coté de la Cannebière. Mais l’instantané a parlé. Avec lui la foule et parmi elle Domenech. Adieu Cissé. Doit on ici rappeler les paroles d’un entraîneur de renom, Sir Alex Ferguson qui dit dans un de ses ouvrages « The will to win » (la volonté de gagner) que c’est le travail d’un entraîneur de voir au delà de l’évidence. L’évidence disait Gomis, Domenech a dit Gomis. C’est un constat.

Et voilà que se profile Landreau. Placé lui aussi sous la vindicte populaire, ses performances ne parlaient pas pour lui cette année. Mais il avait la confiance du sélectionneur. Qui, si ce n’est lui, nous avait parlé du poste particulier du gardien de but, de la psychologie de celui-ci, etc ? Raisons qui venaient justifier une intangible hiérarchie Coupet, Landreau Frey. In fine le courage pour Pierre Ménes c’est de faire le choix du reniement de ses convictions, convictions qu’on avait l’outrecuidance de nous présenter comme étant réfléchies et raisonnées. Alors voilà, pour faire la place au favori de la foule Mandanda, on a numériquement et d’après ce qui nous était dit éjecté le N°2. En effet, il était plus facile de sortir Landreau que Frey qui avait moins fait pour son discrédit que le gardien parisien. Peu importe qu’on se désavoue une seconde fois ce faisant. Apprécions aussi le courage de prendre une décision qui n’aura de plus que peu de chance d’influer, Coupet étant l’indiscutable N°1. Mais l’instantané a parlé. Avec lui la foule et parmi elle Domenech. Adieu Landreau.

Mais allons plus loin.

Nous le voyons, il n’y avait aucun courage dans les 2 choix sus-cités de Domenech. Aller plus loin c’est dire ce qu’aurait été le courage en la circonstance :

Par exemple, écarter des joueurs médiocres quand des joueurs de qualité et disposant d’expérience sont disponibles. Dans la première catégorie, Squilacci et Boumsong dont l’addition des « qualités » respectives ne suffirait pas à créer un joueur moyen. Dans la seconde catégorie Mexes et Clichy. Songer, supporter de l’équipe de France il y en a, que si Thuram (qui ne semble jamais aussi bon que quand on pense à Boumsong) et Evra se blessaient ou venaient à être indisponibles, c’est ou Boumsong ou Squilacci qui entrerait dans la lumière. Saisissant.

Le second exemple que nous développerons est le suivant. Etre courageux, c’eut été écarter Lilian Thuram. Alors on entend déjà certains avancer le fait que c’est Thuram qui a sauvé la patrie France du « buteur » équatorien Tenorio en première période. Ces personnages oublient seulement que s’il la sauva dans un second temps, c’est parce qu’il l’avait mis en péril dans un premier. Et qu’un attaquant de classe, ce qui exclut Tenorio mais inclut Toni, Van Nistelrooy ou osons Mutu, n’auraient jamais donné une seconde chance à Thuram.

Alors à l’heure du bilan, que remarquons-nous ?

Que là où aucun courage mais de l’incompétence, par rapport à soi même et à son poste, était nécessaire, Domenech trancha. Mais que là où celui-ci était exigé, l’entraîneur français répondit absent.

Ce dernier payera pour les conséquences de ses actes. Mais Ménes lui sera toujours là. Et il pourra continuer à dire noir et blanc dans la même minute sans avoir à répondre de son inconséquence.

Manchester vs Chelsea Notation

22 mai 2008 par Erwan Delcourt  
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Van der sar : 8 les 10 jours pour préparer la finale lui auront fait le plus grand bien, lui qui était apparu émoussé lors de ses dernières sorties. Un jeu au pied d’une fiabilité exemplaire. Prudent sur les corners. Ca en dit long tout de même que la seule occasion où il ait du intervenir soit suite à une tête défensive de Ferdinand. Décisif lors de la séance des tirs au but où il partit 4 fois sur 7 du bon coté.

Evra 7 Sa complicité avec Ronaldo est un régal. Très sur techniquement, ses dernières passes ne furent pas toujours de toutes premières qualités. Une menace constante. Défensivement, il ne fut pas pris en défaut.

Vidic 7 Son duel avec Drogba promettait d’être épique. Il le fut. Tranquille en première période il commit davantage de faute en seconde ce qui contribua à la meilleur forme de Chelsea, ces fautes permettant à tout le bloc de Chelsea de remonter. Des interceptions vitales (56 ; 59). Il n’en rajoute pas sur la baffe de Drogba. Décisif

Ferdinand 7.5 Impérial. Duels gagnés, interceptions, sûreté dans la relance. Une alerte en seconde période (il fut victime de crampes). Sans suites.

Brown 7.5 Passeur décisif, et du pied gauche s’il vous plait, il fut impassable dans les duels. Première période exceptionnelle avec notamment un changement d’aile (38ème). Moins en vue par la suite, principalement parce qu’on vint moins le chercher dans le duel, il ne rechigna jamais à aller de l’avant.

Hargreaves 6 La polyvalente recrue a justifié sa sélection dans le 11 de départ. Plus à l’aise sur un coté que dans l’axe en fin de match. Nerveux en fin de match, il sut retrouver sa lucidité pour tirer le plus beau penalty de la séance.

Scholes 5.5 On ne nous enlèvera pas de l’idée que son choc avec Makelele et le nez cassé qui s’en suivit altérèrent ses capacités respiratoires. Il contribua néanmoins à faire la différence, que ce soit dans ses décalages (transversales) et sur le but bien sur.

Carrick 5 Idem que Scholes avec un volume différent. Il rate l’occasion du 2-0. Mais marque son penalty.

Ronaldo: 8.5 Match de classe mondiale. Il montra en première période toute l’utilité des prise à 2 ou plus. Martyrisa Essien. Victime d’un attentat de Carvahlo en fin de première période, la suite de son match ne sembla pas attester d’une baisse de forme. Trouvé plus loin des buts, il fut moins dangereux mais y alla de quelques percées (94 ; 102 ;112). Il rate son penalty. Si syllogisme il doit y avoir, cela tend plus à le rapprocher des légendes, Baggio Baresi Platini, qu’autres choses.

Tevez 5 Difficile soirée pour l’argentin pas toujours heureux dans ses initiatives (comme sur cette frappe dans les 6 mètres 42ème). Mais une activité énorme. Du début à la fin. Penalty réussi.

Rooney 7 Clairement en difficulté sur le plan physique. Il disparut peu à peu du match. Une première période précieuse dos au but dans son jeu de remise (7 ; 10 ;13 ;20 ;24 ;25 ;31 ;32 ;37) et une présence justifiée par des passes « lumineuses » :pour Ronaldo (33ème 99ème) Tevez (42ème, 91ème).

Manchester fait durer le suspense

21 mai 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans Finale

Manchester United a eu besoin de la séance des tirs au but pour remporter la troisième ligue des champions de son histoire. Une victoire méritée face à un adversaire qui réagit certes mais qui aura payé cher l’inconséquence de son attaquant Didier Drogba.

Les mancuniens se seront crées les plus franches occasions et auront bien récupérées de leurs efforts pour reprendre le contrôle du match ,contrôle qu’ils avaient pour partie perdu en deuxième période, en prolongation.

La première période nous offrit un magnifique exemple de ce que peut faire un 442 face à un 433. Manchester avait pour cette finale opté pour un 442 traditionnel avec Hargreaves et Ronaldo coté droit et gauche et Tevez et Rooney en pointe. Chelsea était face à lui déployé dans son traditionnel 433, Lampard Ballack et Makelele formant un triangle dont le français était la pointe défensive.

Le club de Ferguson eut l’initiative dans cette première mi-temps. Comment ? Grâce à 4 éléments :

Le premier consista à aller sur les cotés le plus rapidement possible en première intention, ce afin de profiter de l’absence de milieu blues dans cette région. Dans ce domaine les mancuniens agirent beaucoup par transversale, via Carrick et Scholes (4 ;7 Ronaldo ;11 ;12 ;29 ;38 ;40)
Le deuxième fut de jouer sur Rooney en appui (7 ;10 ; 13 ; 24 ;25 ;31 ;32 ;37) pour fixer les défenseurs de Chelsea et ensuite aller sur les cotés pour exploiter les espaces créés dans l’axe de la défense.
Offensivement on peut résumer en disant que le 442 n’est jamais aussi efficace que quand il commence ces actions d’un coté pour les finir de l’autre. Cette navette pouvant se faire plusieurs fois dans une même action.
Le troisième consista à presser haut et en rangs resserrés, les défenseurs de United pouvant rivaliser en vitesse avec Didier Drogba. Le fait de jouer haut leur permit à la récupération du ballon de trouver ses joueurs dominants dans une zone du terrain où ils étaient en capacité de faire mal.
Le quatrième élément fut la générosité des joueurs mancuniens dans le replacement défensif. S’ils avaient un avantage dans la largeur, celui-ci impliquait un désavantage dans l’axe. Il était donc nécessaire qu’à la perte de balle et en fonction du positionnement du ballon, Ronaldo à gauche ou Hargreaves à droite viennent compenser dans l’axe en se repositionnant latéralement. Afin de gêner la relance des joueurs d’Avram Grant, il fallait aussi presser Makelele. Tevez et Rooney s’en chargèrent tour à tour. Ce dernier point nous amène aux contrepartie du 442 face à un 433. La présence de deux attaquants face à un adversaire n’en disposant que d’un (avec tout ce que cela implique nous l’avons laissé deviner dans la couverture des espaces particulièrement), les deux milieux axiaux face au 3 de Chelsea nécessite des compensations qui font qu’on s’expose sur le plan physique. Il faut alors faire la différence si on ne veut pas le payer par la suite. Manchester réussit presque dans ce domaine, le presque faisant toute la différence entre un match « plié » à la mi-temps et un match relancé, ce à quoi nous eûmes droit.

liguechampionLes hommes de Ferguson, le premier quart d’heure passé, lancèrent les premières banderilles. Evra d’une longue balle dans la profondeur coté gauche, trouvait Ronaldo. Ce dernier exploitait toute l’opportunité que lui offrait un 1 contre 1 avec Essien dans le dernier tiers du terrain. Il éliminait le ghanéen prés de la ligne de touche avant de centrer au second poteau pour un Hargreaves que se révéla trop court.

Le milieu de Manchester fonctionnait bien en son coté gauche. Ronaldo temporisait, le temps pour Evra de faire un appel. Le portugais transmettait au français. Le centre de ce dernier fut repoussé par la défense des blues. Chelsea tentait de sortir la tête de l’eau. Lampard résistait alors à une charge pour effectuer un centre. Vidic s’interposait et mettait en corner.

A la 25ème minute, les red devils ouvraient le score. Prés du poteau de corner coté droit. Une touche de Brown était suivie d’une 1-2 entre le latéral droit anglais et son compatriote Scholes. Il rentrait alors dans l’axe et déposait sur la tête de Ronaldo son centre pied gauche. Le portugais profitait là d’une erreur d’appréciation de Essien et trompait d’une tête décroisée Cech. 1-0.

4 minutes plus tard, Brown coté droit adressa un centre vers le second poteau. Ronaldo remisa en retrait mais la défense de Chelsea écarta le danger.

A la 33ème, Lampard résistait à une charge d’Hargreaves pour ensuite centrer vers Drogba au second poteau. Lequel prit le dessus, une rareté en cette première période, sur son défenseur pour remiser dans l’axe. Remise qui créa la panique dans la défense adverse. Ferdinand se vit contraint, sous la pression de Ballack d’écarter le danger d’une tête. Mais celle-ci força Van der Sar à une manchette.

Le corner ne donnait rien mais permettait à Manchester de contre-attaquer. Rooney d’une longue transversale de droite à gauche trouvait Ronaldo qui servit en première intention Tevez dans la surface. Ce dernier était plus prompt que Terry au premier poteau et réalisait une tête plongeante. Cech réalisait alors un arrête réflexe. Le ballon était alors tout juste dégagé. Terry à terre tentait de l’éloigner davantage. A terre, il ne trouvait que Carrick à l’entrée de la surface. Qui tira plat du pied droit devant. Cech était alors en train de se relever. Il repoussa de nouveau les efforts adverses.

A la 42ème, Hargreaves interceptait de son camp. Portait le ballon jusque la ligne médiane. Ronney appelait le ballon dans la profondeur coté droit. Servi, il jouait en première intention éliminant de fait Terry à ses cotés et Carvahlo en couverture. Sa passe trouvait Tevez qui devançait ce faisant Makelele. Mais la reprise du pied de l’argentin effectué dans les 6 mètres et après plongeon ne trouva pas le cadre.

Manchester s’était dévoilé, avait eu des occasions. L’avantage de un but semblait bien maigre à ce moment. Du moins était il toujours en tête. Pas pour longtemps et cruelle allait être cette égalisation. Essien, alors que Chelsea avait récupéré le ballon suite à une initiale interception de Ferdinand, frappait des 30 mètres. Sa tentative ratée, était contré par Vidic puis Ferdinand tout en prenant Van der sar à contre pied. Ce dernier était à terre quand Lampard s’empara du ballon. La frappe du gauche du milieu anglais ne laissa aucune chance à Van der sar. 1-1. Point de chance ici, les deux déviations n’auraient été d’aucune conséquence si Lampard n’avait pas manifesté sa présence en attaque.

La mi temps était ensuite sifflée (non sans que Carvahlo ait effectué un attentat, tacle sur le tibia, de Ronaldo) et on peut comprendre l’abattement des joueurs mancuniens, non récompensés de leurs efforts par une avance au score.

La seconde période allait elle être plus équilibré. D’abord parce que Manchester baissa de pied. Ensuite parce que Chelsea ferma les espaces sur les cotés. Fini cette idée de laisser Ronaldo et Evra en 1 contre un. Ballack et Lampard vinrent donc aider selon l’endroit où se situait l’action. Ils se montrèrent aussi plus agressif, cassant le rythme du match par des fautes précoces. La provocation était aussi au rendez vous (coup de coude de Makelele sur Hargreaves 58ème). Dans le jeu, ils cherchèrent à mettre de longs ballons dans les espaces pour récupérer les seconds ballons (les renvois de la défense mancunienne) ce qui était une solution pour forcer Manchester à jouer plus bas, repartir donc de plus loin et être plus difficilement dangereux tout en offrant des espaces entre ces lignes. On assista aussi à un recentrage de Malouda, les solutions semblant il est vrai limité pour lui face à Brown, comme la première période nous le prouva.

Manchester de son coté fut donc plus en difficulté. Commença à jouer long, et à rendre le ballon à Chelsea.

Mais se créait toujours des occasions.

A la 53ème, Ronaldo fixait avant de servir Evra dans l’intervalle. Le centre en retrait du français fut trop haut pour Hargreaves au second poteau.

Chelsea répondait. Malouda dans l’axe lançait Essien dans la profondeur. Ce dernier à la hauteur de la surface de réparation revenait dans l’axe et tentait une frappe du gauche. Au dessus.

3 minutes plus tard. Lampard effectuait une passe en rupture dans la profondeur et trouvait Malouda. Son centre était intercepté par Vidic.

Presentation: Manchester vs Chelsea

19 mai 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans Finale

manchesterchelsea…………….Manchester United

………………………….VS……Ă  Moscou

……………………Chelsea FC

Finale de la ligue des champions 2007-2008

Dernières info:

Manchester: Pas d’absents cotĂ© mancunien, pas davantage de suspendus. On compte mĂŞme Louis Saha parmi les joueurs prĂŞts Ă  disputer cette rencontre. 18 places sur le banc, Gary Neville pourrait ĂŞtre un de ceux laissĂ© en tribune.

Chelsea: Situation Ă  peu près comparable Ă  Chelsea. John Terry, bien que victime d’un coude dĂ©boĂ®tĂ© devrait ĂŞtre prĂ©sent. Il est la seule vĂ©ritable inconnue cotĂ© londonien Didier Drogba, sera lui prĂ©sent pour cette finale, ne se ressentant plus de sa douleur au genou.

Commentaires et tactiques possibles + pronostic:

Chelsea:

presentationfinalechelseaPas de grandes surprises Ă  attendre cotĂ© Chelsea. JosĂ© Mourinho a dĂ©fini le schĂ©ma, Avram Grant l’a conservĂ©. 433 donc avec Essien cotĂ© droit. Ceci permet d’une part d’ajouter de la puissance Ă  une Ă©quipe qui l’est dĂ©jĂ . D’autre part de conserver le trio Ballack (prĂ©sence dans le jeu aĂ©rien) Lampard (activitĂ© aux deux bouts du terrain) et Makelele important pour l’Ă©quilibre de l’Ă©quipe.
Ceci acceptĂ©, l’incertitude rĂ©side en fait sur un homme, celui qui occupera le couloir gauche. Nous pensons que cela sera Kalou, ca pourrait ĂŞtre Malouda et si Grant veut innover, ce dont nous doutons, ce pourrait ĂŞtre Anelka. Chelsea a des points forts, efficacitĂ©, impact physique, endurance. Ils ont aussi des points faibles, assez nouveau nous devons le remarquer. Ils rĂ©sident essentiellement en dĂ©fense (sur les coups de pieds arrĂŞtĂ©s notamment).
Chelsea encaisse des buts, et c’est pourquoi et comparativement Ă  leur adversaire du jour ils partiront sans les faveurs du pronostic.

Si le match devait mal tournĂ©, lĂ  encore, Grant a son petit Mourinho illustrĂ© prĂ©s de lui. C’est donc des dĂ©fenseurs qui sortiraient d’abord (on peut penser ici que Makelele sortirait et que Essien, dĂ©fenseur droit, passerait au milieu )pour laisser place Ă  des attaquants qui viendraient s’empiler devant pour crĂ©er la confusion. Chelsea n’avait il pas d’ailleurs fini le dernier match de championnat contre Manchester avec Shevchenko, Drogba et Anelka devant?

Manchester:

presentationfinalemanchesterPlus d’incertitude ici. Sir Alex Ferguson optera-t-il pour un 442 ou un plus prudent 433. Si c’est le premier choix sera-ce Tevez-Rooney en pointe ou Ronaldo-Rooney. Nous optons pour ce dernier choix qui pourrait par sa vivacitĂ© et sa libertĂ© de mouvement crĂ©er la panique dans la dĂ©fense adverse. Ce choix a aussi un avantage, mettre au poste de milieu droit et gauche des joueurs qui se replaceront Ă  coup sur Ă  la perte de balle ce qui est indispensable, tout comme les dĂ©calages latĂ©raux pour faire face au surnombre des milieux adverses dans l’axe, quand un 442 affronte un 433.
Manchester favori de ce match? Oui. Pourquoi? parce que ils sont dĂ©fensivement plus solides et ont plus de possibilitĂ©s offensive de crĂ©er le danger seul ce qui dans un match qui sera fermĂ© pourrait faire la diffĂ©rence. Si le choix du 442 Ă©tait opĂ©rĂ©, se poserait peut-ĂŞtre le problème du physique. Alors, l’avantage Ă  mesure que le match durerait irait cotĂ© Chelsea.
Mais n’oublions pas deux choses que nous ont appris les matchs de Manchester cette saison. D’une part ils savent dĂ©fendre un avantage sur de longues pĂ©riodes. Et d’autre part, Chelsea a du mal Ă  finir ses matchs sereinement. Alors que Manchester a souvent retournĂ© (arsenal, tottenham, Blackburn, Lyon) des situations cette saison. Un point commun avec 99. Attention au syllogisme cependant.
Si Manchester optait pour le 433, Rooney serait certainement en pointe avec Ronaldo et Giggs (ou Park en soutien). Les trois postes de mileux défensifs pouvant alors etre occupés par Scholes, Carrick et Hargreaves (ou Fletcher ou Anderson)

Pronostic pour la victoire finale: Victoire de Manchester

suite de la présentation en page 2

Nadal bat de nouveau Federer (Hambourg 2008)

18 mai 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans ShanghaĂŻ

Rafael Nadal a battu Roger Federer 7-5 6-7 (3) 6-3 en finale de Hambourg au terme d’un match décousu (de nombreuses fautes des deux cotés) et de faible niveau (les joueurs ne s’affrontant jamais à leur meilleur en même temps).

Un match bizarre où Federer a mené 5-1 dans le premier set. Moment choisit par Nadal pour faire appel au kiné (apparemment une douleur derrière la cuisse) avant de revenir et emporter ce set 7-5. L’espagnol breaka d’entrée de deuxième set pour ensuite perdre 5 des 6 jeux suivants et se trouva mené 5-2. Mais il revint alors à 5-5 avant de perdre le tie-break 7-3. Et dans le 3ème set, il se détacha d’entrée, eut plusieurs occasions de double break mais n’en saisit aucune pour finalement l’emporter 6-3.

Alors il y a, au moins, 2 théories pour ce match : ceux qui ne l’auront pas regardé, et qui à la vue de l’évolution du score parleront de match à rebondissement, de résurrection de Nadal. Ceux qui l’auront regardé, et qui ne se focaliseront pas sur l’apparence (le score et son évolution) auront une autre appréciation de ce match : c’est ce à quoi nous allons nous essayer.

Federer démarra cette rencontre avec une approche différente de ses précédents affrontements sur terre avec Nadal. En effet, il a essayé sans aucune chance de succès, la confrontation sur le terrain de Nadal (ce qui se traduisit par de longs échanges, et aucune prise d’initiative de sa part). Il a aussi essayé une prise de risque maximale ajouté à une volonté de ne pas reculer tout en restant dans l’ensemble (= avant la prise de risque) dans les schémas de jeu de Nadal (notamment diagonale de revers pour lui, coup droit pour Nadal). On a vu notamment à Monte Carlo le peu de chance de succès de ce choix tant cette stratégie porte en elle une conséquence : sa probabilité élevée de déchet.

Hier du moins jusque 5-1 et alternativement par la suite, il tenta quelque chose de nouveau. Cela consista à tourner son revers pour jouer des coups droit, à jouer ses revers longs de ligne pour éviter de subir des échanges dans la diagonale qu’on évoquait plus haut qu’il est finalement sinon sur de perdre, sur qu’ils l’éprouveront suffisamment pour qu’il ait et plus encore sur la durée d’un match en 5 sets (ce qui sera le cas à Roland Garros) à en payer le prix. Cette idée de jouer des revers long de ligne était particulièrement intéressante. Il alla aussi plus loin en effectuant ensuite des montées à contre temps (surtout quand on pense à sa passivité sur terre) qui surprirent Nadal.
Il avait aussi une autre option, si Nadal remisait court (ce qui fut le cas en début de match et expliqua en partie aussi la réussite de sa stratégie) sur son coup droit il pouvait alors attaquer plein champ sur celui de Nadal.
IL ajoutait à ces éléments un service de qualité. Et ce ne fut long avant qu’il ne mène 5 jeux à 1.

A ce moment, Nadal, qui faisait de son cotĂ© un dĂ©but de match difficile (peu de première, du mal Ă  trouver de la longueur particulièrement en coup droit, beaucoup de fautes directes) demanda le kinĂ© pour le prochain changement de cotĂ© et dĂ©s lors , la stratĂ©gie de Federer changea. VolontĂ© d’éprouver un adversaire diminuĂ© ? IncapacitĂ© mentale (fatigue inhĂ©rente aux bons choix Ă  faire, monter ou pas, revenir dans la diagonale, et au fait qu’il n’est pas habituĂ© Ă  faire ceux-ci) et physique (Ă  cause notamment des efforts nĂ©cessaires pour par exemple tourner son coup droit sans se mettre Ă  l’abri de ne pas faire de faute, le fait qu’il se tourne ne changeant rien Ă  l’effet imprimĂ© par son adversaire bien sur) de conserver son plan de jeu du dĂ©part sur la longueur d’un match. Toujours est-il qu’à partir de ce moment, il revint Ă  une filière longue (en mĂŞme temps qu’il commença Ă  moins bien servir), fit durer les Ă©changes, relança Nadal tout en commençant Ă  faire des fautes. Il perdait alors le premier set 7-5.

Dans le second set, on assistait à une répétition de la stratégie de la finale de Monte Carlo. C’est à dire une prise de risque importante. De son coté Nadal commettait des fautes, beaucoup de fautes. 13 dans ce deuxième set. Un total qu’il n’atteint pas dans la majorité de ses matchs disputés au meilleur des 5 sets sur terre battue. Résultat, Federer se détachait à 5-2. Avant de l’emporter au tie break.

Dans le dernier set, Nadal bougea un peu mieux, fit l’effort de faire une majorité de coup droit. Federer de son coté continuait de monter sur le revers de Nadal. Sans beaucoup de réussite. Notons que l’espagnol aura réalisé un tournoi exemplaire en passing de revers croisé où long de ligne. De quoi faire réfléchir ceux qui pensent que c’est sur ce coup, présumé faible, qu’il faut fixer l’espagnol. D’aucuns diront alors : Il faut attaquer le coup droit. Mais la méfiance de Federer à s’y essayer, sauf dans des circonstances très favorables, devrait nous inspirer réflexion.

Toujours est il que Nadal remportait ce tournoi sur un ultime revers, frappé court croisé qui répondait lui même à un coup droit court croisé de Federer. Coup qui fait mal à Nadal sur dur (Davydenko s’y essaya avec succès à Miami), mais beaucoup moins si ce n’est pas du tout sur terre.

Ce triste match nous apportera un grand regret, que Federer ne se soit pas fait battre avec son original idée de départ. Maintenant si jamais il s’avérait que Nadal en jouant 3 sets hier (alors qu’il semblait tout proche de l’abandon à 5-1) a entamé son capital physique pour Roland Garros, on pourrait alors se demander si le suisse n’a pas effectué un splendide coup du jardinier (= ruse d’un joueur expérimenté qui effectue un choix contraire à ce qu’on attend de lui dans une circonstance donnée et en récolte plus tard les fruits). En effet, en relançant son adversaire, il le força de fait à continuer et à puiser dans ses ressources. Mais il y a ici une inconnue : le mal réel de Nadal. Car rien ne nous dit que la douleur ressentie n’était pas qu’une courbature du à son match de la veille et qu’une fois chaud et placé dans un rythme de match plus à sa convenance (filière longue endurante à l’opposé d’une filière plus courte et nécessitant de l’explosivité), il se sentit de mieux en mieux ce que la suite du match sembla prouver. Alors, Federer aurait tout perdu. Son pari de voir Nadal arriver à Roland diminué et le tournoi de Hambourg.

Seppi Andreas

17 mai 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans s

Vous trouverez ici une fiche du joueur de tennis italien Andreas Seppi comportant une analyse de son jeu mais aussi des informations plus classiques comme sa date de naissance (et son lieu), le nom de son entraineur, sa taille, son poids, s’il joue son revers Ă  une ou deux mains ou encore depuis quand il est professionnel.

Fiche d’identitĂ©
seppi Nom:
Date de naissance (+ lieu)
Lieu de résidence
Taille
Poids
Droitier ou gaucher
Revers Ă 
Professionnel depuis
Entraineur
Seppi
21/02/84 Ă  Bolzano (Italie)
Caldaro, Italie
1m90
70kg
droitier
2 mains
2002
Massimo Sartori
Analyse
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1/2 finales Ă  Hambourg (2008)

17 mai 2008 par Erwan Delcourt  
Classé dans ShanghaĂŻ

Roger Federer s’est qualifié pour la finale du tournoi de Hambourg en battant en 2 sets (6-3 6-1) et 1h19min Andreas Seppi. Un match de qualité pour le suisse face à un adversaire qui, on ne peut le nier, n’a pas dans son jeu les armes pour inquiéter le n°1 mondial.

Federer dans ce match se sera très bien déplacé sur le court. Cela servit de plate-forme à son jeu et lui permit d’être très à l’aise dans son toucher de balle (quand on est bien placé, ça aide). Il usa aussi de variations dans ses coups, utilisant notamment le slice et le lift pour neutraliser son adversaire afin ensuite de l’attaquer. Notons que son lift obligea le grand Seppi(1m90) à effectuer des revers sautés.

Seppi de son coté est grand, nous venons de le faire remarquer. Mais il ne dispose pas pour autant d’un service en rapport avec cette taille. On peut d’ailleurs faire la remarque inverse pour son déplacement. A l’échange, il n’a pas de coup qui fasse réellement mal. Il joue à plat ce qui permit à son adversaire:

1 de pouvoir jouer très proche de sa ligne sans augmenter sa marge d’erreur.

2 de jouer des coups à la hauteur qu’il préfère, c’est à dire à hauteur de hanche.

Ajoutons à ces deux points deux autres qui sont des conséquences des deux premiers.

1 Cela donna le temps Ă  Federer de lifter en revers notamment et de gĂŞner Seppi.

2 Seppi chercha dans ce match, service ou échange, à jouer le revers de Federer. Mais manquant de longueur, il finit par être contré sur son propre revers ces balles courtes donnant à Federer l’opportunité ou d’ajuster ses revers ou de tourner celui-ci pour frapper coup droit.

Dans le premier set, Seppi fut au vu de ce qui est exposé ci avant en difficulté sur tous ses jeux de service sauf 1. Il fut breaké à 2-1 après avoir sauvé 4 balles de break dans son premier jeu de service. De son coté, Federer servait bien ce qui lui permit de prendre appui sur les retours court de son adversaire. Il n’allait malgrè la pression mise sur Seppi ne breaker qu’une fois son adversaire. Au service il concluait cette première manche sur le score de 6 jeux à 3.

Seppi joua son va tout dans le second set. Il essaya d’en mettre plus dans la balle, prit celle-ci plus tôt, et tenta de tourner son revers à la moindre opportunité. Ceci supposait du déchet mais c’était tout proche de payer. A 1-0 en sa faveur il se procurait une balle de break. Mais Federer tenait non, remportait son jeu de service et c’était à son tour de mettre la pression à son adversaire.

Federer qui dans ce match montra son soucis de vouloir tenter des choses : retour volée, amorti sur seconde adverse, montée à contre temps. Son adversaire, qui n’est pas un passeur fou au filet le lui permit, et on doute que face à d’autres, Nadal, Djokovic, ce genre de tactique payera. Toujours est-il qu’à 40-40, Seppi sous pression commettait une double faute avant de craquer à l’échange en coup droit. Federer menait 2-1. L’issue du match qui ne faisait guère de doute après le premier set n’allait plus en faire du tout. Et le suisse allait remporter tous les jeux restants. Il s’imposait donc 6-3 6-1.

L’autre demi finale a été remportée par Rafael Nadal en 3 sets d’une recontre épique. Il bat 7-5 2-6 6-2 Novak Djokovic. Une rencontre bizarre tant après un départ en fanfare Djokovic perdit pied avant de revenir brutalement dans la partie. Moment où Nadal reprit l’avantage pour finalement arracher, car le contenu fut plus disputé que ne le laisse apparaître le score, la troisième manche.

1er set : du début de cette manche à 3-0 30-0 en sa faveur sur le service de Nadal, Djokovic réussit tout ce qu’il entreprit. Au service il exploitait toutes les zones possibles, variant suffisamment pour se mettre à l’abri d’un retour gênant de son adversaire. Il prenait alors l’échange à son compte pour souvent finir le point coté opposé de l’endroit où il avait servi. A l’échange, il était rivé à sa ligne de fond de court, prenait tôt la balle de Nadal et privait de temps ce dernier qui peina de fait à trouver de la longueur. Il mettait aussi Nadal loin de sa ligne et tenta beaucoup d’amorti pour surprendre l’espagnol. Un geste qu’il effectua beaucoup dans ce match (à notre décompte, 8 réussis pour 10 ratés)

Nadal de son coté, ne connaissait pas le meilleur des départs. Peu de première, une balle qui ne partait pas bien de sa raquette. A 0-3 0-30, il s’arracha avec ce qui lui restait, sa volonté. Volonté de gagner, volonté aussi de ne rien donner à son adversaire. Que ceux, qui croient que cet élément est un élément de base du joueur de tennis professionnel, pensent à Richard Gasquet.

C’est cette attitude qui lui permit tout doucement de revenir dans la partie. Il n’avait pas attendu de retrouver son jeu, il alla le chercher. Comment ?

En forçant Djokovic à jouer le coup de plus. Djokovic s’entama dans cet exercice et apparemment plus que Nadal dans son jeu de défense.

A la longue aussi, Djokovic commença à faire les fautes que sa position sur le terrain suggérait. En effet, à prendre la balle tôt, il la prenait aussi à un moment où le rebond, le lift de Nadal, est le plus vif.

Ceci eut deux conséquences. La première, c’est qu’il fut obligé pour limiter ces fautes, ou de tourner son revers pour jouer avec son coup droit (ce qui est exigeant sur le plan physique) ou de reculer pour jouer en revers mais à un moment ou l’effet de la balle adverse était moindre. La seconde c’est que pour éviter de ne trop s’entamer dans un filière longue, il voulut raccourcir les échanges en montant au filet ou en tentant des amortis. Mais il le fit alors dans de moins bonnes conditions qu’en début de match.

Résultat d’échanges exigeants, il baissa aussi en pourcentage de première balle de service. Ce qui limita le nombre de points gratuits engrangés sur son service et le vit contraint à s’embarquer dans de longs échanges. On voit qu’on était ici dans un cercle vicieux ou tous les signaux étaient négatifs.

Il se faisait ainsi rattrapé à 3-3 avant de se faire breaker. Nadal servit alors pour le set à 5-4. Mais il concédait son jeu de service via un contre amorti gagnant de Djokovic. Qui perdait de nouveau son service. Nadal remportait le premier point de son jeu en défendant de manière incroyable son terrain. Djokovic mettait le fameux coup de plus dans le filet, il ne parvint pas en effet à relever un slice de défense de l’espagnol. Sonné, il ratait ensuite deux coups droit avant de se faire passer long de ligne en coup droit après être montée derrière sa seconde balle de service. 7-5.

La tendance et la spirale semblait négative pour Djokovic. Il se trouva ensuite mené 15-40 sur son service alors que les deux hommes étaient à égalité 2-2 dans le second set. Mais Djokovic s’en sortit et mieux, via un coup droit dominant allait gagner tous les autres jeux qui furent joués dans ce second set. Il l’emportait 6-2.

Nadal n’avait donc eu l’initiative qu’à la fin du 1er set et au dĂ©but du second. Djokovic avait rĂ©agi, semble-t-il trouvĂ© un second souffle et dominait Nadal Ă  l’échange. On peut aussi penser que Nadal d’une part crut avoir fait le plus dur quand il mena 40-15 Ă  2-2 dans le second set sur le service de Djokovic, et d’autre part qu’il accusa ensuite le coup de ces occasions ratĂ©es et de l’effort fourni pour remporter le premier set. Mais l’ibĂ©rique est un coureur de fond plus qu’un sprinter et il allait le prouver dans ce dĂ©but de troisième manche.

Mené 30-0 il s’arrachait pour revenir à 30-30 et se procurer une balle de break qu’il convertit via un passing croisé de revers effectué 3 mètres derrière sa ligne de fond et en bout de course.

Nadal allait ensuite devoir sauver 2 balles de break pour mener 2-0, et 2 autres pour mener 3-1. On entendit alors nos « amis » commentateurs se lamenter du manque de chance de Djokovic qui venait de voir une de ses balles sortir alors qu’elle avait préalablement touché le filet. Assertion parfaitement sidérante. Pourquoi ? Nous dirons que si il ne voulait qu’elle sorte, il n’avait qu’à pas jouer si près du filet, et que quand on prend ce genre de risque, on sait les conséquences auxquelles on s’expose tout comme les avantages qu’on peut en tirer. En effet ce sont ces prises de risques qui permirent à Djokovic de prendre à défaut Nadal dans ce match. Parlaient-ils de chance alors ? Non. Mais Passons.

De 3-1 à 5-2 nous allions assister à 3 jeux blancs. La particularité étant que le dernier fut remporté par Nadal sur le service de Djokovic. Le serbe qui semblait accuser le coup des occasions ratées du début de 3ème manche.Un jeu de jambe moins précis et les fautes refirent surface.

Un contre amorti gagnant de Nadal sur un premier amorti qui semblait plus pour Djokovic être un moyen d’abréger l’échange qu’un moyen d’attaquer son adversaire.
Un smash dehors de Djokovic.
Un passing de Nadal.
Une faute en coup droit à l’échange.

Voici le contenu du jeu blanc qui donna l’avantage 5-2 à Nadal dans cette troisième manche. Le 8ème jeu allait être beaucoup plus long. Djokovic se procurait 3 balles de break au milieu de balles de matchs pour Nadal. Mais l’espagnol ne trembla pas, et sut alterner prise d’initiative, et service performant pour écarter ces balles de 5-3. Et c’est lui qui s’imposait sur un dernier amorti raté de son adversaire.

Il retrouvera Roger Federer en finale.

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